Archives mensuelles : février 2014

Kangoo électrique

La mairie de Nancy a investi dans un Kangoo électrique (il y a plus d’un an déjà, j’ai des photos de lui sur le contresens cyclable entre mairie et préfecture, rue Érignac). Force est de constater que ça marche bien quand ce n’est pas stationné sur un contresens cyclable. C’est la raison pour laquelle elle a été confiée à un pilote confirmé. Vidéo.

Kangoo électrique, pour les païlotes par zerozeroced

Du coup, je comprends le stationnement quasi-quotidien sur le contresens cyclable : quand on ne respecte aucune règle du code de la route en circulation, il n’y a aucune raison de les respecter à l’arrêt. Comment ils disent déjà ? Ah oui : exemplarité.

Je ne suis pas du genre à me plaindre…

… Et je ne vais même pas le faire…

… Mais :

Le gouvernement propose de geler l’avancement des fonctionnaires. Beaucoup de gens donnent leur avis sur ce sujet qu’ils ne maîtrisent vraisemblablement pas. Je ne suis pas spécialiste de la question mais je vais juste essayer de présenter l’état des lieux par le biais de ma propre expérience, de la manière la plus objective possible. Sans plainte, car je pense qu’il convient d’assumer ses choix et que ce serait indécent vis à vis des personnes qui vivent la crise de plein fouet, et sans revendication  pour les mêmes raisons.

J’ai donc débuté ma carrière de fonctionnaire en tant que « catégorie C » de la fonction publique d’État en 1995, à l’issue d’un concours de 1994. En 2008, j’ai passé et réussi un concours catégorie B, pour devenir « technicien supérieur » . Il s’est passé plein d’autres trucs, mais ce n’est pas le sujet.

Lorsque je suis entré dans la Fonction Publique, on m’a remis un document qui me présentait une évolution probable de carrière. Il s’agissait de la fameuse grille indiciaire.

Le « traitement » du fonctionnaire est calculé selon un « point d’indice » qui se monte à 4,63 € depuis 2010, et un échelon qui correspond à un nombre de points d’indice. Par exemple, l’indice d’un fonctionnaire catégorie C stagiaire (échelon 1, année de probation) est de 316. Son salaire brut sera de 316×4,63 = 1463 euro brut. La catégorie C est le niveau le moins élevé de la fonction publique, les cadres étant catégorie A.

Je vous ai fait un petit graphique qui synthétise cette grille « C » en 1994,  et la même en 2014 :

grille indiciaire 1994 et 2014

grille indiciaire 1994 et 2014, par rapport au SMIC de 1994 et 2004 (indice 100). Désolé, je n’ai pas trouvé de source sur les internets pour 1994 et, à part une pauv’  feuille qui m’a été remise à l’époque, je n’ai rien. J’ai fait le choix d’une carrière que j’estime moyenne, avec avancement au choix AAP2 après 20 ans de carrière, et AAP1 après 30 ans.

De prime abord, ça a l’air vraiment chouette, fonctionnaire : un avancement automatique qui permet de gagner du pouvoir d’achat à l’ancienneté sans faire trop d’efforts. C’est ce que je me suis dit aussi.

Mais ce n’est pas tout à fait ça.

Pour commencer, la grille indiciaire a évolué entre 1994 et 2014, avec une nette tendance à la baisse : il faut aujourd’hui avoir 15 ans de carrière pour espérer décoller du SMIC de manière presque significative et se retrouver au niveau d’un catégorie C « stagiaire » de 1994…

Dans les deux cas, le salaire semble bien augmenter avec l’ancienneté. Mais cette observation est en trompe-l’œil en ce qu’elle donne la situation à un instant T pour un personnel débutant, un autre ayant 5 ans d’ancienneté, etc. Or, à titre individuel, la progression du salaire traitement n’a rien d’aussi évident.

