2016 année la plus chaude

Article rédigé le 22 janvier 2017

Ça y est. Depuis quelques jours, les médias jouent à nous faire peur à propos de 2016 année la plus chaude. Ainsi, Coralie Schaub  dans son article  sur Libération du 19 janvier 2017, multiplie-t-elle les contre-vérités et mensonges pour accréditer la thèse apocalyptique. À ce niveau de désinformation, ce travail mérite un prix.

2017 a donc battu tous les records de température. Selon cet article, « c’est ce qu’ont annoncé mercredi l’Organisation météorologique mondiale (OMM, qui dépend des Nations unies) et deux institutions américaines, la NASA et l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). » Il se trouve que ces trois organismes s’appuient sur les mêmes données, celles de la NOAA. Il ne s’agit donc pas de travaux indépendant, et il est donc logique que la conclusion soit la même. Il existe d’autres instituts de mesures dont les données sont indépendantes, comme celles de l’université d’Alabama Huntsville (UAH) qui, s’appuyant sur des mesures par satellite, n’aboutissent pas tout à fait aux mêmes conclusions.

« Elle [2016] a dépassé d’environ 0,07°C le précédent record de 2015« . Ce qu’omet de dire Mme Schaub, c’est que la marge d’erreur est de 0,1°C selon la NOAA, c’est dire si l’on est dans l’épaisseur du trait.

Par ailleurs, les mesures de la NOAA ont la particularité d’être évolutives : Si vous téléchargez les mesures publiées dans leur version d’août 2005 et dans  celle de novembre 2016, l’anomalie moyenne pour la période 1880-1900 passe de -0.24°C à -0.49°C et la période 1980-2000 de 0.34°C à 0.43°C. Cela signifie que pour la même période 1880-1900 / 1989-2000, le réchauffement climatique est passé de 0.58°C dans la version de 2005 à 0.92°C dans celle de 2016, par le biais des seuls ajustements.

L'évolution des températures mondiales entre 1880 et 2004, dans leurs versions publiées en 2005 et 2016.

L’évolution des températures mondiales entre 1880 et 2004, dans leurs versions publiées en 2005 et 2016, ajustée à +0.73°C pour faire en sorte que 0°C corresponde à l’année la plus froide jamais enregistrée, 1887 dans la version 2016.

Ce record intervient, comme en 1998, au moment d’un el nino particulièrement fort, ce qui n’indique pas un réchauffement, mais est juste un artefact de mesure dans un contexte chaotique mais sans hausse significative depuis maintenant près de 20 ans. Au mois de janvier, les mesures sont à nouveau dans la moyenne des 20 dernières années. Voici ce que montrent les mesures satellite RSS et UAH :

Mesures satellite Remote Sensing System (RSS) entre janvier 1998 et décembre 2016

Mesures satellite Remote Sensing System (RSS) entre janvier 1998 et décembre 2016, montrant une hausse des températures de l’ordre de 0,045°C par décennie, soit 0,45°C par siècle.

Mesures satellite UAH entre janvier 1998 et décembre 2016, montrant une hausse des températures de l'ordre de 0,045°C par décennie, soit 0,45°C par siècle.

Mesures satellite UAH entre janvier 1998 et décembre 2016, montrant une hausse des températures de l’ordre de 0,045°C par décennie, soit 0,45°C par siècle.

Ce qu’il en ressort, c’est que el nino est un simple artefact qui ne préjuge en rien de l’évolution future du climat.

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