Archives mensuelles : août 2014

Les cyclistes, ces dangereux délinquants de la rue

En cette semaine de pré-rentrée, voici le bilan de 2 jours de vélo dans les rues de Nancy, représentant environ 3 km effectués hors pistes cyclable. Il s’agit des trajets boulot-dodo des 27 et 28 août 2014 :

On notera la civilité placide des automobilistes, pour lesquels il est permis de s’interroger sur le stress engendré par le comportement proprement meurtrier des cyclistes.

(Par ailleurs, mais ça n’a rien à voir, je m’essaie à l’auto-hébergement de vidéos. Faites-moi savoir si vous rencontrez un problème)

Premiers réfugiés climatiques, #oupa

Ces jours-ci, la presse s’est félicitée d’un jugement néo-zélandais reconnaissant le statut de réfugié climatique.

Si l’on en croit l’article de youphil.com , la Nouvelle-Zélande accueille officiellement des réfugiés climatiques. On y apprend qu’une famille originaire de Tuvalu, a obtenu le statut de réfugié à titre humanitaire en Nouvelle-Zélande en août 2014, après y avoir vécu de 2007 à 2009 avec un visa et depuis 2009 sans papiers.

L’article de youphil.com, mais également celui de la Dépêche.pf, lesoir.be ou de radioaustralia.net.au lie ce statut de réfugié humanitaire au réchauffement climatique, qui se ferait déjà ressentir sur l’île de Tuvalu notamment par le biais des puits pollués par l’eau de mer qui s’y infiltre : il s’agirait donc des premiers réfugiés climatiques.

C’est une belle histoire. Alors je suis allé consulter des documents de première main pour voir jusqu’à quel point elle était crédible. J’ai donc lu le texte du jugement (ou ici) qui, bien que n’étant jamais cité dans les sources d’articles de presse, a forcément été consulté par tous les rédacteurs des articles sur le sujet, n’est-ce pas ? Quelle ne fut pas ma surprise de constater que ce texte racontait une toute autre histoire. Je vous la résume.

Le jugement

Les arguments de la famille

Résumé : La famille qui demande asile est originaire de Tuvalu, archipel surpeuplé (450 habitants/km²) menacé par la montée des eaux : les îles qui le composent culminent à 5 mètres au dessus du niveau de l’eau. Il s’agit d’un couple trentenaire et de deux enfants.

Le mari a été professeur à Tuvalu de 1999 à 2007. La femme était assistante scolaire à Tuvalu également. En 2007, le couple et la mère du mari émigrent en Nouvelle-Zélande avec un visa touristique. Le mari trouve du travail dans un fast-food. 5 sœurs du mari vivent légalement en Nouvelle-Zélande ; l’ensemble de la famille est parfaitement intégrée et soudée. Le mari, en tant que fils aîné, est responsable de sa mère et l’accompagne chez le médecin ou à la messe. La mère vit chez lui. Le couple a 2 enfants, nés en Nouvelle-Zélande. L’aîné va à l’école et est parfaitement intégré.

À compter de 2008, le mari effectue des démarches pour obtenir un visa permanent. Il fait appel à un agent d’immigration qui le conseille mal : ses demandes sont successivement déboutées. En 2014, il demande le statut de réfugié humanitaire, en ajoutant aux arguments ci-dessus que l’archipel de Tuvalu ne permet pas d’assurer la sécurité socio-économique et la santé de sa famille en raison des aléas climatiques présents et futurs.

La conclusion du tribunal

Le statut de réfugié humanitaire requiert 2 éléments en droit néo-zélandais :

  • L’existence de circonstances exceptionnelles d’ordre humanitaire telles qu’il serait injuste ou trop sévère pour l’appelant d’être déportés de la Nouvelle-Zélande;
  • La présence du requérant en Nouvelle-Zélande ne nuit pas à l’intérêt général.

Ce statut est accordé à la famille pour les raisons suivantes :

Circonstances exceptionnelles retenues

[30] Le tribunal est convaincu, sur la foi de l’ensemble des éléments évoqués ci-dessus, qu’il existe des circonstances exceptionnelles à caractère humanitaire qui rendraient injuste l’expulsion des appelants.

[31] Les appelants sont des membres proches d’une famille qui a migré en Nouvelle-Zélande dans son intégralité. La mère de l’époux, matriarche de la famille, s’appuie notamment sur ce dernier en tant que seul fils, pour assurer ses besoins de mobilité ou de soins. Sur les 22 petits-enfants de la famille, tous sauf 3 vivent en Nouvelle-Zélande. L’expulsion des appelants à Tuvalu équivaudrait à une rupture particulièrement importante du tissu familial néo-zélandais qui s’étend sur 3 génération. Elle aurait également une incidence sur la vie de la mère du plaignant, résidente de Nouvelle-Zélande qui s’appuie sur lui pour ses besoins de mobilité.

