Archives pour la catégorie Nancy

La ville où je vis

Les #gougnafiers et le monsieur désagréable

Comme chaque matin (ou presque), voitures sur la bande cyclable. Lassé de la médiation qui engendre insultes ou moqueries, je passe en retournant le rétroviseur (sans dégâts pour la voiture, mais ça a la particularité d’agacer le conducteur : à charge de revanche). L’insulte fuse, discussion. Enfin, tentative… Enjoy.


le monsieur désagreable qui voulait circuler à… par zerozeroced

Timelapse : 20 minutes de l’usage d’ une bande cyclable à Nancy

Voici ce qu’il se passe lorsqu’on laisse une caméra tourner pendant 20 minutes devant certaines bandes cyclables nancéiennes (la vidéo dure 50 secondes) :


20 minutes d’usage d’une bande cyclable à Nancy par zerozeroced

Le concept de partage de l’espace urbain semble avoir été bien compris par une frange de la population. Il ne reste plus à leur expliquer comment cela fonctionne.

Pour l’anecdote, à cet endroit alors que je passais à vélo sur la chaussée quelques minutes avant l’enregistrement, un automobiliste ouvre sa fenêtre et s’excuse en me disant « mais je reste dans la voiture, dans le cas où » . Je lui rétorque que justement, c’est le cas où car j’aimerais emprunter la bande cyclable à vélo. Fort logiquement, il me répond « ça ne servirait à rien, il y a 3 voitures devant moi » . C’était, ma foi, parfaitement exact.

Du bon usage des voies de bus multimodales cyclables

Stanway (of life)

Pourquoi créer des pistes cyclables lors de la réfection totale de la voirie en vue de créer une ligne de bus en site propre, lorsqu’on peut faire cohabiter bus et cyclistes agréablement et en toute sécurité ? Le Grand Nancy a donc choisi cette solution qui comprend de nombreux avantages (c’est moins cher par exemple, et c’est aussi meilleur marché, et puis voilà) et quelques inconvénients que je me propose d’illustrer par le biais de petites vidéos.

Aujourd’hui : comment le cycliste doit-il aborder le dépassement du Stanway (of life) ?


Nancy : Du bon usage des voies de bus… par zerozeroced

Nancy : mobilité pour tous, qu’ils disaient…

Le numéro de juillet-août 2013 de « Grand Nancy Actu » propose un petit supplément  intitulé « la mobilité pour tous » . Il s’agit d’un vadémécum d’une dizaine de pages, un autostatisfecit béat à la gloire des échecs les plus cuisants de ces 15 dernières années en matière de déplacements urbains. À dévorer ad nauseam.

Les chiffres-clés du plan de déplacements urbains

Après un édito jargonant sur la nécessité, pour le travailleur, d’user d’intermodalité en multipliant les moyens de transports pour se déplacer en ville, un encart met en exergue les chiffres clé du déplacement urbain sur les 6 dernières années.

On notera la baisse du nombre de victimes de 44%, une augmentation de la fréquentation des transports en commun de 13% et une baisse du trafic dans les mêmes proportions. Mystérieusement, le trafic pénétrant, qui reste quand-même prépondérant, n’aurait baissé que de 4%. Si le bilan affiche un rare optimisme, le ressenti de l’usager que je suis, à la fois piéton, cycliste et plus rarement usager des transports en commun et automobiliste, reste plus réservé. Pourquoi ?

Les transports en commun

Les services de transports en commun ne permettent pas aux automobilistes venant des autoroutes d’Épinal/Lunéville, Toul ou Metz, de les emprunter : les lignes de TEC ne sont pas sur leur parcours et il n’existe pas de stationnement pour les accueillir. Concernant l’axe sud que je connais plus particulièrement, les automobilistes passant par le parc des expositions ou par le boulevard Lobau ne sont incités à aucun moment à emprunter les transports en commun : aucun arrêt avec (ou sans d’ailleurs) places de parking à l’appui, n’a été prévu dans le secteur.

