Crise de la quarantaine : un premier bilan

Choupinette, Porsche 911 3.2 de 1988

Choupinette

En juillet 2014, jeune quarantenaire, je cassais la tirelire pour une Porsche 911 de 1988, celle de mon adolescence. Je vous relatais l’histoire de son acquisition ici.

Je me propose de faire un bilan sur l’année et demi passée.

Les bons côtés

Prendre le volant est un plaisir sans cesse renouvelé. Elle est belle, confortable pour une sportive, fiable : elle ne m’a jamais laissé en rade (ma 2CV non plus du reste). S’asseoir à son volant est toujours un instant magique, les légendaires 5 compteurs sous les yeux (et le compteur de vitesse partiellement caché derrière le volant), on aperçoit les deux phares en bas du pare-brise. On tourne la clef, à gauche du volant, et le flat 6 s’ébroue. Et c’est parti pour une promenade au cours de laquelle elle s’adaptera à l’humeur du moment : Elle sait cruiser sur le couple, 50 en 4e voire en 5e ou sortir d’un virage en dérive à des vitesses très raisonnables. Le flat 6, souple et coupleux sait aussi se montrer rageur. Passé 4000 tours/mn, ça pousse velu.

Le coffre est suffisamment vaste pour envisager un week-end à deux. Comme le rappelle Porsche, il s’agit d’un 2+2 et non d’une 4 places : ne songez pas à emmener des adultes à l’arrière, à moins que vous ne souhaitiez vous fâcher avec ces derniers.

Les coûts

Concernant l’entretien, je me rends depuis un an dans le garage Mitsubishi (anciennement Porsche) Richard Alcaraz Automobiles -7, boulevard Clémenceau – 54500 Vandœuvre-les-Nancy (03.83.56.20.80) que je recommande vivement : des mécaniciens passionnés, compétents, à l’écoute du client et pas pousse à la vente. Mécaniciens qui m’ont dressé un bilan de la voiture. Rien de rédhibitoire pour une voiture de cet âge, pas vraiment kékéisée malgré son kit turbo-look (de bonne facture) installé on ne sait quand, et malgré l’absence de facture d’entretien sur les 15 années précédentes.

Côté consommation, ça reste raisonnable pour un véhicule sportif de près de 30 ans, mais il faut dire que je ne roule pas tant que ça (quelque chose comme 6000 km) et que le prix du carburant a bien baissé. Le carburant, c’est du super 98 sans additif (la belle est catalysée). Il faut compter 9l/100 km en roulant cool, et 2 ou 3l de plus en arsouillant un peu.

Ce n’était pas un véhicule neuf, je le savais. Il pouvait y avoir des frais, j’y étais préparé. D’autant plus que l’ancien propriétaire n’avait aucune facture, faisait lui-même les révisions ou les faisait faire par un petit bouclard local. Alors voilà, la remise à niveau a nécessité un budget assez coquet.

Février 2015 : Un bruit dans le train avant, à chaud et à vitesse stabilisée ont avancé mon passage chez un professionnel. Mon choix s’est donc porté sur Alcaraz Automobile. Le grippage d’un étrier de frein  provoquait le bruit, et nécessitait démontage et réparation. Par ailleurs, une courroie menaçait de casser et une bonne révision s’imposait. La première facture s’élève donc à 1900 € TTC avec 14 heures de main d’œuvre qui en composent l’essentiel.

À l’occasion de ces réparations, un diagnostic assez inquiétant sur l’état de conduites d’huile qui courent le long de la voiture est établi. Les deux volets de chauffage sous le moteur sont grippés. Par ailleurs, le toit ouvrant était inopérant : moins grave, mais bon… Le prix des pièces pique un peu, on dira que c’est « très Porsche » : 150 € HT la conduite d’huile (il y en a deux), possiblement un « carter de régulateur » à 450 € HT « parce que les alliages des pas de vis du carter et du tuyau ont tendance à coller et à casser quand on démonte » (il ne sera finalement pas cassé) et les boîtiers de chauffage sont à 200 € HT pièce. Quant aux câbles d’ouverture du toit ouvrant, à 115 € HT le bout, ils doivent être en or plaqués platine… Le devis s’élève à plus de 3000 € TTC.

Mai 2015 : décision est prise de réparer, au moins pour la fiabiliser au niveau des conduites d’huile. La voiture est prise en charge pour quelques jours. Finalement, les mécaniciens réussiront à dégripper le chauffage et à sauver le carter d’huile. La facture ne s’élèvera donc qu’à 1950 € TTC.

À l’occasion de ces réparations, un mécanicien s’aperçoit que la loupiotte de l’alternateur ne s’allume pas. Il teste l’alternateur, qui fonctionne normalement. Il me prévient cependant qu’il est susceptible lâcher, mais qu’il sera bien temps de voir à ce moment là. 700 € HT hors pose à prévoir.

Janvier 2016 : la batterie lâche. Je soupçonne l’alternateur. Batterie rechargée, ça repart. Pas le temps de m’en occuper pour cause de voyage-promenade de 15 jours à bord d’une Chevrolet Bel Air de 1955.

Mars 2016 : Je m’occupe à nouveau de la belle (qui roule entre deux recharges de batterie) et l’emmène à sa révision désormais annuelle, prêt à changer l’alternateur. Les mécaniciens diagnostiquent ce dernier et s’aperçoivent qu’il faut donner un coup de gaz à 3000 tours pour quil daigne commencer à charger. Bizarre. Investigations. Il s’agit finalement de l’alarme d’origine qui a été mal démontée et dont un fil relié à l’alternateur mettait ce dernier hors service. Changement de batterie, qui me sera facturée moins cher qu’au supermarché du coin. Par ailleurs, l’indicateur  de niveau d’huile du tableau de bord ne fonctionnant pas, on me propose de changer la sonde. Le bidule, un flotteur actionnant un genre de rhéostat coûte la bagatelle de 115 € HT. Il est toutefois utile, surtout sur ce genre de moteurs à refroidissement à huile, où son niveau est critique : j’accepte donc l’opération. Coût total : 1150 € TTC.

Dernier diagnostic : les pneus arrière sont limite. On me propose de les changer, j’opte pour un devis concernant les deux trains au vu de l’âge des pneus. À première vue, ce sera plus ou moins 650€.

Porsche 911 3.2 de 1988

Choupinette

Le bilan

Ne nous voilons pas les yeux : ce véhicule représente un budget. Le conseil que j’avais lu de conserver un matelas de l’ordre de 5000€ « au cas où » est de bon sens. Toutefois, le gros des frais engagés à ce jour correspondent à une remise à niveau mécanique suite à un laisser-aller de la part des anciens propriétaires. Cette dernière est aujourd’hui effectuée. Restent l’état intérieur (une déchirure sur le siège conducteur, un rafraîchissement des cuirs et moquettes) et des détails de carrosserie. Cependant, achetée 24000 €, elle cote aujourd’hui à plus de 35000 €, ce qui relativise le coût de sa remise à niveau.

Il n’en reste pas moins que cette voiture est un bonheur à conduire, et que je ne regrette en rien cette acquisition. Même si je délaisse un petit peu la 2CV…

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