Archives pour la catégorie Réchauffement climatique

La côte ouest des Etats-Unis en proie à de spectaculaires incendies

C’est le titre d’un article du Monde de Corine Lesnes, lequel relate avec force exemples et témoignages la catastrophe qui s’annonce pour l’été. En cause, le réchauf changement cimatique, bien entendu.

Un commentaire de Graphisto à cet article a attiré mon attention, et je vais tenter d’y répondre ici (les commentaires du Monde étant réservés aux abonnés) :

Que sont les climato-sceptiques devenus? dans la fosse du même nom?

Le sceptique que je suis a lu cet article d’un œil critique, l’absence de sources et de données factuelles constituant le premier indice du potentiel WTF de la substance de ce dernier.

Pour en avoir le cœur net, il convient de vérifier les informations en consultant des sources fiables et en croisant les données le cas échéant. Et les sources que j’ai trouvées, elles ne racontent pas la même histoire.

L’article du Monde débute sur la situation en Alaska, où les incendies se révèleraient catastrophiques « cette année [à cause d’]une vague de chaleur exceptionnelle ». Dans les faits, au 22 juin 2015, 230000 acre (~100000ha) ont brûlé, contre 223000 à la même date l’an dernier et 344000 en 2013. Rien de bien impressionnant, donc. Source.

La même source propose des statistiques depuis 1990 : on y trouve une grande variabilité annuelle des incendies, dans laquelle s’inscrivent ces dernières années bêtement moyennes.

Évolution de la superficie brûlée et du nombre de départs de feux en Alaska, de 1990 à 2014.

Évolution de la superficie brûlée et du nombre de départs de feux en Alaska, de 1990 à 2014.

L’article se poursuit en évoquant le cas préoccupant de la Californie. La sécheresse californienne qui fait tant glauser n’a pourtant rien d’exceptionnel si l’on en croit les données de la NOAA. Il s’agit de la 26e période de 12 mois (juin à mai de l’année suivante) la plus sèche depuis le début des mesures. Le record a été établi de juin 1976 à mai 1977, période où les climastrologues prédisaient une nouvelle glaciation. Sur une période de 4 ans, il s’agit de la 6e la plus sèche. Rien de bien impressionnant. Source (jouez avec les paramètres).

S’ensuit le témoignage d’un responsable du centre de crise du Colorado qui évoque ses souvenirs sur le ton du « c’était mieux avant, y a plus de saisons ma pauv’ dame »… Selon les données du NICC, l’organisme américain qui coordonne les moyens de lutte contre les incendies de forêts, aucune tendance n’est vraiment discernable. source (cherchez « RM » (rookie mountains) pour le Colorado). La vérité se situe-t-elle dans les compilations de données factuelles, ou dans les souvenirs des gens ? Le Monde semble avoir choisi.

Par ailleurs, rien ne démontre une agravation des incendies aux États-Unis.

Évolution de la superficie brûlée et du nombre d'incendies aux États-Unis, entre 2000 et 2015. Source : NOAA

Évolution de la superficie brûlée et du nombre d’incendies aux États-Unis, entre 2000 et 2015 sur une anné glissante. Source : NOAA

Où sont les sceptiques, demandait Graphisto sur le ton du « vous voyez bien ». Or, ce qui différencie les sceptiques des « croyants », c’est le besoin de s’assurer qu’on ne leur raconte pas des carabistouilles. Et concernant le climat, c’est un véritable festival auquel se livrent la plupart des médias.

Même si les recherches et le recoupement de sources sérieuses restent chronophages, elles sont nécessaires pour évaluer la crédibilité des articles de presse. Le scepticisme est un devoir, pas une tare.

Climat : Mais que cherchent donc les écologistes ?

Par le biais d’un tweet de Volodia Opritchnik j’apprends que l’Éthiopie affiche des engagements à l’occasion du COP21 à Paris.

M. Opritchnik qualifie l’information « d’intéressante« , mais penchons nous sur la situation écologique et les objectifs que se voit fixer l’Éthiopie (copie du document ici : INDC-Ethiopia-100615) :

L’économie de l’Éthiopie, basée sur l’agriculture (45% du PIB et 85% des emplois), est fragile. La mécanisation y est quasiment inexistante. Les éthiopiens se chauffent au bois d’eucalyptus ou aux bouses de vache séchées. L’industrie représente 15% du PIB, et concerne la production de produits alimentaires, textile, habillement, teinture et vêtements en cuir, chaussures, bagages et sacs à main, fabrication de bois et dérivés. Le revenu moyen est de $470 par an.

L'agriculture éthiopienne n'est pas mécanisée. Le réseau électrique est artisanal.

L’agriculture éthiopienne n’est pas mécanisée. Le réseau électrique est artisanal. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

L’électricité équipe 23% des foyers, et dans la majorité des cas, permet juste de s’éclairer à l’aide de quelques fluo-compacts L’Éthiopie a une capacité de 1000 MW de production, à 99% hydraulique et 1% éolien. Le pays est souvent sujet à la malnutrition, l’agriculture étant juste auto-suffisante (à l’exception du café qui constitue le gros des exportations). La quasi-totalité des routes ne sont pas goudronnées (la Chine y investit massivement toutefois), les camions qui y circulent sont hors d’âge, les voitures particulières constituent l’exception, l’éthiopien est un grand marcheur. Il n’y a pas de voies ferrées.

La marche à pied, moyen de transport ultra-majoritaire

Route nationale n°2, fraîchement bitumée en 2012. La marche à pied, moyen de transport ultra-majoritaire. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Un éthiopien consomme 51 KWh d’électricité et rejette en moyenne 100 kg de CO2 par an, soit 145 fois moins d’électricité et 56 fois moins de CO2 qu’un français ou 140 fois moins d’électricité et 91 fois moins de CO2 qu’un allemand.

En Éthiopie, le fer à repasser fonctionne au bois d'eucalyptus

En Éthiopie, le fer à repasser fonctionne au bois d’eucalyptus. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Le document par lequel l’Éthiopie s’engage pour sauver le climat nous apprend que les efforts porteront sur l’agriculture et notamment l’élevage, la déforestation, et le développement du réseau électrique par le biais des énergies renouvelables.

L’élevage provoquerait 45% des émissions de GES, pour 45% de PIB et 85% des emplois. Le texte prévoit que les efforts sur les émissions de GES porteront pour 35% sur l’agriculture, laquelle n’est ni mécanisée ni ne s’appuie sur des méthodes intensives. Cela revient à tuer l’élevage, et par conséquence l’agriculture qui ne pourra pas se mécaniser.

