Archives pour la catégorie Société

À propos de « 6 pays qui cherchent l’indépendance énergétique »

Un certain nombre de sites sur les internets reprennent tels quels les  propos de l’article « 6 pays qui cherchent l’indépendance énergétique » de . Mais ces 6 pays sont-ils si vertueux, enviable, et leur modèle généralisable ?

L’Islande

« L’Islande apparaît comme le pionner en matière d’énergies renouvelables. 100 % de son électricité et 81 % de ses besoins énergétiques primaires proviennent de sources renouvelables. »

Le potentiel en énergies renouvelables de l’Islande est de très loin supérieur à ses besoins : située sur la dorsale médio-océanique entre l’Europe et l’Amérique, son activité géothermique a permis au pays de développer la géothermie de manière exceptionnelle dès les années 1940 : la quasi-totalité des habitations islandaises sont chauffées par ce biais. Pays au relief important, 10% du territoire est constitué de glaciers qui alimentent de grandes rivières glaciaires. Ces rivières offrent une source importante d’électricité. Le potentiel est tellement énorme que l’Islande attire des industries très énergivores. Ces dernières consomment plus de 80% de l’électricité produite, contre 5% par les ménages.

Malgré un modèle énergétique vieux de 60 ans et fortement orienté vers les énergies renouvelables grâce à une géographie et une activité géothermique exceptionnelles, un vertueux islandais a émis 5,9 tonnes de CO2eq en 2011, contre 5,2 pour un français.

L’Éthiopie

« Le pays s’est engagé a à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64% d’ici 2030 grâce aux énergies renouvelables »

Cette affirmation est juste fausse, et est issue d’une incompréhension du texte publié par ce pays dans le cadre des négociations sur le climat. L’Éthiopie s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64% en 2030, par rapport à ce qu’elle aurait émis à cette même date sans faire d’effort particulier. Cela revient en fait à passer de 1.8 tonnes de CO2eq par habitant à 1.1. Cela revient aussi à interdire tout espoir de développement à l’un des pays les plus pauvres de la planète qui produit d’ores et déjà 100% de son électricité sans rejets de gaz à effet de serre mais de manière parfaitement insuffisante. L’agriculture n’ y est pas mécanisée et la circulation routière est juste anecdotique : comment baisser les émissions de CO2 dans ces conditions ?

Le modèle éthiopien reposerait sur le maintien ou le retour à la pauvreté et à la malnutrition.

La Norvège

« Aujourd’hui, 60 % de l’énergie consommée en Norvège provient d’une source renouvelable. Et depuis 2009, une partie du fonds pétrolier est placée dans des entreprises qui se consacrent aux énergies renouvelables. La Norvège pourrait contribuer à l’objectif de l’UE d’atteindre une part de 20 % d’énergie renouvelable d’ici à 2020 en exportant davantage de son énergie verte vers l’Europe. »

La Norvège doit sa prospérité économique à ses gisements d’hydrocarbures (3e exportateur mondial de gaz naturel) qui génèrent 35% de ses exportations. Avec 11,6 tonnes de CO2eq par habitant en 2010, la Norvège est l’un des 20 pays les plus émetteurs de CO2 au monde. À titre de comparaison, la France qui ne fait pas partie des 6 pays les plus vertueux, est à 5,6 tonnes de CO2eq par habitant en 2010.

Le modèle norvégien n’en est peut-être pas un, de modèle.

Le Costa Rica

« Le gouvernement s’est fixé pour objectif d’atteindre une économie sans émissions de gaz à effet de serre d’ici 2021 misant uniquement sur les énergies renouvelables. »

Pour l’heure, près de 50% de l’énergie utilisée au Costa Rica provient du pétrole et de ses dérivés (charbon, gaz naturel), soit un niveau très proche de celui de la France. Par ailleurs, la part des énergies renouvelables (+ nucléaire) ne cesse de baisser, passant de 9,5 à 8,5% de la production entre 2005 et 2012, tandis que la consommation de produits pétroliers augmente et que les combustibles renouvelables stagnent à 10%.

Il va falloir pédaler très fort pour atteindre l’objectif.

Le Brésil

« Le Brésil est le pays industrialisé utilisant le plus d’énergies renouvelables, le nucléaire et le fossile ne représentent que 11,8%, alors que la moyenne des pays industrialisés est de 87% »

Alors que la part du nucléaire et des énergies alternatives du Brésil stagne à 8%, la part des combustibles renouvelable (biomasse) connaît une baisse ces dernières années (de 31 à 27% de 2009 à 2012) tandis que celle des énergies fossiles explose en passant de 51% de l’énergie consommée en 2009 à 57% en 2012 (aux environs de 40% pour le seul pétrole). Enfin, si les émissions de CO2 restent faibles, elles sont en constante progression.

Son biotope est menacé : les forêts amazoniennes, puits de carbone, sont massacrées à cause de l’élevage ou la culture de la canne à sucre, dont la moitié de la production est destinée à la production de carburant.

Par ailleurs, le Brésil contient les plus grandes réserves de pétroles jamais découvertes. Il est aujourd’hui le 8e producteur de pétrole au monde.

Du beau développement durable qui envoie du rêve.

L’Uruguay

« Le but que se donne l’Uruguay est de taille : l’indépendance énergétique pour 2030. »

L’Uruguay est le seul pays de la liste pour lequel une source est fournie : il s’agit d’un site dépendant d’EDF qui reprend une étude du WWF. Pour atteindre son but, le pays construit des éoliennes qui devraient fournir 30% de ses besoins en électricité dès 2016. Ceci n’est possible que par la présence de la prédominance de l’hydroélectricité qui joue le rôle de « tampon » de l’intermittence des éoliennes. Le modèle choisi par le pays est ambitieux, mais la volonté politique qui porte le projet semble suivie par les investisseurs. Pourquoi pas ?

Vertueux ?

Des 6 pays « conscients des risques d’une dépendance excessive aux énergies fossiles » qui « ont amorcé leur transition énergétique depuis plusieurs années« , il en est un dont les performances sont loin d’être exceptionnelles après 60 ans de développement des énergies renouvelables, deux font partie des principaux producteurs de pétrole et de gaz dont l’un est l’un des 20 plus gros émetteur de CO2 par habitant de la planète et l’autre qui détruit son environnement, un des pays les plus pauvres de la planète qui s’est engagé à le rester, un pays dont la part du pétrole dans le mix énergétique ne cesse d’augmenter et un 6e qui semble avoir réellement pris le tournant de la transition énergétique.