Le SMIC est lié à l’inflation, et donc revalorisé chaque année. Théoriquement, la grille indiciaire devrait évoluer de manière similaire afin de permettre une progression salariale du fonctionnaire. Soit par le biais de la revalorisation du point d’indice, gelé depuis 2010 (ce n’était guère glorieux les années précédentes), soit par la refonte de la grille indiciaire, elle aussi remise aux calendes grecques à l’exception de modifications à la marge, visant justement à aligner le bas de l’échelle sur le SMIC. Cela se traduit par un tassement de la grille indiciaire par le bas : Ainsi, en 1994, on comptait une différence de 11 points d’indice entre le premier et le deuxième échelon. Il n’y en a plus qu’un aujourd’hui. La conséquence, avec un point d’indice gelé à 4,63 €, ce sont des augmentations de salaire de 4,63 € toutes les 1 à 2 années. Dans les faits, le SMIC évolue plus vite…

Indice 1994 différence indice courant – indice précédent
cumul Indice 2014 différence indice courant – indice précédent cumul
1er échelon 243   316
2ème échelon 254 11 11 317 1 1
3ème échelon 264 10 21 318 1 2
4ème échelon 275 11 32 319 1 3
5ème échelon 285 10 42 320 1 4
6ème échelon 295 10 52 321 1 5
7ème échelon 306 11 63 323 2 7
8ème échelon 316 10 73 327 4 11
9ème échelon 327 11 84 333 6 17
10ème échelon 337 10 94 345 12 29
11ème échelon 342 5 99 358 13 42

Le résultat de cette politique se constate aisément sur l’évolution de mes salaires jusqu’en 2009, le montant 2014 étant une extrapolation de ma rémunération probable en tant que catégorie C (c’est assez facile, il suffit de lire la grille indiciaire) :

Évolution réelle du traitement d'un fonctionnaire catégorie C entre 1994 et 2014, rapporté au SMIC

Évolution réelle du traitement d’un fonctionnaire catégorie C entre 1994 et 2014, rapporté au SMIC (base 100)

On le voit, la progression des salaires par rapport au SMIC stoppe vers 2000. Jusqu’en 2005, l’augmentation des primes suppléé la baisse du traitement, puis l’ensemble baisse. Aujourd’hui, le traitement hors primes d’un fonctionnaire catégorie C avec 20 ans d’ancienneté est donc équivalent à ce qu’il était en début de carrière, à environ 109% du SMIC.

Si le gouvernement décide de supprimer l’avancement et l’augmentation des primes (qui, soit dit en passant, n’augmentent plus non plus, malgré la mise en place partielle des primes au mérite (PFR) censées motiver les fonctionnaires), il supprimera les seuls leviers qui permettent à l’État, depuis 20 ans au moins, de stabiliser le niveau de vie individuel des fonctionnaires (si l’on ne tient pas compte de l’augmentation des cotisations, puisque le raisonnement s’est fait sur des montants bruts). Le niveau de vie collectif, quant à lui, est en baisse constante par la non revalorisation de l’indice et de la grille indiciaire par rapport au SMIC (voir 1er graphique).

Un gel de l’avancement dans la fonction publique n’aura d’autre conséquence que d’augmenter mécaniquement le traitement du million de fonctionnaires proches du SMIC à chaque revalorisation de ce dernier. Par effet cliquet, l’évolution du SMIC multipliera le nombre de smicards dont il faudra alors également revaloriser le traitement. Le problème ne se limitera pas aux personnels de catégorie C, puisque la grille indiciaire B débute aujourd’hui sous la grille indiciaire C : Alors qu’un personnel catégorie C débute à l’indice majoré 316 à 1463,17 €, un cadre catégorie B débute à l’indice 312 avec une rémunération brute de 1444,65 € (73 centimes sous le SMIC). Avec une revalorisation du SMIC de l’ordre de 1,2% par an, le phénomène devrait toucher les cadres de catégorie A d’ici 6 ou 7 ans. Si cela dure, je devrais être touché d’ici une dizaine d’années, j’aurai alors 30 ans d’ancienneté.

Les mesures mises en place pour assurer le pouvoir d’achat  peuvent être considérée comme un signe de prise en compte du problème par l’État. Mais ne nous y trompons pas, tout est fait pour que les fonctionnaires n’y aient pas droit, notamment par le biais de la période de 4 ans sans revalorisation salariale pour pouvoir y prétendre, laquelle correspond généralement à la durée maximale d’un échelon.