La déforestation éthiopienne a plusieurs causes. La première étant la nécessité de se chauffer et de cuire l’alimentation. Dans ce cas, les forêts sont généralement reboisées en eucalyptus. La seconde étant d’obtenir des terres arables.

Femme ramenant de l'eucalyptus pour le chauffage et la cuisine, environs d'Addis Abeba.

Femme ramenant de l’eucalyptus pour le chauffage et la cuisine, environs d’Addis Abeba. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Le transport, déficient , représente 3% des rejets. Il ne peut que se développer. Pourtant, le texte prévoit des efforts sur ce poste. L’objectif revient à n’immatriculer que des véhicules électriques d’ici 2030, alimentés par une électricité qu’il faudra bien évidemment produire.

Et c’est là que le bât blesse : la production électrique éthiopienne, notoirement insuffisante, est à près de 100% renouvelable. Pour le développement de la production, le document appelle à maintenir une production à 100% renouvelable par le biais de l’éolien et du photovoltaïque, deux moyens de production qui seront inefficaces dans le cadre du développement du pays, car intermittents, aléatoires et coûteux… Les écologistes sont évidemment opposés aux potentiels hydroélectriques pourtant prometteurs dans le pays : il ne faudrait pas non plus que les pays les plus pauvres se développent de manière inconsidérée.

Et donc, nos écologistes de se féliciter des politiques ubuesques qu’ils réussissent à imposer aux pays du tiers-monde sur l’autel d’un réchauffement climatique dont, s’il se vérifiait, ils ne seraient pas responsables :

Fantastique.

Climato-négationniste : sceptique vs catastrophiste

Argumenter ? Pourquoi ?  « Science is settled »

Dans l’article précédent, j’expliquais comment Sknob avait modifié le terme « climato-sceptique » en « climato-négationniste » dans son article « Cake please » sur Babordages. J’y analysais ce terme et présentais les méthodes employées par les négationnistes afin de déterminer si oui ou non, les climato-sceptiques pouvaient être qualifiés de négationnistes. La discussion avec Sknob fut un cas d’école sur l’impossibilité d’argumenter avec un Apôtre de l’Apocalypse Climatique :

00ced : À quoi tient ce climato-scepticisme ? j’ai regardé, comparé, analysé. Il se trouve qu’aucune, je dis bien aucune, des prévisions du GIEC ne s’est vérifiée. Vous pouvez regarder par vous-même, les données sont publiques : pas de réchauffement depuis près de 20 ans, pas d’augmentation des événements dits extrêmes, pas d’augmentation de l’activité cyclonique, pas d’évolution des banquises (pôles sud + pôle nord), pas de désertification, pas d’îles disparues. Rien, juste la mise en avant de chaque catastrophe dite climatique.

1) Le dénigrement

La réponse de Sknob est lapidaire. À aucun moment il ne me demande d’argumenter sur tel ou tel point, il a raison et j’ai tort :

Sknob : Je peux venir sur votre planète ?

2) La négation des faits

Je lui propose alors de consulter des sources fiables de mesures et observations, qui pourraient être la base d’une discussion ou d’un débat sur le caractère apocalyptique de l’évolution du climat. Il s’agit pour partie de mise en forme de données publiques, à l’image du site woodfortrees, ou de liens directs vers les laboratoires, universités ou organismes à l’origine des mesures. Difficile d’être plus crédible et factuel (les graphiques et légendes dans la citation ci-dessous  sont  des ajouts de ma part, afin de visualiser directement le contenu des liens).

00ced : Que contestez-vous, exactement ? Intéressez-vous aux mesures plutôt qu’aux modèles climatiques, plutôt qu’aux prévisions apocalyptiques invariablement énoncées au conditionnel.

Allez, quelques exemples :
évolution de l’enneigement dans l’hémisphère nord :
http://www.eike-klima-energie.eu/uploads/RTEmagicC_winter_03_txdam10788_1ab413.jpg.jpg

Enneigement dans l'hémisphère nord, de 1966 à 2015 (source NOAA)

Enneigement dans l’hémisphère nord, de 1966 à 2015 (source NOAA)

évolution de la fréquence des cyclones :
http://models.weatherbell.com/global_major_freq.png
Évolution de l’intensité des cyclones :
http://models.weatherbell.com/global_running_ace.png

Indice ACE 1970 - 2013

L’énergie cumulée des cyclones en zone tropicale de 1970 au 31 juillet 2013

Évolution des températures :
http://www.woodfortrees.org/plot/hadcrut4gl/from:1997/offset:-0.26/plot/gistemp/from:1997/offset:-0.35/plot/uah/from:1997/plot/rss/from:1997/offset:-0.10

Évolution des température de 1997 à 2015

Évolution des température de 1997 à 2015, selon les 4 organismes habilité : la NASA (GISS), Hadley Centre of the UK MET Office, University of Alabama Huntsville (UAH), Remote Sensing Systeme (RSS)

Évolution de la superficie de banquise, hémisphère sud :
http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/IMAGES/current.anom.south.jpg

Évolution de la superficie des glaces en Antarctique, 1979-2015

Évolution de la superficie des glaces en Antarctique, 1979-2015. Source : University of Illinois system

Même chose hémisphère nord :
http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/IMAGES/current.area.jpg

Étendue de la banquise arctique, janvier 1979 à février 2015

Étendue de la banquise arctique, janvier 1979 à février 2015. Source : University of Illinois system

Évolution du niveau des océans :
http://www.aviso.oceanobs.com/fileadmin/images/news/indic/msl/MSL_Serie_ALL_Global_IB_RWT_GIA_Adjust.png

Évolution du niveau des océans, 1993 à 2015

Évolution du niveau des océans, 1993 à 2015. Source : CNES (Centre national d’études spatiales) et du COTH (centre de topographie des océans et de l’hydrosphère)

Évolution du contenu thermique des océans :
http://oceans.pmel.noaa.gov/Figures/OHCA_curve_2013.pdf
Comparaison des mesures de températures aux modèles climatiques :
http://www.drroyspencer.com/2013/06/still-epic-fail-73-climate-models-vs-measurements-running-5-year-means/
Etc, etc, etc ad nauseam.
Personne ne nie qu’il y a évolution, mais où sont les mesures attestant qu’elle est de plus en plus rapide et mène à une catastrophe imminente, où est le recul suffisant pour le déterminer ?

Sknob : Je n’ai qu’une réaction : LOL. Vous auriez dû arrêter de lire après le premier paragraphe, comme je le conseillais dans le billet.