La question ne se pose donc pas sur l’intention de développer les énergies renouvelables, mais bien sur la capacité et la volonté de ces pays de détruire leur modèle économique : la Norvège et le Brésil vont-ils renoncer à l’exploitation du pétrole ? Le Brésil va-t-il renoncer à son agriculture intensive ? Le Costa Rica va-t-il renoncer au développement de son agriculture, de ses industries high-tech et du tourisme en renonçant aux infrastructures nécessaires ? La population éthiopienne va-t-elle renoncer à l’accès à l’électricité et l’eau courante, le pays va-t-il sacrifier son développement économique ? Rappelons que les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Et la France qui ne fait jamais rien, justifiant la flagellation chronique que lui imposent  ses habitants ? Eh bien la France réduit bon an mal an sa dépendance aux énergies fossiles ainsi que ses émissions de CO2 par habitant. Sans être exceptionnels, ces résultats montrent une constance dans l’effort. 6e puissance mondiale, la France était classé 68e pays le plus émetteur en CO2 en 2011 à 5,2 tonnes CO2 par habitant des pays les plus émetteurs de CO2 , loin devant des pays considérés comme vertueux et acquis à la cause écologique tels que la Norvège (30e 9,2T CO2/hab), l’Allemagne (32e à 8,9T CO2/hab),  le Danemark (41e à 7,2T CO2/hab)  ou encore l’Islande (61e 5,9T CO2/hab).

Climat : morses, dauphins et ours

De la constance des alarmistes

Ces animaux qui perdent la boule à cause du réchauffement climatique

L’histoire débute le 3 octobre 2014, lorsque je réponds à Audrey Garric (Chef adjointe du service planète/science du Monde) sur twitter afin de contester, source à l’appui,  le comportement supposé anormal des morses qui, à cause du réchauffement climatique, se regroupent par dizaines de milliers sur des affleurements rocheux au lieu de se peler comme il se doit sur la banquise. Retrouvez les détails de l’histoire dans cet article.  Je renvoyais alors Mme Garric à l’article de Wikipédia, lequel mentionne ce comportement comme « normal » . Je ne recevrai évidemment aucune réponse.

Le 14 juin 2015, Audrey Garric publie un nouveau tweet sur le comportement supposé anormal des ours ou des dauphins (allez savoir), le second entrant au menu du premier à cause du… Réchauffement climatique, évidemment.

S’ensuit un échange de tweets où je reviens sur l’affaire des morses :

Retour sur la discussion à propos de l’anormalité de la présence des morses sur les affleurements rocheux : Audrey Garric n’en démord pas, les morses ne devraient pas se trouver en si grand nombre sur des affleurements rocheux.

Par ailleurs, elle assène l’argument d’autorité :

« La NOAA l’a analysé par le réchauffement » , affirme-t-elle. Son article ne renvoie évidemment pas à la source de l’information, et pour cause : Le seul document issu de la NOAA est un rapport factuel (Copie) du  27 septembre 2014 se contentant de mentionner la présence des morses à Point Lay. Cette information est reprise par l’USGS dans une note de blog non « peer-reviewée »  dans laquelle l’auteur ajoute que les morses se regroupent par plusieurs dizaines de milliers depuis 2007 à cause du réchauffement climatique. S’ensuivent des sources circulaires entre l’association écologiste WWF et le journal britanique « The Guardian » qui relaient cette information, reprise telle quelle dans l’article de Mme Garric.

Wikipedia, source non fiable ?

Nous avons vu que la NOAA et la NASA n’avaient jamais analysé le comportement des morses comme anormal, mais avaient simplement relayé l’information de manière factuelle. Voyons ce qu’il en est de la crédibilité des sources de Wikipedia : Il suffit de suivre les astérisque puis de tirer le fil. Concernant le passage sur le comportement des morses sur les affleurements rocheux, Wikipedia renvoie vers eol.org, qui est une encyclopédie du vivant recensant notamment les études ayant trait aux morses. Lequel site nous renvoie vers l’étude Fay, F. H. (1982). « Ecology and Biology of the Pacific Walrus, Odobenus rosmarus divergens Illiger » . Cette étude est reprise par de nombreux sites, notamment gouvernementaux (.gov) ou universitaires (.edu). Une autre étude du même scientifique, disponible en ligne (PDF), présentant l’état des connaissances sur la mortalité des morses, nous indique des rassemblement de 35 à 37000 animaux sur des affleurements rocheux à des latitudes comparables à Point Lay (environ 64° Nord) en 1978.

Étude 1980

Étude « Mass Natural Mortality of walruses at St. Lawrence Island, Bering Sea, Autumn 1978 » 1980 Fay, F. H. and Brendan P. Kelly(extrait)

Dès lors que plusieurs études datant des années 1970-80 mentionnent le comportement des morses sur les affleurements rocheux, la note de blog indiquant que le phénomène apparaît en 2007 semble assez peu crédible. C’est pourtant à partir de cette dernière que l’information sera reprise de blog en blog jusqu’aux « sérieux » quotidiens français.

Pour revenir sur l’affaire des dauphins dévorés par des ours, il s’agit pour le moment d’un cas isolé, et il semble bien prématuré d’en attribuer la cause au réchauffement climatique.

Pas de réponse. Évidemment, il est toujours permis d’espérer un erratum dans les articles de Mme Garric, Chef adjointe du service planète/science du Monde.

La côte ouest des Etats-Unis en proie à de spectaculaires incendies

C’est le titre d’un article du Monde de Corine Lesnes, lequel relate avec force exemples et témoignages la catastrophe qui s’annonce pour l’été. En cause, le réchauf changement cimatique, bien entendu.

Un commentaire de Graphisto à cet article a attiré mon attention, et je vais tenter d’y répondre ici (les commentaires du Monde étant réservés aux abonnés) :

Que sont les climato-sceptiques devenus? dans la fosse du même nom?

Le sceptique que je suis a lu cet article d’un œil critique, l’absence de sources et de données factuelles constituant le premier indice du potentiel WTF de la substance de ce dernier.

Pour en avoir le cœur net, il convient de vérifier les informations en consultant des sources fiables et en croisant les données le cas échéant. Et les sources que j’ai trouvées, elles ne racontent pas la même histoire.

L’article du Monde débute sur la situation en Alaska, où les incendies se révèleraient catastrophiques « cette année [à cause d’]une vague de chaleur exceptionnelle ». Dans les faits, au 22 juin 2015, 230000 acre (~100000ha) ont brûlé, contre 223000 à la même date l’an dernier et 344000 en 2013. Rien de bien impressionnant, donc. Source.