[32] En ce qui concerne la question du changement climatique, si le tribunal accepte l’idée selon laquelle l’exposition aux effets des catastrophes naturelles peut en termes généraux être une circonstance humanitaire, il rappelle néanmoins que la preuve dans les appels tels que celui-ci ne doit pas seulement établir seulement l’existence d’une préoccupation humanitaire, mais  aussi l’existence de circonstances exceptionnelles d’ordre humanitaire telles qu’il serait injuste ou trop sévère d’expulser l’appelant de Nouvelle-Zélande.

[33] Il n’est cependant pas nécessaire dans le cas d’espèce d’approfondir cette question pour parvenir à une conclusion, le tribunal ayant la certitude que les autres facteurs identifiés, il existe des circonstances exceptionnelles humanitaire au sens envisagé par Glazebrook J ministre de l’Immigration, et qu’il serait injuste ou trop sévère pour que les appelants soient expulsés de la Nouvelle-Zélande.

Intérêt public

[34] Il n’y a pas d’intérêt public défavorable dans ce cas. Le mari a  les qualifications professionnelles de professeur et a occupé un emploi dans une chaîne de fast-food. Le mari est un professeur qualifié et a la potentiel pour se qualifier en tant que professeur dans ce pays et d’agir comme un modèle pour d’autres résidents ou citoyens des enfants d’origine de Tuvalu.

[35] Le Tribunal ne méconnaît pas que le mari et la femme sont devenus illégaux en Nouvelle-Zélande en 2009 et sont restés en Nouvelle-Zélande sans statut durant quelques courtes périodes. Toutefois, le Tribunal constate que cela tenait en partie à cause des mauvais conseils de son agent d’immigration, sur lesquels il s’est appuyé, et qu’au cours de cette période de présence illégale en Nouvelle-Zélande, le mari cherchait à régulariser sa situation et a partiellement réussi à le faire. Il ne s’agit pas du cas d’un individu cherchant à se cacher des services d’immigration. La violation de La Loi sur l’immigration dans ce cas ne l’emporte pas sur d’autres facteurs positifs dans ce cas et de créer un intérêt public à l’expulser.

[36]… Permis de travail & co

 

Dès lors, conclure qu’il s’agit là du premier cas de réfugiés climatiques reconnus par la Nouvelle-Zélande est une hypothèse pour le moins osée, le tribunal n’ayant pas jugé pertinent de statuer sur cet argument mais seulement sur la situation actuelle des appelants ainsi que les conséquences sociales et familiales qu’entraînerait une expulsion de ces derniers.

Climat : juin 2014 le plus chaud jamais enregistré, devant 1998

Il aura suffit du rapport mensuel de la NOAA indiquant notemment que le mois de juin 2014 est le mois de juin le plus chaud jamais enregistré pour que la médiasphère inonde le Net de ses prévision d’Apocalypse climatique, par exemple sur Libération ou notre-planete.info.

On y apprend que ce record s’inscrit dans une tendance lourde de réchauffement climatique, que juin 2014 est le 38e mois de juin consécutif ayant une température moyenne supérieure à la moyenne du 20e siècle pour ce même mois ou que la dernière fois que la température d’un mois de juin a été inférieure à cette moyenne remonte à juin 1976. Bref : ce rapport confirme sans ambiguïté l’Apocalypse climatique.

À la lecture du rapport proprement dit, on peut lire que juin 2014 dépasse le précédent record de températures globales (atmosphère et océan) de 1998 de… 0,03°C. Qu’est-ce que cela signifie ?

Tout d’abord, il convient de comparer les mesures : un record, dans l’absolu, ne signifie rien tant qu’on ne la compare pas à la norme. Or, aucune mesure de juin n’a dépassé le record de 1998 pendant les 16 années qui ont suivi dans un contexte de réchauffement global sans précédent.

Mettre en exergue la seule mesure de juin 2014 dans une série invalidant la thèse du réchauffement climatique a un nom : il s’agit de cherry-picking (cueillette des cerises en françois). Une méthode bien connue des manipulateurs.

Incertitude

Ce qui est intéressant, c’est de constater que le record de juin 2014 est supérieur de 0,03°C au précédent record, avec une incertitude de ± 0,08 °C. C’est à dire qu’il s’agit peut-être d’un record, mais peut-être pas.

Réchauffement ?

Encore plus intéressant : selon les modèles climatiques, le réchauffement devrait être de 0,2°C par décénnie de telle manière que le record de juin 1998 devrait être non pas exceptionnel, mais dépassé chaque année depuis au moins 5 ans. Il n’en est rien, évidemment.

Et voilà une non-information supplémentaire à propos du supposé réchauffement climatique, montée en épingle par des journalistes toujours en quête de leur premier réfugié climatique. Une autre non-nouvelle qui fait plouf. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.