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Climat : températures et CO2 grimpent

C’est un commentaire de l’article de Sylvestre Huet « Climat : températures et CO2 grimpent » qui m’incite à rédiger ce billet :

Bon article, net, concis. Avec les références aux multiples instituts de recherche qui contribuent à de telles études. Hélas, comme pour l’article sur le rongeur australien, nous allons voir débarquer les « douteurs » (car le « doute est le fondement de toute démarche scientifique », nous disent-ils sans justifier d’aucun formation scientifique) qui vont « douter » de toutes ces courbes et résultats. Par contre, ces même personnes, si on leur diagnostique un cancer, ne vont jamais « douter » de leur maladie.

Je ne suis pas scientifique, mais je recoupe les informations à ma disposition. Cela fait indubitablement de moi un « douteur » . Et concernant le réchauffement climatique, je ne suis jamais déçu.

M. Huet débute par une série de données brutes issues de la seule NOAA, les plus alarmistes, relatives aux températures mondiales de mai 2016, sans en citer la source et en insistant uniquement sur l’aspect record et en affirmant « que l’objectif fixé à la COP-21 de viser une hausse maximale de 1,5°C relativement à la période pré-industrielle (1750) [la science retient 1850 habituellement. Faute de frappe ? NDR] est hors de portée » . Or, ce qui caractérise mai 2016, y compris dans les chiffres de la NOAA, c’est la confirmation de la fin d’un épisode el nino particulièrement important, accompagné d’une baisse rapide des températures.

Températures de la Terre de janvier 2014 à mai 2016 selon la NOAA (GISS)

Températures de la Terre de janvier 2014 à mai 2016 selon la NOAA (GISS)

Loin de confirmer une hausse rapide des températures, le mois de mai semble indiquer un retour à « la normale » des températures, suite à un épisode chaud qui caractérise el nino, phénomène récurrent, connu, et parfaitement naturel. La NOAA à l’origine des chiffres cités par M. Huet l’admet d’ailleurs dans son rapport mensuel :

Les températures moyennes mondiales terrestre et de surface des océans de mai 2016 ont été les plus basses depuis Août 2015 et, à la différence des cinq derniers mois (Décembre 2015 en Avril 2016), n’a pas dépassé 1,0 ° C (1,8 ° F ). Mai 2016 est à égalité avec Juin 2015 et Août 2015, le 12e le plus chaud depuis le début des mesures.

Parallèlement à cette baisse de la hausse des températures, M. Huet note que le taux de CO2 passe au-dessus des 400 parts par millions à la station de mesure de l’île d’Amsterdam. Comme il le souligne, ce seuil est parfaitement symbolique et n’engendre aucun événement particulier. C’est même une information récurrente depuis quelques années, les stations enregistrant l’une après l’autre des taux supérieurs à 400ppm, parfois à plusieurs reprises. Le même M. Huet qui semble tenir une exclusivité aujourd’hui, nous en faisait d’ailleurs part en 2014 dans son blog de Libération.

Ces deux éléments parfaitement indépendants permettent cependant à M. Huet d’étabir péremptoirement un « lien CO2 températures bien établi » . Si vous vous attendiez à une référence à une étude ou à de multiples instituts de recherche qui contribuent à de telles études , passez votre chemin. Le lien est établi. Point.

Et dire qu’il y a des gens qui doutent. Non mais franchement.

Et encore, ces gens n’ont-ils peut-être pas entendu parler des ajustements de température a posteriori de la NOAA suite à l’étude Karl et al, qui font foi depuis mars 2015 et ont entre autres effacé le el nino de 1998 (celui-là même  qui prouva, en son temps, le réchauffement climatique d’origine humaine)?