Pire : la nouvelle ligne 2 qui passe pourtant non loin de là à Jarville-la-Malgrange, ne dispose ni ne disposera de parking relais à proximité des sorties de l’autoroute : le seul parking-relais prévu est à 3 km de là, à l’opposé du centre de Nancy au milieu de Laneuveville-devant-Nancy, et proposera 30 places dans un premier temps (90 à terme). Un terrain s’est pourtant libéré il y a quelque temps en face de la mairie de Jarville, à quelques centaines de mètres de l’autoroute et facilement accessible, mais on a préféré y construire des immeubles plutôt qu’un parking relais.

L’automobile, la pestiférée…

… que l’on n’ose pas bouter hors de la ville trop brutalement et que l’on préfère asphyxier à petit feu par le biais d’infrastructures ou d’entraves à la circulation (mais pas au stationnement sauvage).

Cependant, la CUGN aura beau détruire consciencieusement tout le système d’onde verte pour lequel elle a été précurseur dans les années 70 ou limiter le nombre de voies de circulation entrantes pour décourager les automobilistes qui viennent de l’extérieur, ils continueront de venir, de bouchonner et de polluer tant qu’ils n’auront aucune alternative.

Il y a encore une dizaine d’années, il était possible d’atteindre le centre de l’agglomération par les voies structurantes sans jamais s’arrêter à un feu rouge. J’ai souvenir du boulevard Lobau qui se négociait à la fin des années 1990, à 60-70 km/h en conservant le vert sur l’ensemble des carrefours traversés. Si ces vitesses ne sont plus souhaitables dans le contexte actuel, un moyen terme serait d’éviter les arrêts intempestifs à chaque feu, imposés par une désynchronisation savante de ces derniers pour des raisons dogmatiques qui ont pour principales conséquences d’exaspérer les conducteurs et de brûler d’énormes quantités de carburant en pure perte. Pour exemple, mon véhicule, une citadine essence, consommerait environ 3.5 l/100 km à vitesse stabilisée sur les 1.5 km du boulevard Lobau. Avec le système de feux actuel, et compte tenu d’une circulation fluide sur la même artère, le même véhicule consomme 10 l/100, soit 3 fois plus ! Pour 1000 véhicules répondant aux critères du parc moyen français, cela entraîne une surconsommation inutile de l’ordre de 100 litres, soit 245 kg de CO2 (si tant est que ce chiffre ait un sens). Nancy est traversée par 60 000 véhicules par jour ! Testez votre voiture et votre parcours et laissez-nous le résultat en commentaire.

Le vélo, l’alibi « vert »

Le réseau cyclable de la ville a bondi de 80% en 6 ans. Évidemment, le dépliant de la CUGN vante les itinéraires cyclables dont la surface croît de manière exponentielle. C’est oublier que le terme « itinéraire » est quelque peu usurpé, les bandes cyclables ayant la fâcheuse tendance à constituer un ensemble discontinu de tronçons plus ou moins bien signalés et ne permettant pas, par exemple, de rallier le sud de l’agglomération (Jarville, Heillecourt, Vandoeuvre-lès-Nancy par le parc des expositions ou toute voie parallèle) au centre ville.

contresens-cyclable-20130802

Véhicules de la mairie de Nancy à leur emplacement habituel sur le contresens cyclable devant des places de stationnement libres, rue Barrès. À admirer du lundi au vendredi, de midi à 13h hors congés du conducteur. Gratuit.

Le décret du 30 juillet 2008 permettant le contresens cyclable sur toute voie limitée à 30 km/h est une aubaine pour la CUGN : la limitation à 30 km/h, qui a le bon goût de répondre au Dogme anti-voitures-un-peu-mais-pas-trop, fleurit un peu partout avec son lot de contresens cyclables dûment décomptés en tant que réseau cyclable, alors qu’il ne s’agit pas d’aménagements à proprement parler mais de simple application de la loi : Ils constituent aujourd’hui 50% de l’augmentation du réseau sur les 6 dernières années avec 52 km « créés » depuis 3 ans. Notons que le tourne à droite faisant partie du « paquet vélo » facilitant la vie des cyclistes n’a pas été mis en place à Nancy, seule compte la vitrine « verte » .

