Babordages.fr : Du climato-scepticisme et du climato-négationnisme

Babordages

Vous connaissez Babordages ? C’est un blog de joyeux gauchistes qui vous invitent à vous interroger sur la société, l’économie, la politique et toutes ces choses. Le ton y est décalé, un poil extrême. J’aime y butiner, et suis d’ailleurs abonné à leur compte twitter ainsi qu’à celui de certains des rédacteurs.

Et puis patatra. Un article de Sknob fait référence au réchauffement climatique. L’article débute par une attaque en règle contre le climato-scepticisme, arguant du fait que si tu es climato-sceptique, tu ne comprends rien aux enjeux écologiques ou économiques et tu es désireux de détruire la planète sur l’autel de la rentabilité. Parce que si tu es climato-sceptique, tu es capitaliste libéral et tu ne t’es jamais renseigné sérieusement sur le sujet, n’est-ce pas ?

Eh bien non. Il est possible d’être climato-sceptique parce qu’on s’est un peu renseigné sur le sujet. Rien qu’un peu. Un exemple : L’introduction de Sknob contient l’assertion suivante : « 2014 est l’année la plus chaude jamais enregistrée » . La réalité est un peu plus nuancée. Selon la NOAA (l’équivalent de Météo-France aux USA), les mesures terrestres indiquent que 2014 a bien été l’année la plus chaude, mais avec une probabilité de 48%. Cette probabilité est ramenée à 38% par les mesures terrestres de la NASA1. Les deux laboratoires qui analysent les données satellite situent 2014 en troisième position (RSS) et sixième position (UAH). La probabilité que 2014 ait été l’année la plus chaude est non nulle, mais reste du domaine de l’improbable.

Alors je prends mon clavier à deux mains pour répondre en ce sens à l’auteur de l’article, dont la sentence, cinglante, ne se fait pas attendre :

Je l’ai d’ailleurs mis à jour afin de remplacer « climatosceptique » par « climato-négationniste ». Merci @mathieumatiu.

Si le terme de climato-sceptique est idiot (je lui préfère celui de climato-réaliste), que recouvre celui de climato-négationniste ?

Négationnisme

À l’origine, le négationnisme désigne le fait de contester le génocide juif par l’Allemagne nazie. Par extension, le négationnisme désigne la minimisation de crimes contre l’Humanité. Le climato-négationniste doit donc se situer quelque part entre le nazi et celui qui laisse se perpétrer un crime contre l’Humanité en niant sa réalité. Il devrait être condamné et jeté en prison pour cela. Ou condamné à mort.

Motivations du négationniste

Le négationniste agit par idéologie (anti-sémitisme par exemple),  pour promouvoir une croyance ou une mémoire collective magnifiée,  ou encore afin d’éviter les conséquences d’un procès. La ligne de défense du négationniste ne consiste pas à nier sa responsabilité, mais à nier ou minimiser la réalité des faits. Le négationniste emploiera les contre-vérités, falsifications, ou le discrédit jeté sur les témoins pour appuyer ses thèses.

L’erreur de raisonnement

Le négationnisme consiste à nier l’existence de crimes contre l’Humanité, des événements qui se sont déroulés, des faits connus et documentés. Or, celui que l’on appelle communément climato-sceptique s’emploie à réfuter les conséquences des activités humaines sur l’évolution du climat du futur à l’aune des mesures et observations de l’évolution passée du climat. Comment peut-on accuser quelqu’un de nier un crime contre l’Humanité qui ne s’est pas produit ? Cela n’a tout simplement pas de sens.

Nous verrons dans un prochain article que les méthodes employées par les tenants d’un changement apocalyptique du climat, se rapprochent souvent des méthodes négationnistes.

Bonus

29 juin 1989 : « plusieurs pays pourraient disparaître sous les flots d’ici 10 ans » . Sont concernés les Maldives, les Seychelles, le Bengladesh, les îles du Pacifique, les Pays-Bas, Venise. 26 ans plus tard, les catastrophistes font toujours les mêmes prédictions, pour les mêmes pays.

 

1. Selon la NOAA, l’année 2014 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec +0.04°C par rapport à 2005 et 2010, avec une incertitude de ± 0.09°C.

2 réflexions au sujet de « Babordages.fr : Du climato-scepticisme et du climato-négationnisme »

  1. Olivier Simard-Casanova

    « reste du domaine de l’improbable »

    Je ne qualifierais pas une probabilité de 40% « d’improbable », cela fait tout de même deux chances sur cinq, ce qui est très certainement significativement différent de zéro (au sens statistique du terme).

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    1. 00ced Auteur de l’article

      Bonjour,

      Nous avons 4 organismes qui, à partir de mesures, calculent la probabilité que 2014 ait été l’année la plus chaude.

      Deux d’entre eux (la NOAA et la NASA qui s’appuient sur des mesures au sol), estiment cette probabilité à 38 et 48% (« low confidence » selon la terminologie du GIEC), et deux autres, qui s’appuient sur des données satellite par nature plus précises, qui estiment cette probabilité à 0%.

      On peut donc avancer sans trop de risque qu’il est improbable que 2014 ait été l’année la plus chaude.

      Répondre

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