La même source propose des statistiques depuis 1990 : on y trouve une grande variabilité annuelle des incendies, dans laquelle s’inscrivent ces dernières années bêtement moyennes.

Évolution de la superficie brûlée et du nombre de départs de feux en Alaska, de 1990 à 2014.

Évolution de la superficie brûlée et du nombre de départs de feux en Alaska, de 1990 à 2014.

L’article se poursuit en évoquant le cas préoccupant de la Californie. La sécheresse californienne qui fait tant glauser n’a pourtant rien d’exceptionnel si l’on en croit les données de la NOAA. Il s’agit de la 26e période de 12 mois (juin à mai de l’année suivante) la plus sèche depuis le début des mesures. Le record a été établi de juin 1976 à mai 1977, période où les climastrologues prédisaient une nouvelle glaciation. Sur une période de 4 ans, il s’agit de la 6e la plus sèche. Rien de bien impressionnant. Source (jouez avec les paramètres).

S’ensuit le témoignage d’un responsable du centre de crise du Colorado qui évoque ses souvenirs sur le ton du « c’était mieux avant, y a plus de saisons ma pauv’ dame »… Selon les données du NICC, l’organisme américain qui coordonne les moyens de lutte contre les incendies de forêts, aucune tendance n’est vraiment discernable. source (cherchez « RM » (rookie mountains) pour le Colorado). La vérité se situe-t-elle dans les compilations de données factuelles, ou dans les souvenirs des gens ? Le Monde semble avoir choisi.

Par ailleurs, rien ne démontre une agravation des incendies aux États-Unis.

Évolution de la superficie brûlée et du nombre d'incendies aux États-Unis, entre 2000 et 2015. Source : NOAA

Évolution de la superficie brûlée et du nombre d’incendies aux États-Unis, entre 2000 et 2015 sur une anné glissante. Source : NOAA

Où sont les sceptiques, demandait Graphisto sur le ton du « vous voyez bien ». Or, ce qui différencie les sceptiques des « croyants », c’est le besoin de s’assurer qu’on ne leur raconte pas des carabistouilles. Et concernant le climat, c’est un véritable festival auquel se livrent la plupart des médias.

Même si les recherches et le recoupement de sources sérieuses restent chronophages, elles sont nécessaires pour évaluer la crédibilité des articles de presse. Le scepticisme est un devoir, pas une tare.

Climat : Mais que cherchent donc les écologistes ?

Par le biais d’un tweet de Volodia Opritchnik j’apprends que l’Éthiopie affiche des engagements à l’occasion du COP21 à Paris.

M. Opritchnik qualifie l’information « d’intéressante« , mais penchons nous sur la situation écologique et les objectifs que se voit fixer l’Éthiopie (copie du document ici : INDC-Ethiopia-100615) :

L’économie de l’Éthiopie, basée sur l’agriculture (45% du PIB et 85% des emplois), est fragile. La mécanisation y est quasiment inexistante. Les éthiopiens se chauffent au bois d’eucalyptus ou aux bouses de vache séchées. L’industrie représente 15% du PIB, et concerne la production de produits alimentaires, textile, habillement, teinture et vêtements en cuir, chaussures, bagages et sacs à main, fabrication de bois et dérivés. Le revenu moyen est de $470 par an.

L'agriculture éthiopienne n'est pas mécanisée. Le réseau électrique est artisanal.

L’agriculture éthiopienne n’est pas mécanisée. Le réseau électrique est artisanal. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

L’électricité équipe 23% des foyers, et dans la majorité des cas, permet juste de s’éclairer à l’aide de quelques fluo-compacts L’Éthiopie a une capacité de 1000 MW de production, à 99% hydraulique et 1% éolien. Le pays est souvent sujet à la malnutrition, l’agriculture étant juste auto-suffisante (à l’exception du café qui constitue le gros des exportations). La quasi-totalité des routes ne sont pas goudronnées (la Chine y investit massivement toutefois), les camions qui y circulent sont hors d’âge, les voitures particulières constituent l’exception, l’éthiopien est un grand marcheur. Il n’y a pas de voies ferrées.

La marche à pied, moyen de transport ultra-majoritaire

Route nationale n°2, fraîchement bitumée en 2012. La marche à pied, moyen de transport ultra-majoritaire. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Un éthiopien consomme 51 KWh d’électricité et rejette en moyenne 100 kg de CO2 par an, soit 145 fois moins d’électricité et 56 fois moins de CO2 qu’un français ou 140 fois moins d’électricité et 91 fois moins de CO2 qu’un allemand.

En Éthiopie, le fer à repasser fonctionne au bois d'eucalyptus

En Éthiopie, le fer à repasser fonctionne au bois d’eucalyptus. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Le document par lequel l’Éthiopie s’engage pour sauver le climat nous apprend que les efforts porteront sur l’agriculture et notamment l’élevage, la déforestation, et le développement du réseau électrique par le biais des énergies renouvelables.

L’élevage provoquerait 45% des émissions de GES, pour 45% de PIB et 85% des emplois. Le texte prévoit que les efforts sur les émissions de GES porteront pour 35% sur l’agriculture, laquelle n’est ni mécanisée ni ne s’appuie sur des méthodes intensives. Cela revient à tuer l’élevage, et par conséquence l’agriculture qui ne pourra pas se mécaniser.

La déforestation éthiopienne a plusieurs causes. La première étant la nécessité de se chauffer et de cuire l’alimentation. Dans ce cas, les forêts sont généralement reboisées en eucalyptus. La seconde étant d’obtenir des terres arables.

Femme ramenant de l'eucalyptus pour le chauffage et la cuisine, environs d'Addis Abeba.

Femme ramenant de l’eucalyptus pour le chauffage et la cuisine, environs d’Addis Abeba. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Le transport, déficient , représente 3% des rejets. Il ne peut que se développer. Pourtant, le texte prévoit des efforts sur ce poste. L’objectif revient à n’immatriculer que des véhicules électriques d’ici 2030, alimentés par une électricité qu’il faudra bien évidemment produire.

Et c’est là que le bât blesse : la production électrique éthiopienne, notoirement insuffisante, est à près de 100% renouvelable. Pour le développement de la production, le document appelle à maintenir une production à 100% renouvelable par le biais de l’éolien et du photovoltaïque, deux moyens de production qui seront inefficaces dans le cadre du développement du pays, car intermittents, aléatoires et coûteux… Les écologistes sont évidemment opposés aux potentiels hydroélectriques pourtant prometteurs dans le pays : il ne faudrait pas non plus que les pays les plus pauvres se développent de manière inconsidérée.

