Archives pour la catégorie Réchauffement climatique

Anthrax en Siberie

Libération, mais aussi les autres médias jusqu’aux JT de 20h s’en sont fait l’echo : une épidémie d’anthrax due à la décomposition d’animaux décédés depuis des siècles ou plus s’est déclarée en Sibérie où le pergelisol fond à cause du réchauffement climatique.

Les températures moyennes avoisinent les 35 degrés – contre 17 habituellement à la même saison.

Faktoriya-temperatures-juillet-2016

Températures enregistrées à Faktoryia en juillet 2016. Source

La région (a priori vers Faktoriya) a enregistré une canicule inhabituelle le mois dernier. Si l’on ne peut pas exclure un pic à 35°C, force est de constater que les enregistrements n’ont pas excédé les 25°C. Par ailleurs, 35°C n’est pas un record. Les maximales à  Yanov Stan par exemple, sont de 36.3°C en juin, et 35.2°C en juillet, comme à Nyda . On trouve même plus de 39°C à Kikiakki : comparer une moyenne mensuelle calculée sur plusieurs années voire décennies à celle de l’année en cours est pour le moins malhonnête : il a toujours existé des années chaudes et des années froides.

Les derniers cas d’anthrax remontaient à 75 ans

Ce qui nous indique que ce phénomène s’est déjà produit. Il y a 75 ans : Si tel est le cas, ou le pergélisol a déjà fondu dans le passé, ou les cas d’anthrax ont une autre cause : On trouve des cas d’anthrax dans d’autres régions de la Sibérie, comme en atteste cet article de 2012.

La source probable du journaliste, issue d’un média sibérien, est factuelle : un enfant est décédé après avoir contracté  l’anthrax. Sa grand-mère est décédée pour une raison inconnue. D’autres malades ont été hospitalisés. La majorité des personnes touchées sont des nomades éleveurs de rennes.

Cimetière Nenets, Sibérie

Cimetière Nenets, Sibérie. Source : Siberiantimes

Dans un premier temps, la cause de linfection n’était pas connue, et les soupçons se sont d’abord portés sur la canicule, avec des températures de l’ordre de 25 à 35°C (et non pas températures moyennes avoisinent les 35°C comme le rapporte Libé), faisant fondre le permafrost et libérant ainsi la maladie. Il semblerait néanmoins que l’infection pourrait provenir d’un cimetière Nenets proche,  où des restes humains auraient pu propager l’anthrax : Il est de coutume, dans ces régions, de faire reposer les corps dans des sortes de boîtes, sans les enterrer. Le 2 août toujours, la canicule ne semble pas inquiéter plus que ça les autorités, qui craignent avant tout l’extension de l’épidémie par le biais de la viande et des animaux et non par la fonte du permafrost.

Un article du 3 août 2016 nous apprend que les premiers cas d’anthrax sont apparus il y a 5 semaines, et que l’épidémie n’a pu se développer que parce que les animaux n’étaient pas vaccinés, par choix politique.

Enfin, le 5 août 2016, la piste du cimetière nenets semble confirmée, rejetant la thèse apocalyptique d’une bactérie ancestrale réveillée par le réchauffement climatique. D’ailleurs, les températures sont depuis retombées bien en-dessous de la normale. L’épidémie aura été traité avec beaucoup de professionalisme par les autorités locales qui semblent habituées à ce genre de problèmes.

Le morse du Pacifique, nouvel animal totem de la climastrologie ?

Le 3 octobre, j’apprends par le biais du tweet ci-dessous que des morses se réfugient sur une plage à cause du réchauffement climatique.

