Climat : Mais que cherchent donc les écologistes ?

Par le biais d’un tweet de Volodia Opritchnik j’apprends que l’Éthiopie affiche des engagements à l’occasion du COP21 à Paris.

M. Opritchnik qualifie l’information « d’intéressante« , mais penchons nous sur la situation écologique et les objectifs que se voit fixer l’Éthiopie (copie du document ici : INDC-Ethiopia-100615) :

L’économie de l’Éthiopie, basée sur l’agriculture (45% du PIB et 85% des emplois), est fragile. La mécanisation y est quasiment inexistante. Les éthiopiens se chauffent au bois d’eucalyptus ou aux bouses de vache séchées. L’industrie représente 15% du PIB, et concerne la production de produits alimentaires, textile, habillement, teinture et vêtements en cuir, chaussures, bagages et sacs à main, fabrication de bois et dérivés. Le revenu moyen est de $470 par an.

L'agriculture éthiopienne n'est pas mécanisée. Le réseau électrique est artisanal.

L’agriculture éthiopienne n’est pas mécanisée. Le réseau électrique est artisanal. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

L’électricité équipe 23% des foyers, et dans la majorité des cas, permet juste de s’éclairer à l’aide de quelques fluo-compacts L’Éthiopie a une capacité de 1000 MW de production, à 99% hydraulique et 1% éolien. Le pays est souvent sujet à la malnutrition, l’agriculture étant juste auto-suffisante (à l’exception du café qui constitue le gros des exportations). La quasi-totalité des routes ne sont pas goudronnées (la Chine y investit massivement toutefois), les camions qui y circulent sont hors d’âge, les voitures particulières constituent l’exception, l’éthiopien est un grand marcheur. Il n’y a pas de voies ferrées.

La marche à pied, moyen de transport ultra-majoritaire

Route nationale n°2, fraîchement bitumée en 2012. La marche à pied, moyen de transport ultra-majoritaire. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Un éthiopien consomme 51 KWh d’électricité et rejette en moyenne 100 kg de CO2 par an, soit 145 fois moins d’électricité et 56 fois moins de CO2 qu’un français ou 140 fois moins d’électricité et 91 fois moins de CO2 qu’un allemand.

En Éthiopie, le fer à repasser fonctionne au bois d'eucalyptus

En Éthiopie, le fer à repasser fonctionne au bois d’eucalyptus. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Le document par lequel l’Éthiopie s’engage pour sauver le climat nous apprend que les efforts porteront sur l’agriculture et notamment l’élevage, la déforestation, et le développement du réseau électrique par le biais des énergies renouvelables.

L’élevage provoquerait 45% des émissions de GES, pour 45% de PIB et 85% des emplois. Le texte prévoit que les efforts sur les émissions de GES porteront pour 35% sur l’agriculture, laquelle n’est ni mécanisée ni ne s’appuie sur des méthodes intensives. Cela revient à tuer l’élevage, et par conséquence l’agriculture qui ne pourra pas se mécaniser.

La déforestation éthiopienne a plusieurs causes. La première étant la nécessité de se chauffer et de cuire l’alimentation. Dans ce cas, les forêts sont généralement reboisées en eucalyptus. La seconde étant d’obtenir des terres arables.

Femme ramenant de l'eucalyptus pour le chauffage et la cuisine, environs d'Addis Abeba.

Femme ramenant de l’eucalyptus pour le chauffage et la cuisine, environs d’Addis Abeba. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Le transport, déficient , représente 3% des rejets. Il ne peut que se développer. Pourtant, le texte prévoit des efforts sur ce poste. L’objectif revient à n’immatriculer que des véhicules électriques d’ici 2030, alimentés par une électricité qu’il faudra bien évidemment produire.

Et c’est là que le bât blesse : la production électrique éthiopienne, notoirement insuffisante, est à près de 100% renouvelable. Pour le développement de la production, le document appelle à maintenir une production à 100% renouvelable par le biais de l’éolien et du photovoltaïque, deux moyens de production qui seront inefficaces dans le cadre du développement du pays, car intermittents, aléatoires et coûteux… Les écologistes sont évidemment opposés aux potentiels hydroélectriques pourtant prometteurs dans le pays : il ne faudrait pas non plus que les pays les plus pauvres se développent de manière inconsidérée.

Et donc, nos écologistes de se féliciter des politiques ubuesques qu’ils réussissent à imposer aux pays du tiers-monde sur l’autel d’un réchauffement climatique dont, s’il se vérifiait, ils ne seraient pas responsables :

Fantastique.

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