Et donc, nos écologistes de se féliciter des politiques ubuesques qu’ils réussissent à imposer aux pays du tiers-monde sur l’autel d’un réchauffement climatique dont, s’il se vérifiait, ils ne seraient pas responsables :

Fantastique.

Climato-négationniste : sceptique vs catastrophiste

Argumenter ? Pourquoi ?  « Science is settled »

Dans l’article précédent, j’expliquais comment Sknob avait modifié le terme « climato-sceptique » en « climato-négationniste » dans son article « Cake please » sur Babordages. J’y analysais ce terme et présentais les méthodes employées par les négationnistes afin de déterminer si oui ou non, les climato-sceptiques pouvaient être qualifiés de négationnistes. La discussion avec Sknob fut un cas d’école sur l’impossibilité d’argumenter avec un Apôtre de l’Apocalypse Climatique :

00ced : À quoi tient ce climato-scepticisme ? j’ai regardé, comparé, analysé. Il se trouve qu’aucune, je dis bien aucune, des prévisions du GIEC ne s’est vérifiée. Vous pouvez regarder par vous-même, les données sont publiques : pas de réchauffement depuis près de 20 ans, pas d’augmentation des événements dits extrêmes, pas d’augmentation de l’activité cyclonique, pas d’évolution des banquises (pôles sud + pôle nord), pas de désertification, pas d’îles disparues. Rien, juste la mise en avant de chaque catastrophe dite climatique.

1) Le dénigrement

La réponse de Sknob est lapidaire. À aucun moment il ne me demande d’argumenter sur tel ou tel point, il a raison et j’ai tort :

Sknob : Je peux venir sur votre planète ?

2) La négation des faits

Je lui propose alors de consulter des sources fiables de mesures et observations, qui pourraient être la base d’une discussion ou d’un débat sur le caractère apocalyptique de l’évolution du climat. Il s’agit pour partie de mise en forme de données publiques, à l’image du site woodfortrees, ou de liens directs vers les laboratoires, universités ou organismes à l’origine des mesures. Difficile d’être plus crédible et factuel (les graphiques et légendes dans la citation ci-dessous  sont  des ajouts de ma part, afin de visualiser directement le contenu des liens).

00ced : Que contestez-vous, exactement ? Intéressez-vous aux mesures plutôt qu’aux modèles climatiques, plutôt qu’aux prévisions apocalyptiques invariablement énoncées au conditionnel.

Allez, quelques exemples :
évolution de l’enneigement dans l’hémisphère nord :
http://www.eike-klima-energie.eu/uploads/RTEmagicC_winter_03_txdam10788_1ab413.jpg.jpg

Enneigement dans l'hémisphère nord, de 1966 à 2015 (source NOAA)

Enneigement dans l’hémisphère nord, de 1966 à 2015 (source NOAA)

évolution de la fréquence des cyclones :
http://models.weatherbell.com/global_major_freq.png
Évolution de l’intensité des cyclones :
http://models.weatherbell.com/global_running_ace.png

Indice ACE 1970 - 2013

L’énergie cumulée des cyclones en zone tropicale de 1970 au 31 juillet 2013

Évolution des températures :
http://www.woodfortrees.org/plot/hadcrut4gl/from:1997/offset:-0.26/plot/gistemp/from:1997/offset:-0.35/plot/uah/from:1997/plot/rss/from:1997/offset:-0.10

Évolution des température de 1997 à 2015

Évolution des température de 1997 à 2015, selon les 4 organismes habilité : la NASA (GISS), Hadley Centre of the UK MET Office, University of Alabama Huntsville (UAH), Remote Sensing Systeme (RSS)

Évolution de la superficie de banquise, hémisphère sud :
http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/IMAGES/current.anom.south.jpg

Évolution de la superficie des glaces en Antarctique, 1979-2015

Évolution de la superficie des glaces en Antarctique, 1979-2015. Source : University of Illinois system

Même chose hémisphère nord :
http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/IMAGES/current.area.jpg

Étendue de la banquise arctique, janvier 1979 à février 2015

Étendue de la banquise arctique, janvier 1979 à février 2015. Source : University of Illinois system

Évolution du niveau des océans :
http://www.aviso.oceanobs.com/fileadmin/images/news/indic/msl/MSL_Serie_ALL_Global_IB_RWT_GIA_Adjust.png

Évolution du niveau des océans, 1993 à 2015

Évolution du niveau des océans, 1993 à 2015. Source : CNES (Centre national d’études spatiales) et du COTH (centre de topographie des océans et de l’hydrosphère)

Évolution du contenu thermique des océans :
http://oceans.pmel.noaa.gov/Figures/OHCA_curve_2013.pdf
Comparaison des mesures de températures aux modèles climatiques :
http://www.drroyspencer.com/2013/06/still-epic-fail-73-climate-models-vs-measurements-running-5-year-means/
Etc, etc, etc ad nauseam.
Personne ne nie qu’il y a évolution, mais où sont les mesures attestant qu’elle est de plus en plus rapide et mène à une catastrophe imminente, où est le recul suffisant pour le déterminer ?

Sknob : Je n’ai qu’une réaction : LOL. Vous auriez dû arrêter de lire après le premier paragraphe, comme je le conseillais dans le billet.

Je l’ai d’ailleurs mis à jour afin de remplacer « climatosceptique » par « climato-négationniste ». Merci @mathieumatiu.

Sknob ne prend pas la peine de consulter les liens fournis. Il les renie d’autorité, puisqu’il a raison et que j’ai tort. Il continue à dénigrer son interlocuteur en remplaçant le terme qui qualifie son opinion (sceptique) par un terme connoté, injurieux (négationniste). Par ailleurs, il aurait été dommage, de ma part, d’arrêter la lecture de son article après le premier paragraphe puisque, en dehors de cette histoire de changement climatique, il me paraît pertinent. Mais ce n’est pas le sujet ici.

3) La falsification

00ced : Ce qui est fantastique, c’est que je réponds avec du factuel, des mesures, des observations, des choses vérifiables issues d’un passé que vos modèles n’ont pas su prédire.

Vous n’opposez aucun argument probant à la réalité des observations que je vous propose, mais ce sont évidemment elles qui sont erronées. Et c’est moi qui viens d’une autre planète. Le négationniste.