Intrigué, je lis l’article issu du blog d’Audrey Garric, lequel confirme que 35000 morses se sont réfugiés sur une plage d’Alaska où l’on ne trouve pas de glaces. En cause, le réchauffement climatique, bien entendu. En mélangeant quelque peu les saisons et le comportement des morses afin d’asseoir la thèse catastrophiste qui se joue sous nos yeux ébahis, et en rappelant de manière tendancieuse la superficie de la banquise arctique à la mi-septembre (la 6e plus petite enregistrée, alors qu’elle était censée avoir disparu), Audrey Garric nous assène comme argument d’autorité que les premiers rassemblement ont été aperçus en 2007. Par ailleurs, les experts du WWF nous confirment l’Apocalypse sous la plume le clavier de Mlle Garric :

« Les morses nous disent ce que les ours polaires nous ont dit et ce que beaucoup d’autochtones nous avaient dit : l’environnement arctique change extrêmement rapidement, c’est le moment pour le reste du monde d’en prendre connaissance mais aussi de prendre des mesures pour s’attaquer aux causes du changement climatique. » Margaret Williams, directrice du programme arctique du WWF.

Morses échoués sur une plage

Morses échoués sur une plage

Google Actualité m’indique que l’affaire fait grand bruit sur l’ensemble de la blogosphère écolo-climatique : tous répètent à l’envi qu’il s’agit bien là de la preuve irréfutable des dégâts provoqués par les méchants humains sur les pauvres animaux polaires.

Amusons-nous à découvrir le mode de vie, les habitudes des morses.

Wikipédia propose un article assez détaillé sur les morses, par ailleurs reconnu comme « article de qualité » depuis sa version du 4 mai 2010. Un passage est particulièrement intéressant, il s’agit du paragraphe intitulé Biotope et migrations, je cite (j’ai graissé les passages les plus marquants)

En dehors de la saison des amours et de gestation, c’est-à-dire à la fin de l’été et en automne, les morses forment des colonies de plusieurs dizaines de milliers d’individus sur les plages ou les affleurements rocheux. Ils sont contraints à suivre tour à tour l’expansion puis le recul de la banquise, les femelles et les jeunes demeurant sur la glace en toute saison, les mâles reproducteurs préférant passer l’été sur les côtes et îlots rocheux. La migration peut être longue et spectaculaire. À la fin du printemps et en été, par exemple, plusieurs centaines de milliers de morses du Pacifique migrent de la mer de Béring à la mer des Tchouktches à travers l’étroit détroit de Béring. Souvent les mâles restent dans le Sud, seuls les femelles et les jeunes migrant. Certains individus parcourront plus de 3 000 km par an.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Morse (animal) de Wikipédia en français (auteurs)

Par ailleurs, l’article de Wikipédia sur Point Lay, où se seraient échoués les morses en mal de banquise, nous indique que la température peut atteindre 26°C en été : il serait étrange d’y trouver habituellement de la banquise en septembre.

Journaliste, un beau métier d’investigation encadré par la déontologie

Prévenue, Audrey Garric (journaliste au Monde), n’a ni modifié, commenté ou retiré son article. Les grands médias francophones auront tous relayé une fausse information, dont la vérification tient en une simple consultation d’une encyclopédie en ligne. Je lisais il y a quelque temps, que le problème avec les climato-sceptiques, c’est qu’ils disent 10 contrevérités par minutes, et qu’il faut 10 minutes pour démonter proprement chacune des contrevérités énoncées. Il semble que l’on connaisse le même problème avec les zélés journalistes spécialistes du climat et toutes ces billevesées. Le seul problème, c’est qu’ils sont autrement plus médiatisés que les premiers.

île de Ghoramara

En passe de devenir le nouveau symbole du réchauffement climatique avec les premiers (enfin) réfugiés climatique, elle est devenue célèbre notamment grâce à une (très belle) série de portraits  du photographe coréen DaeSung Lee, lauréate du Sony World Photography Awards 2013.

Le texte accompagnant ces clichés, repris quasiment in extenso par de nombreux sites, fait état de la disparition de cette île à cause de la montée des eaux des océans due au réchauffement climatique :

L’île de Ghoramara se situe à l’Ouest du delta du Bengale. Suite au réchauffement climatique et à l’élévation du niveau de la mer qui a débuté dans les années 60, le rivage de cette île est emporté, petit à petit, à chaque marée. Depuis les années 80, c’est plus de 50% du territoire de l’île qui a disparu et 2/3 de la population qui a dû quitter l’île.