Bande cyclable à Nancy

Sous ces voitures en stationnement, une bande cyclable permet aux cyclistes de circuler agréablement et en toute sécurité.

Le Dogme anti-voitures-un-peu-mais-pas-trop impose de limiter le nombre de voies ou de les rétrécir ? Un coup de peinture, et voilà une bande cyclable toute neuve. Peu importe qu’elle serve essentiellement au stationnement des voitures, peu importe  que l’ensemble soit incohérent, le but est juste d’annoncer un réseau cyclable de plusieurs centaines de kilomètres. Intégrer de vraies voies cyclables lors de la création d’une ligne de bus en site propre est trop onéreux ? Il suffit d’élargir la voie de bus de quelques dizaines de centimètres et de décréter la voie de bus cyclable : rien de plus agréable pour un cycliste que de se faire frôler par un engin de 20 tonnes, et pour un chauffeur de bus à « haute qualité de service » astreint par ses horaires que de ralentir à cause des cyclistes : voilà de quoi confronter la tolérance des uns et des autres.

Piste cyclable à Nancy

Piste cyclable, dont la fonction première reste évidemment le stationnement.

Habitant à quelques centaines de mètres d’un des points névralgiques de Nancy, le parc des Expositions, aucun itinéraire cyclable ne me permet d’aller vers le centre gare ou d’en revenir. L’un des itinéraires suit pourtant pour partie les voies du « tram » construit en 2001, pour lequel la CUGN était théoriquement obligée de construire une voie cyclable parallèle et indépendante : las, malgré des trottoirs démesurés et des places de stationnement de chaque côté de la chaussée imposant aux automobilistes de traverser les voies du tram sur lesquelles les cyclistes n’ont pas le droit de circuler, ces derniers se voient imposer de circuler sur la seule voie de circulation au milieu des automobilistes excédés par l’onde rouge décrite précédemment. Pour leur sécurité, évidemment.

Voie de bus cyclable, où bus et vélos sont censés se dépasser mutuellement agréablement et en toute sécurité

Voie de bus cyclable, où bus et vélos sont censés cohabiter agréablement et en toute sécurité

Grâce à un PDU qui se caractérise par son absence de zone piétonne, un réseau de bus inadapté pour qui n’habite pas à Nancy ou commune limitrophe, son dogme anti-voitures-un-peu-mais-pas-trop qui entraîne surconsommation et perte de temps, et son réseau cyclable inutilisable, la CUGN a réussi la prouesse de mécontenter tout le monde. Mais les indicateurs de satisfaction choisis par les représentants du Grand Nancy n’intègrent pas le ressenti de « tout le monde » et sont par conséquent tous au vert, eux. Et c’est bien là l’essentiel.

22 juin 2013 : Vélorution nancéienne

Les nouveaux aménagements de la ligne 2 de Nancy, dont je vous ai déjà parlé, a donné une occasion supplémentaire aux cyclistes nancéiens de revendiquer l’espace promis : l’amènagement de l’avenue de Strasbourg ne donne pas satisfaction.

Rendez-vous était donné place Thiers, face à la gare, ce samedi 22 juin sur le coup de 11h du matin. Bien que motivés, nous ne fûmes pas très nombreux à répondre à l’invitation du collectif du Vélorution : email tardif, horaire peu habituel y sont peut-être pour quelque chose. Au programme, le mécontentement des nouveaux aménagements cyclistes le long de la ligne 2 des transports en commun de Nancy, un rendez-vous avec le maire de Laneuveville dont la commune a réduit les aménagements cyclables à la portion congrue, pique-nique au parc de Montaigu, et accompagnement des cyclistes se rendant à vélo à la Vélorution nationale à Marseille.