Sknob : Je peux trouver une infinité de documents sur Internet « prouvant scientifiquement » que la terre à 6000 ans et que Jésus se déplaçait à dos de diplodocus.
https://answersingenesis.org/evidence-for-creation/the-10-best-evidences-from-science-that-confirm-a-young-earth/
http://www.truthingenesis.com/2013/01/18/dinosaurs-and-jesus-how-dinosaurs-lead-us-to-the-gospel/

Vous devriez commencer au commencement.
– Dix questions, dix réponses sur le changement climatique : http://www.reporterre.net/Dix-questions-dix-reponses-sur-le
– NOAA State of the Climate : http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/

Et vous demander quels travers psychologiques, tropismes idéologiques ou intérêts personnels vous poussent à nier l’évidence.

À des sources factuelles présentant l’état des observations, Sknob m’oppose deux arguments :

  • Il existe des sites web présentant des théories farfelues, ce à quoi j’aurais tendance à répondre « oui, et ? »
  • Un article issu d’un site traitant d’écologie (donc politiquement orienté) dont le présupposé est l’existence d’un récha changement climatique apocalyptique. Or, c’est justement ce présupposé que réfutent les climato-sceptiques, notamment en comparant les observations du monde réel aux théories et modèles.
Observations vs modèles

Observations vs modèles : Les cercles et les carrés sont les observations, les courbes colorées représentent les modèles climatiques et la ligne noire représente la moyenne des prévisions des modèles. Source : le blog du Ph. D. Roy Spencer

4) La censure

Le message suivant sera tout simplement censuré :

00ced : Les sources que je vous ai fournies sont des mesures issues soit des chercheurs eux-mêmes, soit des universités qui publient leurs travaux, soit d’une compilation de mesures publiques que vous pouvez consulter et recompiler/présenter par vous même.

drroyspencer.com/ est le blog du Ph.D. Roy Spencer. Il est le directeur de recherche qui compile les mesures de températures par satellite connues sous le nom de UAH (University of Alabama in Huntsville) ;

www.aviso.oceanobs.com est un site qui compile les données altimétriques obtenues par satellites, venant du CNES (Centre national d’études spatiales) et du COTH (centre de topographie des océans et de l’hydrosphère) ;

arctic.atmos.uiuc.edu est un département de recherche de l’université de l’llinois ;

oceans.pmel.noaa.gov est un département de l’institut météorologique américain

Vous m’y opposez les théoriciens de la Terre plate et Reporterre. Comment disiez-vous, déjà ? Ah oui : LOL…

Reporterre est un blog politiquement orienté. Ce n’est pas un mal en soi (je lis bien Babordages), vous pouvez partager les opinions qui y sont développées (je partage bien celles de Babordages), mais leur avis sur le climat n’a rien de scientifique.

Vous me citez la NOAA, que vous devriez lire plus attentivement. Par exemple, vous prétendez dans votre article que 2014 est l’année la plus chaude (info que vous aurez sans doute lue dans reporterre ou autre blog du même tonneau, prétendant citer la NOAA). Cette affirmation est tendancieuse en ce sens que la NOAA estime qu’il y a 48% de chances pour que ce soit le cas, la NASA 38%, tandis que les mesures satellites (plus précises) estiment que 2014 est la 3e ou la 6e année la plus chaude (UAH et RSS respectivement). Selon la nomenclature du GIEC, il est donc « very unlikely » très improbable que 2014 ait été l’année la plus chaude.
http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/briefings/201501.pdf

Le fait même que les mesures satellites, réputées les plus fiables, ne permettent pas de distinguer si 2014 est la 3e ou la 6e année la plus chaude en dit long sur la complexité des mesures et les marges d’erreur, et devrait conduire à un peu d’humilité quant à l’interprétation du changement climatique. Ce que font les scientifiques. Pas les politiciens.

Après, vous pouvez préférer les blogs politiques aux données, mesures et observations, mais insulter quelqu’un qui, justement, s’attache à lire les publications et les observations sur le sujet et vous fournit les données, sans vous donner la peine de les consulter et en reprochant aux « négationnistes » de ne pas lire lesdites publications, est-ce vraiment sérieux ?

Quant à nier l’évidence : je m’appuie sur les observations du monde réel, pas sur du lobbyisme politique ou sur des modélisations dont tout démontre qu’elles ne reproduisent pas la réalité (cf. mon lien vers Roy Spencer). À se demander qui est négationniste (dans le sens « nie la réalité »), du coup.

Je ne prétends pas que je dispose des connaissances requises pour déterminer l’existence ou non d’un réchauff changement climatique d’origine anthropique. Je ne suis ni scientifique, ni chercheur. Il existe simplement des éléments troublants, un décalage certain entre les prévisions d’Apocalypse et les observations, ainsi qu’une politisation outrancière et inquiétante de la question, qui me font douter. Le dénigrement, la négation des faits, la falsification et la censure, s’inscrivent pleinement dans la méthodologie à l’usage du petit négationniste. Finalement, le climato-négationniste n’est-il donc pas celui qui s’appuie sur les croyances colportées par une cohorte de sites à l’orientation politique certaine et aux références circulaires qui consistent notamment à démontrer l’existence d’un réch changement climatique apocalyptique par le présupposé de son existence, plutôt que celui qui base sa réflexion sur des données tangibles issues des mesures et observation ? Je pose la question.

Babordages.fr : Du climato-scepticisme et du climato-négationnisme

Babordages

Vous connaissez Babordages ? C’est un blog de joyeux gauchistes qui vous invitent à vous interroger sur la société, l’économie, la politique et toutes ces choses. Le ton y est décalé, un poil extrême. J’aime y butiner, et suis d’ailleurs abonné à leur compte twitter ainsi qu’à celui de certains des rédacteurs.

Et puis patatra. Un article de Sknob fait référence au réchauffement climatique. L’article débute par une attaque en règle contre le climato-scepticisme, arguant du fait que si tu es climato-sceptique, tu ne comprends rien aux enjeux écologiques ou économiques et tu es désireux de détruire la planète sur l’autel de la rentabilité. Parce que si tu es climato-sceptique, tu es capitaliste libéral et tu ne t’es jamais renseigné sérieusement sur le sujet, n’est-ce pas ?