Je l’ai d’ailleurs mis à jour afin de remplacer « climatosceptique » par « climato-négationniste ». Merci @mathieumatiu.

Sknob ne prend pas la peine de consulter les liens fournis. Il les renie d’autorité, puisqu’il a raison et que j’ai tort. Il continue à dénigrer son interlocuteur en remplaçant le terme qui qualifie son opinion (sceptique) par un terme connoté, injurieux (négationniste). Par ailleurs, il aurait été dommage, de ma part, d’arrêter la lecture de son article après le premier paragraphe puisque, en dehors de cette histoire de changement climatique, il me paraît pertinent. Mais ce n’est pas le sujet ici.

3) La falsification

00ced : Ce qui est fantastique, c’est que je réponds avec du factuel, des mesures, des observations, des choses vérifiables issues d’un passé que vos modèles n’ont pas su prédire.

Vous n’opposez aucun argument probant à la réalité des observations que je vous propose, mais ce sont évidemment elles qui sont erronées. Et c’est moi qui viens d’une autre planète. Le négationniste.

Sknob : Je peux trouver une infinité de documents sur Internet « prouvant scientifiquement » que la terre à 6000 ans et que Jésus se déplaçait à dos de diplodocus.
https://answersingenesis.org/evidence-for-creation/the-10-best-evidences-from-science-that-confirm-a-young-earth/
http://www.truthingenesis.com/2013/01/18/dinosaurs-and-jesus-how-dinosaurs-lead-us-to-the-gospel/

Vous devriez commencer au commencement.
– Dix questions, dix réponses sur le changement climatique : http://www.reporterre.net/Dix-questions-dix-reponses-sur-le
– NOAA State of the Climate : http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/

Et vous demander quels travers psychologiques, tropismes idéologiques ou intérêts personnels vous poussent à nier l’évidence.

À des sources factuelles présentant l’état des observations, Sknob m’oppose deux arguments :

  • Il existe des sites web présentant des théories farfelues, ce à quoi j’aurais tendance à répondre « oui, et ? »
  • Un article issu d’un site traitant d’écologie (donc politiquement orienté) dont le présupposé est l’existence d’un récha changement climatique apocalyptique. Or, c’est justement ce présupposé que réfutent les climato-sceptiques, notamment en comparant les observations du monde réel aux théories et modèles.
Observations vs modèles

Observations vs modèles : Les cercles et les carrés sont les observations, les courbes colorées représentent les modèles climatiques et la ligne noire représente la moyenne des prévisions des modèles. Source : le blog du Ph. D. Roy Spencer

4) La censure

Le message suivant sera tout simplement censuré :

00ced : Les sources que je vous ai fournies sont des mesures issues soit des chercheurs eux-mêmes, soit des universités qui publient leurs travaux, soit d’une compilation de mesures publiques que vous pouvez consulter et recompiler/présenter par vous même.

drroyspencer.com/ est le blog du Ph.D. Roy Spencer. Il est le directeur de recherche qui compile les mesures de températures par satellite connues sous le nom de UAH (University of Alabama in Huntsville) ;

www.aviso.oceanobs.com est un site qui compile les données altimétriques obtenues par satellites, venant du CNES (Centre national d’études spatiales) et du COTH (centre de topographie des océans et de l’hydrosphère) ;

arctic.atmos.uiuc.edu est un département de recherche de l’université de l’llinois ;

oceans.pmel.noaa.gov est un département de l’institut météorologique américain

Vous m’y opposez les théoriciens de la Terre plate et Reporterre. Comment disiez-vous, déjà ? Ah oui : LOL…

Reporterre est un blog politiquement orienté. Ce n’est pas un mal en soi (je lis bien Babordages), vous pouvez partager les opinions qui y sont développées (je partage bien celles de Babordages), mais leur avis sur le climat n’a rien de scientifique.

Vous me citez la NOAA, que vous devriez lire plus attentivement. Par exemple, vous prétendez dans votre article que 2014 est l’année la plus chaude (info que vous aurez sans doute lue dans reporterre ou autre blog du même tonneau, prétendant citer la NOAA). Cette affirmation est tendancieuse en ce sens que la NOAA estime qu’il y a 48% de chances pour que ce soit le cas, la NASA 38%, tandis que les mesures satellites (plus précises) estiment que 2014 est la 3e ou la 6e année la plus chaude (UAH et RSS respectivement). Selon la nomenclature du GIEC, il est donc « very unlikely » très improbable que 2014 ait été l’année la plus chaude.
http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/briefings/201501.pdf

Le fait même que les mesures satellites, réputées les plus fiables, ne permettent pas de distinguer si 2014 est la 3e ou la 6e année la plus chaude en dit long sur la complexité des mesures et les marges d’erreur, et devrait conduire à un peu d’humilité quant à l’interprétation du changement climatique. Ce que font les scientifiques. Pas les politiciens.

Après, vous pouvez préférer les blogs politiques aux données, mesures et observations, mais insulter quelqu’un qui, justement, s’attache à lire les publications et les observations sur le sujet et vous fournit les données, sans vous donner la peine de les consulter et en reprochant aux « négationnistes » de ne pas lire lesdites publications, est-ce vraiment sérieux ?

Quant à nier l’évidence : je m’appuie sur les observations du monde réel, pas sur du lobbyisme politique ou sur des modélisations dont tout démontre qu’elles ne reproduisent pas la réalité (cf. mon lien vers Roy Spencer). À se demander qui est négationniste (dans le sens « nie la réalité »), du coup.

Je ne prétends pas que je dispose des connaissances requises pour déterminer l’existence ou non d’un réchauff changement climatique d’origine anthropique. Je ne suis ni scientifique, ni chercheur. Il existe simplement des éléments troublants, un décalage certain entre les prévisions d’Apocalypse et les observations, ainsi qu’une politisation outrancière et inquiétante de la question, qui me font douter. Le dénigrement, la négation des faits, la falsification et la censure, s’inscrivent pleinement dans la méthodologie à l’usage du petit négationniste. Finalement, le climato-négationniste n’est-il donc pas celui qui s’appuie sur les croyances colportées par une cohorte de sites à l’orientation politique certaine et aux références circulaires qui consistent notamment à démontrer l’existence d’un réch changement climatique apocalyptique par le présupposé de son existence, plutôt que celui qui base sa réflexion sur des données tangibles issues des mesures et observation ? Je pose la question.

