Osons causer nous cause nuke

Le nuke, c’est mal on le sait.

Mais en plus, ça coûte cher. Écoutez plutôt.

Vos factures EDF vont exploser : le vrai coût du nucléaire

Un ton « jeune », des mots simples et des arguments percutants pour vous présenter un problème complexe de manière compréhensible et convaincante. Je suis séduit par l’analyse. Mais bon, comme d’habitude, j’ai cherché des sources. Et on constate qu’il y a quand-même un vague début de partialité dans les propos de ce jeune homme.

depuis 2009 le prix de l’électricité a augmenté de 15% à cause du nucléaire

En 2008, la contribution aux EnR (CSPE) était à 0. Elle était de 1.66 milliard en 2009, 5.62 milliards en 2014 et est estimée à 7 milliards en 2016. Elle constituerait 16% du prix de l’électricité cette année là. À elle seule, la CSPE explique le plus gros de l’augmentation de 15% du prix de l’électricité depuis 2009.

Selon la Cour des Comptes, le coût du nucléaire augmenterait de 5% / an.

La cour des comptes ne dit pas que les coûts augmentent de 5% par an, mais qu’ils ONT augmenté de 14% de 2008 à 2010 (page 58), ce qui est expliqué par :

  • Une hausse du coût des combustibles (6%), rien n’indique que ces coûts vont continuer à augmenter, il a même chuté en 2011 après l’accident de Fukushima ;
  • Une hausse des coûts de personnel (7%), due à la pyramide des âges. Rien n’indique que ces coûts ont continué à augmenter ;
  • des impôts et taxes (14.5%), c’est une décision politique qui n’a rien à voir avec les coûts croissants du nucléaire et rien n’indique que ces coûts vont continuer à augmenter. ;
  • À la réorganisation de services (fonctions centrales et de support) (30%), rien n’indique que ces coûts continueront à augmenter à l’issue des restructurations ;
  • Une hausse des dépenses de fonctionnement / sous-traitance (21.5%). Seule cette hausse est liée à l’évolution des coûts de maintenance. Soit 300 millions d’euro sur 900 millions d’augmentation. Soit 4.5% sur 3 ans, soit 1.2%/an sur la période.

Le « grand carénage » , aura un coût de 55 milliards d’ici 2025 selon EDF.

Ce qui nous amène à un coût annuel sur 10 ans de l’ordre de 5.5 milliards pour 70% de la production électrique, que l’on comparera aux 7 milliards évolutifs de la CSPE, pour subventionner 5.3% de la production électrique.

Mais on apprend ensuite que ces investissements qui s’étalent sur 10 ans, sont prévus pour faire fonctionner les centrales de 40 à 60 ans, ce qui ramène le coût annuel à quelque chose de l’ordre de 0.9 à 1,4 milliard par an. Soit quelque chose comme 5 à 7 fois moins que la CSPE.

La cour des compte estimerait le coût du « grand carénage » à 100 milliards

Admettons (je n’ai pas retrouvé ça dans le rapport de la Cour des Comptes), doublons le chiffre : 1.8 à 2.8 milliards / an pour financer 70% de la production électrique, que l’on comparera aux 5 milliards de CSPE pour subventionner 5.3% de la production électrique.

Le coût de production nucléaire avant ces travaux seraient de 50€/MWh contre 80€ après, selon cour des comptes

L’estimation de 70 à 90 € concerne le seul EPR de Flamanville, si ce dernier n’est pas construit en série. (pages 225-226).

A terme, la facture d’électricité devrait augmenter de 30% (selon le Sénat)

Les seules sources que j’ai trouvées en ce sens sont de 2012, et expliquent l’augmentation du prix de l’électricité de la manière suivante :
« Voici les raisons qui pourraient aboutir à cette augmentation de l’électricité : le prix de l’électricité nucléaire historique suivant le rythme de l’inflation à hauteur de 2 % par an. […] La contribution au service public de l’électricité, la CSPE passé de 1,9 milliard d’euros en 2010 à plus de 5 milliards d’euros aujourd’hui. […] Il faut dire que le prix d’achat de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables est sept fois plus élevé que son prix de vente. […] Le régulateur évoque une hausse de 4 % par an, inflation comprise, du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, le TURPE, qui rémunère le transport d’électricité par RTE ».

Le coût de l’EPR de Flamanville serait passé de 3 milliards prévus à 9 milliard aujourd’hui.

J’en ai parlé plus haut : la conséquence est un coût du MWh de l’ordre de 80€.

Bure 13 à 17 milliards estimés au départ, contre 30-35 milliards selon l’ANDRA

Là encore, la fourchette de 15 à 35 milliards n’a rien de nouveau (elle date de 2003 (page 142)) et dépend de différents scénarios.

EDF aurait prévu 23 milliards prévus pour le démantèlement de ses centrales, ce qui est faible par rapport au coût des démantèlements de centrales américaines ou anglaises

EDF l’explique par le fait que les démantèlements ayant déjà eu lieu, concernaient les démantèlements de centrales uniques, et EDF compte faire des économie d’échelle sur des centrales construites en série. C’est sans doute discutable, mais ni osons causer ni moi n’avons les compétences pour en juger.

La vraie question est de savoir quelles sont les alternatives pour fournir suffisamment d’électricité pour les besoins actuels et futurs, et à quel coût. Les énergies renouvelables actuelles ne répondent pas à ces critères et il est hors de question de puiser dans les énergies fossiles.

 

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