Eh bien non. Il est possible d’être climato-sceptique parce qu’on s’est un peu renseigné sur le sujet. Rien qu’un peu. Un exemple : L’introduction de Sknob contient l’assertion suivante : « 2014 est l’année la plus chaude jamais enregistrée » . La réalité est un peu plus nuancée. Selon la NOAA (l’équivalent de Météo-France aux USA), les mesures terrestres indiquent que 2014 a bien été l’année la plus chaude, mais avec une probabilité de 48%. Cette probabilité est ramenée à 38% par les mesures terrestres de la NASA1. Les deux laboratoires qui analysent les données satellite situent 2014 en troisième position (RSS) et sixième position (UAH). La probabilité que 2014 ait été l’année la plus chaude est non nulle, mais reste du domaine de l’improbable.

Alors je prends mon clavier à deux mains pour répondre en ce sens à l’auteur de l’article, dont la sentence, cinglante, ne se fait pas attendre :

Je l’ai d’ailleurs mis à jour afin de remplacer « climatosceptique » par « climato-négationniste ». Merci @mathieumatiu.

Si le terme de climato-sceptique est idiot (je lui préfère celui de climato-réaliste), que recouvre celui de climato-négationniste ?

Négationnisme

À l’origine, le négationnisme désigne le fait de contester le génocide juif par l’Allemagne nazie. Par extension, le négationnisme désigne la minimisation de crimes contre l’Humanité. Le climato-négationniste doit donc se situer quelque part entre le nazi et celui qui laisse se perpétrer un crime contre l’Humanité en niant sa réalité. Il devrait être condamné et jeté en prison pour cela. Ou condamné à mort.

Motivations du négationniste

Le négationniste agit par idéologie (anti-sémitisme par exemple),  pour promouvoir une croyance ou une mémoire collective magnifiée,  ou encore afin d’éviter les conséquences d’un procès. La ligne de défense du négationniste ne consiste pas à nier sa responsabilité, mais à nier ou minimiser la réalité des faits. Le négationniste emploiera les contre-vérités, falsifications, ou le discrédit jeté sur les témoins pour appuyer ses thèses.

L’erreur de raisonnement

Le négationnisme consiste à nier l’existence de crimes contre l’Humanité, des événements qui se sont déroulés, des faits connus et documentés. Or, celui que l’on appelle communément climato-sceptique s’emploie à réfuter les conséquences des activités humaines sur l’évolution du climat du futur à l’aune des mesures et observations de l’évolution passée du climat. Comment peut-on accuser quelqu’un de nier un crime contre l’Humanité qui ne s’est pas produit ? Cela n’a tout simplement pas de sens.

Nous verrons dans un prochain article que les méthodes employées par les tenants d’un changement apocalyptique du climat, se rapprochent souvent des méthodes négationnistes.

Bonus

29 juin 1989 : « plusieurs pays pourraient disparaître sous les flots d’ici 10 ans » . Sont concernés les Maldives, les Seychelles, le Bengladesh, les îles du Pacifique, les Pays-Bas, Venise. 26 ans plus tard, les catastrophistes font toujours les mêmes prédictions, pour les mêmes pays.

 

1. Selon la NOAA, l’année 2014 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec +0.04°C par rapport à 2005 et 2010, avec une incertitude de ± 0.09°C.

Le morse du Pacifique, nouvel animal totem de la climastrologie ?

Le 3 octobre, j’apprends par le biais du tweet ci-dessous que des morses se réfugient sur une plage à cause du réchauffement climatique.

Intrigué, je lis l’article issu du blog d’Audrey Garric, lequel confirme que 35000 morses se sont réfugiés sur une plage d’Alaska où l’on ne trouve pas de glaces. En cause, le réchauffement climatique, bien entendu. En mélangeant quelque peu les saisons et le comportement des morses afin d’asseoir la thèse catastrophiste qui se joue sous nos yeux ébahis, et en rappelant de manière tendancieuse la superficie de la banquise arctique à la mi-septembre (la 6e plus petite enregistrée, alors qu’elle était censée avoir disparu), Audrey Garric nous assène comme argument d’autorité que les premiers rassemblement ont été aperçus en 2007. Par ailleurs, les experts du WWF nous confirment l’Apocalypse sous la plume le clavier de Mlle Garric :

« Les morses nous disent ce que les ours polaires nous ont dit et ce que beaucoup d’autochtones nous avaient dit : l’environnement arctique change extrêmement rapidement, c’est le moment pour le reste du monde d’en prendre connaissance mais aussi de prendre des mesures pour s’attaquer aux causes du changement climatique. » Margaret Williams, directrice du programme arctique du WWF.

Morses échoués sur une plage

Morses échoués sur une plage

Google Actualité m’indique que l’affaire fait grand bruit sur l’ensemble de la blogosphère écolo-climatique : tous répètent à l’envi qu’il s’agit bien là de la preuve irréfutable des dégâts provoqués par les méchants humains sur les pauvres animaux polaires.

Amusons-nous à découvrir le mode de vie, les habitudes des morses.

Wikipédia propose un article assez détaillé sur les morses, par ailleurs reconnu comme « article de qualité » depuis sa version du 4 mai 2010. Un passage est particulièrement intéressant, il s’agit du paragraphe intitulé Biotope et migrations, je cite (j’ai graissé les passages les plus marquants)

En dehors de la saison des amours et de gestation, c’est-à-dire à la fin de l’été et en automne, les morses forment des colonies de plusieurs dizaines de milliers d’individus sur les plages ou les affleurements rocheux. Ils sont contraints à suivre tour à tour l’expansion puis le recul de la banquise, les femelles et les jeunes demeurant sur la glace en toute saison, les mâles reproducteurs préférant passer l’été sur les côtes et îlots rocheux. La migration peut être longue et spectaculaire. À la fin du printemps et en été, par exemple, plusieurs centaines de milliers de morses du Pacifique migrent de la mer de Béring à la mer des Tchouktches à travers l’étroit détroit de Béring. Souvent les mâles restent dans le Sud, seuls les femelles et les jeunes migrant. Certains individus parcourront plus de 3 000 km par an.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Morse (animal) de Wikipédia en français (auteurs)

Par ailleurs, l’article de Wikipédia sur Point Lay, où se seraient échoués les morses en mal de banquise, nous indique que la température peut atteindre 26°C en été : il serait étrange d’y trouver habituellement de la banquise en septembre.