Babordages.fr : Du climato-scepticisme et du climato-négationnisme

Babordages

Vous connaissez Babordages ? C’est un blog de joyeux gauchistes qui vous invitent à vous interroger sur la société, l’économie, la politique et toutes ces choses. Le ton y est décalé, un poil extrême. J’aime y butiner, et suis d’ailleurs abonné à leur compte twitter ainsi qu’à celui de certains des rédacteurs.

Et puis patatra. Un article de Sknob fait référence au réchauffement climatique. L’article débute par une attaque en règle contre le climato-scepticisme, arguant du fait que si tu es climato-sceptique, tu ne comprends rien aux enjeux écologiques ou économiques et tu es désireux de détruire la planète sur l’autel de la rentabilité. Parce que si tu es climato-sceptique, tu es capitaliste libéral et tu ne t’es jamais renseigné sérieusement sur le sujet, n’est-ce pas ?

Eh bien non. Il est possible d’être climato-sceptique parce qu’on s’est un peu renseigné sur le sujet. Rien qu’un peu. Un exemple : L’introduction de Sknob contient l’assertion suivante : « 2014 est l’année la plus chaude jamais enregistrée » . La réalité est un peu plus nuancée. Selon la NOAA (l’équivalent de Météo-France aux USA), les mesures terrestres indiquent que 2014 a bien été l’année la plus chaude, mais avec une probabilité de 48%. Cette probabilité est ramenée à 38% par les mesures terrestres de la NASA1. Les deux laboratoires qui analysent les données satellite situent 2014 en troisième position (RSS) et sixième position (UAH). La probabilité que 2014 ait été l’année la plus chaude est non nulle, mais reste du domaine de l’improbable.

Alors je prends mon clavier à deux mains pour répondre en ce sens à l’auteur de l’article, dont la sentence, cinglante, ne se fait pas attendre :

Je l’ai d’ailleurs mis à jour afin de remplacer « climatosceptique » par « climato-négationniste ». Merci @mathieumatiu.

Si le terme de climato-sceptique est idiot (je lui préfère celui de climato-réaliste), que recouvre celui de climato-négationniste ?

Négationnisme

À l’origine, le négationnisme désigne le fait de contester le génocide juif par l’Allemagne nazie. Par extension, le négationnisme désigne la minimisation de crimes contre l’Humanité. Le climato-négationniste doit donc se situer quelque part entre le nazi et celui qui laisse se perpétrer un crime contre l’Humanité en niant sa réalité. Il devrait être condamné et jeté en prison pour cela. Ou condamné à mort.

Motivations du négationniste

Le négationniste agit par idéologie (anti-sémitisme par exemple),  pour promouvoir une croyance ou une mémoire collective magnifiée,  ou encore afin d’éviter les conséquences d’un procès. La ligne de défense du négationniste ne consiste pas à nier sa responsabilité, mais à nier ou minimiser la réalité des faits. Le négationniste emploiera les contre-vérités, falsifications, ou le discrédit jeté sur les témoins pour appuyer ses thèses.

L’erreur de raisonnement

Le négationnisme consiste à nier l’existence de crimes contre l’Humanité, des événements qui se sont déroulés, des faits connus et documentés. Or, celui que l’on appelle communément climato-sceptique s’emploie à réfuter les conséquences des activités humaines sur l’évolution du climat du futur à l’aune des mesures et observations de l’évolution passée du climat. Comment peut-on accuser quelqu’un de nier un crime contre l’Humanité qui ne s’est pas produit ? Cela n’a tout simplement pas de sens.

Nous verrons dans un prochain article que les méthodes employées par les tenants d’un changement apocalyptique du climat, se rapprochent souvent des méthodes négationnistes.

Bonus

29 juin 1989 : « plusieurs pays pourraient disparaître sous les flots d’ici 10 ans » . Sont concernés les Maldives, les Seychelles, le Bengladesh, les îles du Pacifique, les Pays-Bas, Venise. 26 ans plus tard, les catastrophistes font toujours les mêmes prédictions, pour les mêmes pays.

 

1. Selon la NOAA, l’année 2014 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec +0.04°C par rapport à 2005 et 2010, avec une incertitude de ± 0.09°C.

Le morse du Pacifique, nouvel animal totem de la climastrologie ?

Le 3 octobre, j’apprends par le biais du tweet ci-dessous que des morses se réfugient sur une plage à cause du réchauffement climatique.

Intrigué, je lis l’article issu du blog d’Audrey Garric, lequel confirme que 35000 morses se sont réfugiés sur une plage d’Alaska où l’on ne trouve pas de glaces. En cause, le réchauffement climatique, bien entendu. En mélangeant quelque peu les saisons et le comportement des morses afin d’asseoir la thèse catastrophiste qui se joue sous nos yeux ébahis, et en rappelant de manière tendancieuse la superficie de la banquise arctique à la mi-septembre (la 6e plus petite enregistrée, alors qu’elle était censée avoir disparu), Audrey Garric nous assène comme argument d’autorité que les premiers rassemblement ont été aperçus en 2007. Par ailleurs, les experts du WWF nous confirment l’Apocalypse sous la plume le clavier de Mlle Garric :

« Les morses nous disent ce que les ours polaires nous ont dit et ce que beaucoup d’autochtones nous avaient dit : l’environnement arctique change extrêmement rapidement, c’est le moment pour le reste du monde d’en prendre connaissance mais aussi de prendre des mesures pour s’attaquer aux causes du changement climatique. » Margaret Williams, directrice du programme arctique du WWF.

Morses échoués sur une plage

Morses échoués sur une plage

Google Actualité m’indique que l’affaire fait grand bruit sur l’ensemble de la blogosphère écolo-climatique : tous répètent à l’envi qu’il s’agit bien là de la preuve irréfutable des dégâts provoqués par les méchants humains sur les pauvres animaux polaires.

Amusons-nous à découvrir le mode de vie, les habitudes des morses.

Wikipédia propose un article assez détaillé sur les morses, par ailleurs reconnu comme « article de qualité » depuis sa version du 4 mai 2010. Un passage est particulièrement intéressant, il s’agit du paragraphe intitulé Biotope et migrations, je cite (j’ai graissé les passages les plus marquants)

En dehors de la saison des amours et de gestation, c’est-à-dire à la fin de l’été et en automne, les morses forment des colonies de plusieurs dizaines de milliers d’individus sur les plages ou les affleurements rocheux. Ils sont contraints à suivre tour à tour l’expansion puis le recul de la banquise, les femelles et les jeunes demeurant sur la glace en toute saison, les mâles reproducteurs préférant passer l’été sur les côtes et îlots rocheux. La migration peut être longue et spectaculaire. À la fin du printemps et en été, par exemple, plusieurs centaines de milliers de morses du Pacifique migrent de la mer de Béring à la mer des Tchouktches à travers l’étroit détroit de Béring. Souvent les mâles restent dans le Sud, seuls les femelles et les jeunes migrant. Certains individus parcourront plus de 3 000 km par an.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Morse (animal) de Wikipédia en français (auteurs)

Par ailleurs, l’article de Wikipédia sur Point Lay, où se seraient échoués les morses en mal de banquise, nous indique que la température peut atteindre 26°C en été : il serait étrange d’y trouver habituellement de la banquise en septembre.