Les 2 000 habitants de l’île sont pour la plupart des paysans ou des pêcheurs. Ils dépendent pour leur subsistance des ressources de l’île. D’ici 20 à 25 ans, le gouvernement indien pourrait décréter l’abandon de l’île. Un plan d’évacuation des habitants vers l’île de Sagar est déjà prêt. Pour autant, ce plan ne prévoit aucune indemnisation qui puisse aider les habitants à refaire leur vie.

Comme je suis curieux et que tout ça me paraît un peu étrange, je me suis amusé à googler pour trouver ce qu’était cette mystérieuse île en voie de disparition à cause de la montée des eaux.

Où se situe cette île ?

Première surprise, elle ne se situe pas en mer, mais dans le delta d’un défluent du Gange, la Hooghly.

Deuxième surprise, cette île n’est pas isolée : l’île de Sagar en aval, est celle vers laquelle les habitants de Ghoramara seraient évacués : il semble pour le moins étrange qu’une île proche, donc sans doute géologiquement similaire, plus près de la mer, ne souffre pas elle aussi de l’élévation du niveau des océans.

Il est donc permis de se demander comment la montée des eaux des océans peut expliquer la disparition d’une île fluviale située en amont d’une autre île qui ne semble pas touchée par le même phénomène.

Que montrent le photos ?

Extrait d'une photo de Daesung Lee

Extrait d’une photo de Daesung Lee : érosion de l’île

Indubitablement, les photos montrent une érosion des terres, avec des traces caractéristiques que l’on retrouve sans peine dans les méandres des rivières de plaine : les terres ne semblent donc pas passer sous le niveau de l’eau, mais simplement s’éroder.

Comment expliquer cette érosion ?

Une recherche « Hooghly barrage » mène directement au barrage de Farakka, le plus gros jamais construit sur le Gange, construit dans les années 60, et qui a passablement modifié le cours et le débit du fleuve, à tel point que la salinité pose des problèmes halieutiques, et par là même, l’accès aux poissons pour la population locale.

Alors ?

Il ne semble pas totalement déraisonnable d’attribuer au moins partiellement l’érosion de l’île à la modification profonde du comportement du fleuve dont elle dépend, par la raréfaction des alluvions, la disparition des crues ou la variation du débit qui avaient contribué à créer et consolider l’île.

Le travail de Daesung Lee, ostensiblement orienté, s’appuie semble-t-il sur une source unique, Greenpeace , qui a publié un article en 2006 mentionnant pour la première fois l’érosion de Ghoramara à cause de la hausse du niveau des océans. Cet article fut suivi de plusieurs rappels au fil du temps (2010 par exemple) et par des actions du WWF dès le début des années 2010, toujours sans le succès attendu pour une telle révélation.

L’unicité même de la source et l’orientation catastrophiste de cette dernière vis à vis du réchauffement climatique, devraient inciter tout bon journaliste à prendre l’information avec précaution. Par ailleurs, même si corrélation n’est pas causalité, la concomitance de la disparition de l’île et de la construction d’un barrage en amont mérite certainement que l’on s’y attarde. Enfin, la disparition des Sundarbans (mangroves) qui ont donné leur nom à ces îles, incite à penser que  l’arrachage de ces dernières et d’autres facteurs favorisant l’érosion pourraient également expliquer l’ampleur du phénomène.

Alors, les réfugiés de Ghoramara, réfugiés climatiques ou simplement réfugiés à cause de modifications incontrôlées du bassin de la Hooghly  ?

 

Al Gore : « La banquise pourrait entièrement disparaître d’ici cinq ans »

C’est un article du Point qui nous informe que le détenteur du Prix Nobel de la Paix 2007 tire la sonnette d’alarme : « La crise  climatique est nettement plus grave et rapide que ne l’ont montré les projections les plus inquiétantes du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) » . De fait, « certaines projections montrent désormais que la banquise pourrait entièrement disparaître au pôle Nord, d’ici cinq ans. »

Par ailleurs, les scientifiques de la goélette Tara précisent que les glaces ont fondu 3 fois plus vite que prévu tout en observant « une nette diminution de l’épaisseur de la banquise » : Or, comme l’expliquait Al Gore dans le film de David Guggenheim Une vérité qui dérange , moins l’océan est recouvert de glace, moins il réfléchit la chaleur, plus il se réchauffe, plus les glaces fondent, moins l’océan est recouvert de glace… Un cercle vicieux.