Journaliste, un beau métier d’investigation encadré par la déontologie

Prévenue, Audrey Garric (journaliste au Monde), n’a ni modifié, commenté ou retiré son article. Les grands médias francophones auront tous relayé une fausse information, dont la vérification tient en une simple consultation d’une encyclopédie en ligne. Je lisais il y a quelque temps, que le problème avec les climato-sceptiques, c’est qu’ils disent 10 contrevérités par minutes, et qu’il faut 10 minutes pour démonter proprement chacune des contrevérités énoncées. Il semble que l’on connaisse le même problème avec les zélés journalistes spécialistes du climat et toutes ces billevesées. Le seul problème, c’est qu’ils sont autrement plus médiatisés que les premiers.

Premiers réfugiés climatiques, #oupa

Ces jours-ci, la presse s’est félicitée d’un jugement néo-zélandais reconnaissant le statut de réfugié climatique.

Si l’on en croit l’article de youphil.com , la Nouvelle-Zélande accueille officiellement des réfugiés climatiques. On y apprend qu’une famille originaire de Tuvalu, a obtenu le statut de réfugié à titre humanitaire en Nouvelle-Zélande en août 2014, après y avoir vécu de 2007 à 2009 avec un visa et depuis 2009 sans papiers.

L’article de youphil.com, mais également celui de la Dépêche.pf, lesoir.be ou de radioaustralia.net.au lie ce statut de réfugié humanitaire au réchauffement climatique, qui se ferait déjà ressentir sur l’île de Tuvalu notamment par le biais des puits pollués par l’eau de mer qui s’y infiltre : il s’agirait donc des premiers réfugiés climatiques.

C’est une belle histoire. Alors je suis allé consulter des documents de première main pour voir jusqu’à quel point elle était crédible. J’ai donc lu le texte du jugement (ou ici) qui, bien que n’étant jamais cité dans les sources d’articles de presse, a forcément été consulté par tous les rédacteurs des articles sur le sujet, n’est-ce pas ? Quelle ne fut pas ma surprise de constater que ce texte racontait une toute autre histoire. Je vous la résume.

Le jugement

Les arguments de la famille

Résumé : La famille qui demande asile est originaire de Tuvalu, archipel surpeuplé (450 habitants/km²) menacé par la montée des eaux : les îles qui le composent culminent à 5 mètres au dessus du niveau de l’eau. Il s’agit d’un couple trentenaire et de deux enfants.

Le mari a été professeur à Tuvalu de 1999 à 2007. La femme était assistante scolaire à Tuvalu également. En 2007, le couple et la mère du mari émigrent en Nouvelle-Zélande avec un visa touristique. Le mari trouve du travail dans un fast-food. 5 sœurs du mari vivent légalement en Nouvelle-Zélande ; l’ensemble de la famille est parfaitement intégrée et soudée. Le mari, en tant que fils aîné, est responsable de sa mère et l’accompagne chez le médecin ou à la messe. La mère vit chez lui. Le couple a 2 enfants, nés en Nouvelle-Zélande. L’aîné va à l’école et est parfaitement intégré.

À compter de 2008, le mari effectue des démarches pour obtenir un visa permanent. Il fait appel à un agent d’immigration qui le conseille mal : ses demandes sont successivement déboutées. En 2014, il demande le statut de réfugié humanitaire, en ajoutant aux arguments ci-dessus que l’archipel de Tuvalu ne permet pas d’assurer la sécurité socio-économique et la santé de sa famille en raison des aléas climatiques présents et futurs.

La conclusion du tribunal

Le statut de réfugié humanitaire requiert 2 éléments en droit néo-zélandais :

  • L’existence de circonstances exceptionnelles d’ordre humanitaire telles qu’il serait injuste ou trop sévère pour l’appelant d’être déportés de la Nouvelle-Zélande;
  • La présence du requérant en Nouvelle-Zélande ne nuit pas à l’intérêt général.

Ce statut est accordé à la famille pour les raisons suivantes :

Circonstances exceptionnelles retenues

[30] Le tribunal est convaincu, sur la foi de l’ensemble des éléments évoqués ci-dessus, qu’il existe des circonstances exceptionnelles à caractère humanitaire qui rendraient injuste l’expulsion des appelants.

[31] Les appelants sont des membres proches d’une famille qui a migré en Nouvelle-Zélande dans son intégralité. La mère de l’époux, matriarche de la famille, s’appuie notamment sur ce dernier en tant que seul fils, pour assurer ses besoins de mobilité ou de soins. Sur les 22 petits-enfants de la famille, tous sauf 3 vivent en Nouvelle-Zélande. L’expulsion des appelants à Tuvalu équivaudrait à une rupture particulièrement importante du tissu familial néo-zélandais qui s’étend sur 3 génération. Elle aurait également une incidence sur la vie de la mère du plaignant, résidente de Nouvelle-Zélande qui s’appuie sur lui pour ses besoins de mobilité.

[32] En ce qui concerne la question du changement climatique, si le tribunal accepte l’idée selon laquelle l’exposition aux effets des catastrophes naturelles peut en termes généraux être une circonstance humanitaire, il rappelle néanmoins que la preuve dans les appels tels que celui-ci ne doit pas seulement établir seulement l’existence d’une préoccupation humanitaire, mais  aussi l’existence de circonstances exceptionnelles d’ordre humanitaire telles qu’il serait injuste ou trop sévère d’expulser l’appelant de Nouvelle-Zélande.

[33] Il n’est cependant pas nécessaire dans le cas d’espèce d’approfondir cette question pour parvenir à une conclusion, le tribunal ayant la certitude que les autres facteurs identifiés, il existe des circonstances exceptionnelles humanitaire au sens envisagé par Glazebrook J ministre de l’Immigration, et qu’il serait injuste ou trop sévère pour que les appelants soient expulsés de la Nouvelle-Zélande.

Intérêt public

[34] Il n’y a pas d’intérêt public défavorable dans ce cas. Le mari a  les qualifications professionnelles de professeur et a occupé un emploi dans une chaîne de fast-food. Le mari est un professeur qualifié et a la potentiel pour se qualifier en tant que professeur dans ce pays et d’agir comme un modèle pour d’autres résidents ou citoyens des enfants d’origine de Tuvalu.

[35] Le Tribunal ne méconnaît pas que le mari et la femme sont devenus illégaux en Nouvelle-Zélande en 2009 et sont restés en Nouvelle-Zélande sans statut durant quelques courtes périodes. Toutefois, le Tribunal constate que cela tenait en partie à cause des mauvais conseils de son agent d’immigration, sur lesquels il s’est appuyé, et qu’au cours de cette période de présence illégale en Nouvelle-Zélande, le mari cherchait à régulariser sa situation et a partiellement réussi à le faire. Il ne s’agit pas du cas d’un individu cherchant à se cacher des services d’immigration. La violation de La Loi sur l’immigration dans ce cas ne l’emporte pas sur d’autres facteurs positifs dans ce cas et de créer un intérêt public à l’expulser.