Journaliste, un beau métier d’investigation encadré par la déontologie

Prévenue, Audrey Garric (journaliste au Monde), n’a ni modifié, commenté ou retiré son article. Les grands médias francophones auront tous relayé une fausse information, dont la vérification tient en une simple consultation d’une encyclopédie en ligne. Je lisais il y a quelque temps, que le problème avec les climato-sceptiques, c’est qu’ils disent 10 contrevérités par minutes, et qu’il faut 10 minutes pour démonter proprement chacune des contrevérités énoncées. Il semble que l’on connaisse le même problème avec les zélés journalistes spécialistes du climat et toutes ces billevesées. Le seul problème, c’est qu’ils sont autrement plus médiatisés que les premiers.

Premiers réfugiés climatiques, #oupa

Ces jours-ci, la presse s’est félicitée d’un jugement néo-zélandais reconnaissant le statut de réfugié climatique.

Si l’on en croit l’article de youphil.com , la Nouvelle-Zélande accueille officiellement des réfugiés climatiques. On y apprend qu’une famille originaire de Tuvalu, a obtenu le statut de réfugié à titre humanitaire en Nouvelle-Zélande en août 2014, après y avoir vécu de 2007 à 2009 avec un visa et depuis 2009 sans papiers.

L’article de youphil.com, mais également celui de la Dépêche.pf, lesoir.be ou de radioaustralia.net.au lie ce statut de réfugié humanitaire au réchauffement climatique, qui se ferait déjà ressentir sur l’île de Tuvalu notamment par le biais des puits pollués par l’eau de mer qui s’y infiltre : il s’agirait donc des premiers réfugiés climatiques.

C’est une belle histoire. Alors je suis allé consulter des documents de première main pour voir jusqu’à quel point elle était crédible. J’ai donc lu le texte du jugement (ou ici) qui, bien que n’étant jamais cité dans les sources d’articles de presse, a forcément été consulté par tous les rédacteurs des articles sur le sujet, n’est-ce pas ? Quelle ne fut pas ma surprise de constater que ce texte racontait une toute autre histoire. Je vous la résume.

Le jugement

Les arguments de la famille

Résumé : La famille qui demande asile est originaire de Tuvalu, archipel surpeuplé (450 habitants/km²) menacé par la montée des eaux : les îles qui le composent culminent à 5 mètres au dessus du niveau de l’eau. Il s’agit d’un couple trentenaire et de deux enfants.

Le mari a été professeur à Tuvalu de 1999 à 2007. La femme était assistante scolaire à Tuvalu également. En 2007, le couple et la mère du mari émigrent en Nouvelle-Zélande avec un visa touristique. Le mari trouve du travail dans un fast-food. 5 sœurs du mari vivent légalement en Nouvelle-Zélande ; l’ensemble de la famille est parfaitement intégrée et soudée. Le mari, en tant que fils aîné, est responsable de sa mère et l’accompagne chez le médecin ou à la messe. La mère vit chez lui. Le couple a 2 enfants, nés en Nouvelle-Zélande. L’aîné va à l’école et est parfaitement intégré.

À compter de 2008, le mari effectue des démarches pour obtenir un visa permanent. Il fait appel à un agent d’immigration qui le conseille mal : ses demandes sont successivement déboutées. En 2014, il demande le statut de réfugié humanitaire, en ajoutant aux arguments ci-dessus que l’archipel de Tuvalu ne permet pas d’assurer la sécurité socio-économique et la santé de sa famille en raison des aléas climatiques présents et futurs.

La conclusion du tribunal

Le statut de réfugié humanitaire requiert 2 éléments en droit néo-zélandais :

  • L’existence de circonstances exceptionnelles d’ordre humanitaire telles qu’il serait injuste ou trop sévère pour l’appelant d’être déportés de la Nouvelle-Zélande;
  • La présence du requérant en Nouvelle-Zélande ne nuit pas à l’intérêt général.

Ce statut est accordé à la famille pour les raisons suivantes :

Circonstances exceptionnelles retenues

[30] Le tribunal est convaincu, sur la foi de l’ensemble des éléments évoqués ci-dessus, qu’il existe des circonstances exceptionnelles à caractère humanitaire qui rendraient injuste l’expulsion des appelants.

[31] Les appelants sont des membres proches d’une famille qui a migré en Nouvelle-Zélande dans son intégralité. La mère de l’époux, matriarche de la famille, s’appuie notamment sur ce dernier en tant que seul fils, pour assurer ses besoins de mobilité ou de soins. Sur les 22 petits-enfants de la famille, tous sauf 3 vivent en Nouvelle-Zélande. L’expulsion des appelants à Tuvalu équivaudrait à une rupture particulièrement importante du tissu familial néo-zélandais qui s’étend sur 3 génération. Elle aurait également une incidence sur la vie de la mère du plaignant, résidente de Nouvelle-Zélande qui s’appuie sur lui pour ses besoins de mobilité.

[32] En ce qui concerne la question du changement climatique, si le tribunal accepte l’idée selon laquelle l’exposition aux effets des catastrophes naturelles peut en termes généraux être une circonstance humanitaire, il rappelle néanmoins que la preuve dans les appels tels que celui-ci ne doit pas seulement établir seulement l’existence d’une préoccupation humanitaire, mais  aussi l’existence de circonstances exceptionnelles d’ordre humanitaire telles qu’il serait injuste ou trop sévère d’expulser l’appelant de Nouvelle-Zélande.

[33] Il n’est cependant pas nécessaire dans le cas d’espèce d’approfondir cette question pour parvenir à une conclusion, le tribunal ayant la certitude que les autres facteurs identifiés, il existe des circonstances exceptionnelles humanitaire au sens envisagé par Glazebrook J ministre de l’Immigration, et qu’il serait injuste ou trop sévère pour que les appelants soient expulsés de la Nouvelle-Zélande.