Comme d’habitude, le cortège s’est ébranlé dans un joyeux vacarme, mélange de bruits de sonnettes mais aussi des musiciens du vélo à six places. Comme d’habitude, nous avons pu constater que si l’automobiliste considère l’espace cyclable comme un espace à partager, il considère la chaussée comme son territoire inaliénable. Et comme d’habitude, nous avons eu affaire à deux specimens prêts à rouler sur du cycliste pour avancer plus vite. Fort heureusement, pas de dégâts et une ambiance festive ont vite faitoublier ces incidents.

Je n’ai malheureusement pu assister qu’à la première partie, dont je vous présente la vidéo :


22 Juin 2013 : Vélorution Nancy par zerozeroced

Afin d’illustrer l’espace potentiel séparant un cycliste d’un bus sur la voir cyclable/de bus de l’avenue de Strasbourg, voici une petite photo (désolé pour la qualité) :

bus sur la voie de bus de l'avenue de Strasbourg (Nancy)

bus sur la voie de bus de l’avenue de Strasbourg (Nancy)

Nancy, ligne 2 et piste cyclable avenue de Strasbourg

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La nouvelle « piste » cyclable avenue de Strasbourg

Le tracé de la ligne 2 de tram bus en site propre nancéien commence à prendre forme. L’avenue de Strasbourg reçoit donc un enrobé tout neuf, les voies sont tracées. Promesse était faite de privilégier les modes de transport dits « doux »1 en évitant de réitérer les erreurs de la ligne 1. Bon, je mets tout de suite fin à un insoutenable suspense,  c’est globalement raté.

Le gros des travaux a donc consisté à supprimer l’une des deux voies de circulation dans chaque sens, et à la remplacer par une voie de bus. Et c’est tout.

Les cyclistes devront donc partager la voie avec les bus (ce n’est pas vraiment une surprise, mais bon). L’expérience, rue Saint-Dizier notamment, démontre que la cohabitation ne se passe pas forcément très bien, et que ce n’est jamais à l’avantage du cycliste. Il aurait suffit de tracer le trottoir, puis la bande cyclable, puis la voie de bus puis la voie de circulation et enfin un stationnement central en épis par exemple pour séparer, assainir et sécuriser définitivement l’espace dédié aux modes de transports dits « doux ». Mais non, pas à Nancy : on préfère créer des trottoirs disproportionnés où le piéton se fait plutôt rare, plutôt que de dédier 1 mètre séparé de la chaussée au seul usage des cyclistes. On préfère faire cohabiter les cyclistes avec des engins de 20 tonnes roulant à 50 km/h plutôt qu’avec des piétons : il faut croire que le bus a un contact plus doux pour le cycliste que ce dernier pour le piéton, allez savoir.

Par ailleurs, la photo suivante montre la place potentielle laissée à un cycliste lorsqu’il se fait dépasser par un bus :

piste-cyclable-avenue-de-Strasbourg-Nancy-2-20130618

Le bus devrait occuper l’espace délimité par les zébras jaune Un cycliste devrait logiquement bénéficier, au mieux de l’équivalent de l’espace laissé entre la délimitation de la voie de bus et le zébra. Autant dire, pas grand chose.

Imaginez que vous vous fassiez dépasser par un bus dont la largeur ne permet pas de vous laisser l’espace réglementaire d’1 mètre, hors rétroviseur. Évidemment, la vraie bonne idée est d’avoir laissé le stationnement le long du trottoir, générant ainsi des manoeuvres de la part des automobilistes sur la voie de bus, mais également l’accessibilité et donc le stationnement sauvage sur cette dernière.. D’ailleurs, ça a déjà commencé :

piste-cyclable-avenue-de-Strasbourg-Nancy-3-20130618

Voiture stationnée sur la voie de bus

Encore un beau n’importe quoi et des promesses non respectées : les cyclistes servent toujours de faire-valoir, la ville va encore s’enorgueillir de son réseau cyclable qui reste impraticable au quotidien. Dégoûté.

1 Expression imbécile signifiant « sans moteur ». Imbécile, parce que si tu te prends mon quintal lancé à 30 km/h en pleine face, on rediscutera de la notion de « doux ».