[36]… Permis de travail & co

 

Dès lors, conclure qu’il s’agit là du premier cas de réfugiés climatiques reconnus par la Nouvelle-Zélande est une hypothèse pour le moins osée, le tribunal n’ayant pas jugé pertinent de statuer sur cet argument mais seulement sur la situation actuelle des appelants ainsi que les conséquences sociales et familiales qu’entraînerait une expulsion de ces derniers.

Climat : juin 2014 le plus chaud jamais enregistré, devant 1998

Il aura suffit du rapport mensuel de la NOAA indiquant notemment que le mois de juin 2014 est le mois de juin le plus chaud jamais enregistré pour que la médiasphère inonde le Net de ses prévision d’Apocalypse climatique, par exemple sur Libération ou notre-planete.info.

On y apprend que ce record s’inscrit dans une tendance lourde de réchauffement climatique, que juin 2014 est le 38e mois de juin consécutif ayant une température moyenne supérieure à la moyenne du 20e siècle pour ce même mois ou que la dernière fois que la température d’un mois de juin a été inférieure à cette moyenne remonte à juin 1976. Bref : ce rapport confirme sans ambiguïté l’Apocalypse climatique.

À la lecture du rapport proprement dit, on peut lire que juin 2014 dépasse le précédent record de températures globales (atmosphère et océan) de 1998 de… 0,03°C. Qu’est-ce que cela signifie ?

Tout d’abord, il convient de comparer les mesures : un record, dans l’absolu, ne signifie rien tant qu’on ne la compare pas à la norme. Or, aucune mesure de juin n’a dépassé le record de 1998 pendant les 16 années qui ont suivi dans un contexte de réchauffement global sans précédent.

Mettre en exergue la seule mesure de juin 2014 dans une série invalidant la thèse du réchauffement climatique a un nom : il s’agit de cherry-picking (cueillette des cerises en françois). Une méthode bien connue des manipulateurs.

Incertitude

Ce qui est intéressant, c’est de constater que le record de juin 2014 est supérieur de 0,03°C au précédent record, avec une incertitude de ± 0,08 °C. C’est à dire qu’il s’agit peut-être d’un record, mais peut-être pas.

Réchauffement ?

Encore plus intéressant : selon les modèles climatiques, le réchauffement devrait être de 0,2°C par décénnie de telle manière que le record de juin 1998 devrait être non pas exceptionnel, mais dépassé chaque année depuis au moins 5 ans. Il n’en est rien, évidemment.

Et voilà une non-information supplémentaire à propos du supposé réchauffement climatique, montée en épingle par des journalistes toujours en quête de leur premier réfugié climatique. Une autre non-nouvelle qui fait plouf. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

 

A quoi ressemblerait un monde avec 4 degrés de plus?

Ce n’est pas le scénario du dernier block buster américain, mais bel et bien l’interrogation de Moisés Naím (traduit par Micha Cziffra) publiér par Slate. Rien de bien nouveau sous le soleil, mais une partie de cette fiction m’a (une nouvelle fois) incité à écrire un article.

Votre réaction après avoir lu tout ce qui précède? Elle entre probablement dans l’une de ces trois catégories:

1.Négation et scepticisme

«Il n’y a pas de réchauffement planétaire. C’est exagéré. Ce sont des spéculations, on n’est pas sûr que cela arrivera vraiment. Les changements de température sont des fluctuations normales, et non le résultat des activités humaines. Notre modèle de développement a aussi des conséquences positives qui compensent ses effets indésirables.»

La première de ces réactions (le scepticisme) néglige le fait que 97% des articles scientifiques concluent que la planète se réchauffe du fait des activités humaines. Elle ignore aussi que 40 fondations reçoivent 900 millions de dollars par an de la part de secteurs qui ont intérêt à répandre le doute au sujet du changement climatique.

J’aimerais, moi aussi, rappeler deux ou trois faits :

En utilisant la même méthode « scientifique » qui a permis de déterminer que 97% des articles scientifiques concluent que la planète se réchauffe du fait des activités humaines, il est possible de prouver que 99,90% des Peugeot sont rouges. C’est dire la rigueur qui sous-tend ce genre d’argumentaires.

Aux 900 millions de dollars par an de la part de secteurs qui ont intérêt à répandre le doute au sujet du changement climatique, on pourrait opposer les sommes collectées/distribuées pour sauver le climat : la spéculation à hauteur de 565 milliards de dollars attendue en 2020 sur les marchés carbone dans lesquels le milliardaire écologiste américain Albert Arnold Gore fait affaire, ou la transition énergétique qui coûte la bagatelle de 3,5 milliards d’euro chaque année pour les seuls français, afin de développer un réseau de production électrique exempt de CO2 (ce qui s’inscrit dans un dogmatisme coûteux dans un pays qui produit plus de 80% de son électricité sans rejet de CO2) : on ne me fera jamais croire que ces sommes colossales ne profitent pas à certains acteurs économiques et politiques.

Même si, comme l’affirme l’article « la température moyenne de la planète était restée quasi constante, n’oscillant en moyenne qu’entre 1°C et 1,5°C [sur les 8000 dernières années] », il faut noter que la température n’a augmenté que de 0,8°C depuis 1850, et que l’on fait face depuis près de 20 ans à une stagnation de cette dernière alors même que l’homme rejetait un quart de la totalité du CO2 qu’il ait jamais produit. La hausse des températures sur près de 20 ans, c’est ça :

Températures moyennes de la Terre entre 1997 et 2014

Températures moyennes de la Terre entre 1997 et 2014

Le réchauffement climatique vu par les prophète de l’Apocalypse, c’est ça :

Modèles climatiques vs observations

courbes des modèles climatiques. La ligne noire est le scénario le plus probable. Les carrés et les points représentent les mesures

Il est dès lors permis de se demander qui jette le doute sur le réchauffement climatique : les méchants négationnistes du climat qui s’appuient sur les mesures du monde réel, ou bien les gentils prophètes de l’Apocalypse qui prévoient 4°C de plus dans un siècle à l’aide de modèles numériques dont tout démontre qu’ils sont incapables de prévoir le présent, justifiant ainsi un peu tout et n’importe quoi pour expier nos péchés ?