Intérêt public

[34] Il n’y a pas d’intérêt public défavorable dans ce cas. Le mari a  les qualifications professionnelles de professeur et a occupé un emploi dans une chaîne de fast-food. Le mari est un professeur qualifié et a la potentiel pour se qualifier en tant que professeur dans ce pays et d’agir comme un modèle pour d’autres résidents ou citoyens des enfants d’origine de Tuvalu.

[35] Le Tribunal ne méconnaît pas que le mari et la femme sont devenus illégaux en Nouvelle-Zélande en 2009 et sont restés en Nouvelle-Zélande sans statut durant quelques courtes périodes. Toutefois, le Tribunal constate que cela tenait en partie à cause des mauvais conseils de son agent d’immigration, sur lesquels il s’est appuyé, et qu’au cours de cette période de présence illégale en Nouvelle-Zélande, le mari cherchait à régulariser sa situation et a partiellement réussi à le faire. Il ne s’agit pas du cas d’un individu cherchant à se cacher des services d’immigration. La violation de La Loi sur l’immigration dans ce cas ne l’emporte pas sur d’autres facteurs positifs dans ce cas et de créer un intérêt public à l’expulser.

[36]… Permis de travail & co

 

Dès lors, conclure qu’il s’agit là du premier cas de réfugiés climatiques reconnus par la Nouvelle-Zélande est une hypothèse pour le moins osée, le tribunal n’ayant pas jugé pertinent de statuer sur cet argument mais seulement sur la situation actuelle des appelants ainsi que les conséquences sociales et familiales qu’entraînerait une expulsion de ces derniers.

Climat : juin 2014 le plus chaud jamais enregistré, devant 1998

Il aura suffit du rapport mensuel de la NOAA indiquant notemment que le mois de juin 2014 est le mois de juin le plus chaud jamais enregistré pour que la médiasphère inonde le Net de ses prévision d’Apocalypse climatique, par exemple sur Libération ou notre-planete.info.

On y apprend que ce record s’inscrit dans une tendance lourde de réchauffement climatique, que juin 2014 est le 38e mois de juin consécutif ayant une température moyenne supérieure à la moyenne du 20e siècle pour ce même mois ou que la dernière fois que la température d’un mois de juin a été inférieure à cette moyenne remonte à juin 1976. Bref : ce rapport confirme sans ambiguïté l’Apocalypse climatique.

À la lecture du rapport proprement dit, on peut lire que juin 2014 dépasse le précédent record de températures globales (atmosphère et océan) de 1998 de… 0,03°C. Qu’est-ce que cela signifie ?

Tout d’abord, il convient de comparer les mesures : un record, dans l’absolu, ne signifie rien tant qu’on ne la compare pas à la norme. Or, aucune mesure de juin n’a dépassé le record de 1998 pendant les 16 années qui ont suivi dans un contexte de réchauffement global sans précédent.

Mettre en exergue la seule mesure de juin 2014 dans une série invalidant la thèse du réchauffement climatique a un nom : il s’agit de cherry-picking (cueillette des cerises en françois). Une méthode bien connue des manipulateurs.

Incertitude

Ce qui est intéressant, c’est de constater que le record de juin 2014 est supérieur de 0,03°C au précédent record, avec une incertitude de ± 0,08 °C. C’est à dire qu’il s’agit peut-être d’un record, mais peut-être pas.

Réchauffement ?

Encore plus intéressant : selon les modèles climatiques, le réchauffement devrait être de 0,2°C par décénnie de telle manière que le record de juin 1998 devrait être non pas exceptionnel, mais dépassé chaque année depuis au moins 5 ans. Il n’en est rien, évidemment.

Et voilà une non-information supplémentaire à propos du supposé réchauffement climatique, montée en épingle par des journalistes toujours en quête de leur premier réfugié climatique. Une autre non-nouvelle qui fait plouf. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

 

A quoi ressemblerait un monde avec 4 degrés de plus?

Ce n’est pas le scénario du dernier block buster américain, mais bel et bien l’interrogation de Moisés Naím (traduit par Micha Cziffra) publiér par Slate. Rien de bien nouveau sous le soleil, mais une partie de cette fiction m’a (une nouvelle fois) incité à écrire un article.

Votre réaction après avoir lu tout ce qui précède? Elle entre probablement dans l’une de ces trois catégories:

1.Négation et scepticisme

«Il n’y a pas de réchauffement planétaire. C’est exagéré. Ce sont des spéculations, on n’est pas sûr que cela arrivera vraiment. Les changements de température sont des fluctuations normales, et non le résultat des activités humaines. Notre modèle de développement a aussi des conséquences positives qui compensent ses effets indésirables.»

La première de ces réactions (le scepticisme) néglige le fait que 97% des articles scientifiques concluent que la planète se réchauffe du fait des activités humaines. Elle ignore aussi que 40 fondations reçoivent 900 millions de dollars par an de la part de secteurs qui ont intérêt à répandre le doute au sujet du changement climatique.

J’aimerais, moi aussi, rappeler deux ou trois faits :

En utilisant la même méthode « scientifique » qui a permis de déterminer que 97% des articles scientifiques concluent que la planète se réchauffe du fait des activités humaines, il est possible de prouver que 99,90% des Peugeot sont rouges. C’est dire la rigueur qui sous-tend ce genre d’argumentaires.

Aux 900 millions de dollars par an de la part de secteurs qui ont intérêt à répandre le doute au sujet du changement climatique, on pourrait opposer les sommes collectées/distribuées pour sauver le climat : la spéculation à hauteur de 565 milliards de dollars attendue en 2020 sur les marchés carbone dans lesquels le milliardaire écologiste américain Albert Arnold Gore fait affaire, ou la transition énergétique qui coûte la bagatelle de 3,5 milliards d’euro chaque année pour les seuls français, afin de développer un réseau de production électrique exempt de CO2 (ce qui s’inscrit dans un dogmatisme coûteux dans un pays qui produit plus de 80% de son électricité sans rejet de CO2) : on ne me fera jamais croire que ces sommes colossales ne profitent pas à certains acteurs économiques et politiques.

Même si, comme l’affirme l’article « la température moyenne de la planète était restée quasi constante, n’oscillant en moyenne qu’entre 1°C et 1,5°C [sur les 8000 dernières années] », il faut noter que la température n’a augmenté que de 0,8°C depuis 1850, et que l’on fait face depuis près de 20 ans à une stagnation de cette dernière alors même que l’homme rejetait un quart de la totalité du CO2 qu’il ait jamais produit. La hausse des températures sur près de 20 ans, c’est ça :

Températures moyennes de la Terre entre 1997 et 2014

Températures moyennes de la Terre entre 1997 et 2014

Le réchauffement climatique vu par les prophète de l’Apocalypse, c’est ça :

Modèles climatiques vs observations

courbes des modèles climatiques. La ligne noire est le scénario le plus probable. Les carrés et les points représentent les mesures

Il est dès lors permis de se demander qui jette le doute sur le réchauffement climatique : les méchants négationnistes du climat qui s’appuient sur les mesures du monde réel, ou bien les gentils prophètes de l’Apocalypse qui prévoient 4°C de plus dans un siècle à l’aide de modèles numériques dont tout démontre qu’ils sont incapables de prévoir le présent, justifiant ainsi un peu tout et n’importe quoi pour expier nos péchés ?