L’article date de janvier 2008. Voilà l’état de la banquise Arctique aujourd’hui :

Sea_Ice_Extent_L_june_2013

Il reste encre un peu de banquise – cliquez sur l’image pour l’agrandir

La question que l’on peut se poser, c’est pourquoi croire les vendeurs d’apocalypse aujourd’hui, lorsqu’on voit leurs affabulations d’hier ?

Réponse à L’extraterrestre de Roswell nie le réchauffement climatique…

M. Pierre Barthélémy refusant de publier à la suite de son article  » L’extraterrestre de Roswell nie le réchauffement climatique  » ma réponse qui n’est ni insultante, ne pratique aucunement l’injure et la diffamation envers des tiers nommés, ne fait l’apologie du racisme ou appelle au meurtre, etc. ou ne redirige vers un site qui pratique ouvertement et de manière plus ou moins professionnelle, le négationnisme scientifique ,et qui devrait donc être publiable selon ses propres critères, je la publie ici-même. J’en profite pour l’étoffer un peu.

Ma réponse

Je ne débattrai pas sur le caractère scientifique de l’article de M. Barthélémy, je n’ai pas de compétences scientifiques particulières, et mon opinion quant au réchauffement climatique n’a aucune espèce d’intérêt dans le cadre de cet article.

Le dénigrement des opposants aux thèses du GIEC par l’emploi de qualificatifs insultants comme « négationnistes« , « complotistes« , « marchands de doute » et autres noms d’oiseaux qui émaillent l’article de M. Barthélémy et beaucoup d’autres sur le sujet, n’a pas pour effet de contredire les opposants à la Doxa de manière factuelle, posée et objective, mais aurait plutôt tendance à discréditer les personnes qui l’emploient.

Cependant, et c’est cela qui me fait réagir, une étude « scientifique » (sérieusement, le protocole résumé dans l’article de M. Barthélémy est à se pisser dessus de rire (1)) portant sur 1000 volontaires dont on ne sait rien d’autre que ce qu’ils ont bien voulu déclarer à l’aide d’un formulaire en ligne (et attention aux tricheurs, hein, on ne la fait pas aux chercheurs sérieux : une IP par personne et on retire tout ce qui a moins de 10 ans ou plus de 90, on sera intransigeant), recrutés sur 3 blogs sélectionnés à cet effet et mettant en exergue les traits réels ou supposés, négatifs, psychotiques ou ridicules de ses contradicteurs, permettant de réaffirmer le consensus climatique en concluant que ces derniers sont des sortes de cinglés, vous ne trouvez pas ça un peu too much ? La ficelle n’est-elle pas un tout petit peu grossière ?

Et la science dans tout ça ? Juste un faire-valoir qui permet d’accréditer le raisonnement circulaire que l’on vient de mettre en place. Ces méthodes, souvent utilisées à des fins politiques et toujours sous le couvert de la science, ont permis de dénigrer, de soumettre ou de massacrer des populations entières. J’y vois là une dérive dangereuse vers laquelle le GIEC et ses adeptes glissent doucement.

Pour toutes ces raisons, l’argumentation développée dans l’article de M. Barthélémy n’a, à mes yeux, aucune valeur d’ordre informatif quant à l’existence ou non du réchauffement climatique ou sur l’état de la science climatique, mais a le mérite de mettre en évidence les méthodes employées pour faire taire ses contradicteurs au nom d’un consensus qui ne peut avoir aucune existence scientifique. Pathétique.

Cédric AMEY.

Notes :

(1) Citation : « Ils ont fait publier un questionnaire approfondi sur huit blogs traitant du climat. Il faut noter au passage que les cinq blogs climatosceptiques auxquels ils ont proposé leur sondage ont tous refusé de collaborer… Au total, 1 145 questionnaires complétés en intégralité ont été retenus (un seul par adresse IP) et les résultats sont assez éloquents.«