Réactions à l’article précédent

Le rapporteur de l’article de M. Amieux souhaitant que je retire son nom de cet article, ce dernier a été modifié en ce sens le 23 juin 2014.

À la suite de la publication de l’article précédent, j’ai pris soin de prévenir M. A… à partir de son blog et sur Twitter, afin qu’il en prenne connaissance et, pourquoi pas, débattre de certains points : c’est ainsi, à mon sens, qu’il est possible de lever les divergences et de faire évoluer son point de vue : mon analyse est sans doute perfectible, peut-être exagérée, voire complètement erronée.

Si M. A… a publié mon commentaire sur son blog, il n’a pas pris la peine de le commenter. Mais il m’a répondu sur Twitter. Son analyse est sans appel et sans argument : il a raison et j’ai tort. Mais, esthète à l’esprit ouvert, il m’en concède la liberté, ce qui est très aimable à lui :

Je croyais avoir construit, argumenté et documenté les différents points que je souhaitais mettre en exergue, comme l’existence des satellites d’observation du climat à compter de 1979 et non 1960 (ce qui est purement factuel), l’efficacité de l’électricité « verte » en terme de rejet de CO2 en France, ou les raisons pour lesquelles il me semble que le GIEC est une émanation politique de l’ONU plutôt qu’un organisme scientifique indépendant. Il ne me semble pas avoir traité, à quelque moment que ce soit, de climato-scepticisme. Or, M. A… a également envoyé ce tweet :

Le fait même de clarifier l’historique de la climatologie, de douter de l’efficacité d’une mesure « écologique » ou de discuter du rôle politique d’un organisme institutionnel ayant trait au climat fait de l’auteur un indécrottable « climato-sceptique », une sorte de païen incapable de jugement logique avec lequel rien ne sert de discuter. Ça me chagrine : Je me demande si M. A… a bien compris la substance de mon article. Et celui de Reflets, du coup.

Critique de la critique d’un article climato-sceptique paru sur Reflets : « Pourquoi le GIEC veut-il que ce soit l’homme qui réchauffe le climat ? »

Le rapporteur de l’article de M. Amieux souhaitant que je retire son nom de cet article, ce dernier a été modifié en ce sens le 23 juin 2014.

Réponse sur quelques points visant à clarifier le rôle politique du GIEC à partir d’un article rédigé par Guénaël Amieux, publié sur le blog de G… A… qui fait l’analyse critique de l’article climato-sceptique de Yovan Menkevick : « Pourquoi le GIEC veut-il que ce soit l’homme qui réchauffe le climat ? », publié le 15/04/2014 sur le site Reflets.info.

En aparté, je souhaiterais faire une précision à propos des satellites : Si le premier satellite météo a bien été lancé en 1960 comme l’affirme M. Amieux, il n’en reste pas moins que les premiers satellites permettant l’étude des températures de l’atmosphère (UAH et RSS) ont été lancés à compter de 1978. Preuve en est, il n’existe aucune donnée satellite des température globale de l’atmosphère avant… 1979.

Le GIEC, émanation de l’ONU

Le Bidule dans le Machin

Reflets « La majorité de la population française est quand même convaincue que c’est l’homme qui modifie le climat par ses rejets de gaz à effet de serre, et qu’on va le payer cher avec la montée des eaux, les cyclones, la sécheresse, la destruction des récoltes. On répète en France, par exemple, qu’il « faut faire quelque chose » : s’engager dans la réduction des émissions de Co2, et d’autres gaz qui réchauffent. Ce qui donne : faire de « l’écologie ». Isoler les maison. Développer les énergies propres et renouvelables. Sachant que 70 à 80% des habitations équipées de chauffage électrique tirent leur énergie sur des centrales électriques nucléaires qui n’émettent pas de gaz à effet de serre, on se demande parfois où est le rapport entre tous ces facteurs et causes. »

Guénaël Amieux Raisonnement erroné : l’auteur rapproche des effets au niveau planétaire (« la montée des eaux, les cyclones, la sécheresse, la destruction des récoltes » aux émissions françaises de gaz à effet de serre. Et comme l’électricité consommée en France est de 70 à 80 % d’origine nucléaire, cela lui permet de conclure qu’il est légitime de s’interroger sur « le rapport entre tous ces facteurs et causes ». Ce raisonnement ne tient pas.

Le raisonnement de M. Menkevick est parfaitement valide. Il pose simplement les limites des politiques énergétiques visant à réduire la production de CO2, à l’aide d’un exemple concret : une baisse de la consommation électrique ou sa production par le biais d’énergies renouvelables à l’aide d’investissements lourds, dans un contexte où cette énergie provient essentiellement du nucléaire en France, ne réduira ipso facto les rejets de CO2 qu’à la marge : il s’agit de « faire de l’écologie » dans le seul but de montrer que « l’on fait quelque chose pour sauver la planète ». Peu importe l’efficacité de l’action, c’est de la communication. Et de la politique.

Reflets « Ce préambule définissant le GIEC est très important, parce qu’il souligne sans nuances la vocation de l’organisme : « mieux comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine » . Ce n’est donc pas un organisme qui étudie purement le climat, mais qui a décidé à sa création de savoir comment l’homme influence le climat. Cette mission de départ, très orientée ,… »

Guénaël Amieux Effectivement, tel est l’objectif du GIEC. Mais en quoi cette mission est-elle « orientée » ?

Il y a un indice dans ce passage « Ce n’est donc pas un organisme qui étudie purement le climat, mais qui a décidé à sa création de savoir comment l’homme influence le climat. »

La mission du GIEC s’appuie sur trois points considérés comme acquis, un dogme :

  • Il y a un réchauffement climatique anormal
  • Ce réchauffement climatique est directement lié à l’augmentation du  taux de CO2 dans l’atmosphère
  • Donc ce réchauffement climatique est d’origine humaine

La mission du GIEC n’est donc pas de s’interroger sur la responsabilité de l’homme, pas plus qu’une religion ne s’interroge sur la réalité de son/ses Dieu(x). Sa mission est de compiler les études s’appuyant sur ces trois points en ignorant toutes celles les invalidant. Et c’est là que le bât blesse : Quelles que soient ces conclusions, elles confirment forcément le dogme.

Reflets Le caractère uniquement politique du GIEC est bien stipulé : « Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents » . Mais il pratique des évaluations, et « ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue ».

Guénaël Amieux Cet argument ne tient pas la route. Ce passage ne prouve en rien que c’est « politique ». Le rôle du GIEC est de faire la synthèse des études. Tous les labos travaillent de leur côté et font remonter leurs résultats au GIEC ; celui-ci évalue les travaux et fait une synthèse. C’est une pratique courante dans la recherche. Le rôle du GIEC est précisément d’être impartial dans son analyse des travaux menés par les équipes de recherche à travers le monde.

Le GIEC évalue des risques sur la base d’une sélection d’études scientifiques validant le dogme pour lequel il a été créé. Si ce n’est pas de la politique, qu’est-ce donc ?

Guénaël Amieux Pour le coup, il y a là un vrai argument : il y a bien une intervention du politique dans le processus. Ce qui ne veut pas dire non plus que tout est politique. Les gouvernements ne peuvent pas écrire ce qu’ils veulent ; le rapport officiel est le fruit d’une négociation entre les chercheurs et les gouvernements.

À partir du moment où il y a négociation, peut-on encore parler de science ?

[…]Reflets {il existe de nombreux scientifiques climato-sceptiques} […] Guénaël Amieux La conclusion que j’en tire, c’est que l’auteur pense que les chercheurs climato-sceptiques sont tous des Snowden. Il ne peut pas, ne veut pas croire que la quasi-totalité des chercheurs puisse globalement converger vers la cause anthropique du réchauffement.

Et donc le tout petit pourcentage de chercheurs opposants sont de suite des « whistleblowers » qu’on aime tant chez les geeks (dont je suis), les hackers, les dev. Les Snowden du climat qui nous révèlent que la vérité est ailleurs.

Sauf qu’il ne suffit pas de s’auto-proclamer pour l’être. Il faut apporter des preuves, comme Snowden l’a fait.

Le problème posé par l’auteur est celui du caractère politique du GIEC qui tend à discréditer toute voix discordante. C’est ce que tente de démontrer M. Menkevick avec l’exemple de M. Lindzen, lequel a effectivement quitté le GIEC après y avoir contribué. Il y a effectivement d’autres scientifiques dans le même cas (Judith Curry par exemple), mais j’en ignore le nombre.

M. Amieux a raison : il faut apporter des preuves. Mais, sachant qu’on ne peut pas prouver quelque chose qui n’existe pas, la charge de la preuve échoit évidemment  à ceux qui affirment l’existence d’un réchauffement climatique anormal  directement corrélé au  taux de CO2 dans l’atmosphère, lequel est directement lié à l’activité humaine.

[…] Guénaël Amieux Plus grave, l’auteur fait – il me semble – un grave contresens. En effet globalement, les « puissants » s’opposent au GIEC : les puissances économiques et financières (géants de l’énergie, des industries polluantes et/ou émettrices de CO2, automobile, aéronautique, etc etc) ainsi que la majorité des États : protocole de Kyoto non ratifié et encore moins appliqué, accords sur des objectifs de limitation très limités et surtout sans dimension coercitive et de pénalités.

Le paradigme du réchauffement climatique a créé de nouveaux marchés sans porter ombrage aux anciens : une prouesse.

Certains de ces nouveaux marchés sont totalement artificiels et s’avèrent particulièrement bénéfiques aux puissances économiques et financières, comme les marchés du carbone (spéculer sur du vent, il fallait oser), d’ailleurs prévus dans le protocole de Kyoto. Un certain Albert Arnold Gore, co-lauréat du prix Nobel en 2007 pour « ses efforts afin de mettre en place et diffuser une meilleure compréhension du changement climatique causé par l’homme, et de jeter les bases des mesures nécessaires pour contrecarrer un tel changement » se lancera parallèlement à ses activités écologistes dans le négoce de certificats d’émissions de CO2 et des fonds d’investissements à long terme dans l’« économie durable ». Honni qui y verrait un conflit d’intérêt.

D’autres marchés consistent à acheter une image positive à moindre coût, ou simplement compenser ses émissions carbone. Rien que cette histoire de compensation carbone est une vaste escroquerie, mais c’est un business juteux et les banques y investissent massivement. Ces marchés peuvent consister à expulser des populations pauvres de leurs terres pour planter des arbres ou à acheter des forêts qui compenseront le pétrole consommé. Mieux : il existe le concept REDD, dit de « déforestation évitée » qui devrait permettre à l’Indonésie de spéculer sur ses forêts de palmiers à huile.

Les géants de l’énergie ou les industries polluantes bénéficient quant à eux d’investissements subventionnés par les contribuables ou les consommateurs, assortis de délocalisations à moindre coût qui permettront de polluer ailleurs en exploitant les populations des pays pauvres. C’est ainsi que les éoliennes et autres panneaux solaires, bien que non rentables et inutiles en terme de réduction du CO2 dans un pays qui produit l’essentiel de son électricité par le biais du nucléaire, se vendent très bien auprès de particuliers ou d’entreprises qui revendront leur production électrique à ErDF à un prix supérieur au tarif conventionné, ce qui devrait représenter une facture de 3,5 milliards d’euro à la charge des abonnés ErDF en 2014. (c’est l’objet de l’introduction de l’article de Reflets, « faire de l’écologie sans se préoccuper de l’efficacité » , argument réfuté dans la critique de M. Amieux. J’ai l’impression de tourner en rond).

Le tout est organisé par les États (membres de l’ONU et donc du GIEC) par le biais d’une fiscalité (verte évidemment) ou d’orientations politiques sous prétexte de « sauver la planète » : car vous voulez sauver la planète, n’est-ce pas ? Ce qui est drôle, c’est que la même rhétorique est utilisée pour surveiller les Internets (car vous êtes contre la pédophilie, n’est-ce pas ?) ou les populations (car vous êtes contre le terrorisme n’est-ce pas ?).

L’absence de coercition permet tous les abus, de laisser les pollueurs polluer tout en créant de nouveaux marchés, juteux car encadrés et subventionnés. Les classes dirigeantes gagnent à tous les coups, elles n’ont aucune raison de s’opposer réellement aux conclusions du GIEC, émanation de l’ONU qu’elles contrôlent.