Voilà, si vous voulez en discuter ailleurs qu’au comptoir, autant le faire en connaissance de cause.

Trackers sur Internet

Trackers sur InternetLes trackers, ce sont des programmes installés sur les sites que vous visitez, souvent dissimulés derrière des images (les liens vers les réseaux sociaux par exemple) et destinés à suivre vos pérégrinations sur les internets, le plus souvent pour vous refourguer des publicités « ciblées« . Mais c’est aussi à cause d’eux que votre vie privée est mise à nu, sans que vous ne sachiez vraiment ce qui est conservé, dans quel but précis, ni dans quelles conditions une certaine confidentialité est préservée.

Sur mes sites, je m’efforce de n’intégrer aucun tracker en essayant d’héberger tous les services dont j’ai besoin ou envie (exception faite de quelques vidéos dailymotion que je finirai bien par auto-héberger), par respect envers les quelques visiteurs ayant le courage de lire ma prose ou regarder mes photos sous licence Creative Commons. Pour la plupart de mes sites, ce n’est pas très compliqué : je les code moi-même, ce qui exclut tout problème.

En ce qui concerne ce blog, c’est différent : il s’agit d’un CMS open-source, le célèbre moteur de blog WordPress : il est open-source, répandu, fiable, adaptable, propose des centaines de greffons facilement utilisables… Bref, beaucoup de qualités qui ont orienté mon choix.

Sortez les trackers par la porte, ils entrent par la fenêtre

Las, en explorant le code source généré par WordPress, certaines lignes m’ont surpris :

<link rel='stylesheet' id='open-sans-css'  href='http://fonts.googleapis.com/css?family=Open+Sans%3A300italic%2C400italic%2C600italic%2C300%2C400%2C600&#038;subset=latin%2Clatin-ext&#038;ver=3.8.1' type='text/css' media='all' />
<link rel='stylesheet' id='twentytwelve-fonts-css'  href='http://fonts.googleapis.com/css?family=Open+Sans:400italic,700italic,400,700&#038;subset=latin,latin-ext' type='text/css' media='all' />

Il s’agit d’appels vers un service Google permettant de gérer les polices de caractère du blog, ce qui est à mon sens inutile. Cette « fonctionnalité » a été ajoutée en douce par les développeurs de WordPress et permet potentiellement à Google de suivre vos pérégrinations sur ce site. Je trouve qu’ajouter des services tiers propriétaires, connus comme trackers, dans un projet open source est  un peu cavalier, surtout en l’absence de communication sur le sujet. D’autres blogs en parlent déjà, et une réplique est déjà proposée sous forme du greffon Disable Google Font. Elle a été mise en place sur blog.00ced.fr, le code source semble à nouveau propre : Il s’agit maintenant de rester vigilant.

Adunblock, une mauvaise réponse à un problème mal posé

Du génocide de la publicité sur les internets

Amis webmasters, vous qui appuyez votre modèle économique sur la publicité, permettez-moi de vous parler de la guerre que vous déclarez aux bloqueurs de publicités, vue par l’utilisateur que je suis.

Au tout début était le popup. Idée géniale permettant d’ouvrir de nouvelles fenêtres sans action de la part de l’internaute, basée sur un nouveau langage permettant d’animer les pages web : Javascript.

Nous sommes à l’aube du XXIe siècle lorsqu’un modèle économique simple et pérenne se développe sur cette technologie. Ainsi vinrent LES popups et, histoire de surprendre les victimes internautes jusqu’au bout, les pop-unders. Fenêtres que devaient fermer les internautes (avec confirmation parfois souvent), lesquels tentèrent tant bien que mal de se défendre à l’aide d’anti-popups plus ou moins efficaces.

Le premier génocide des publicitaires et leurs affiliés débuta en 2005, avec l’arrivée conjointe d’Internet Explorer 6 SP2 et de Firefox, tout deux affublés d’un anti-popup intégré à l’efficacité redoutable. Ne souhaitant pas remettre en cause leur modèle économique, les publicitaires cherchèrent avec plus ou moins de bonheur, à contourner ces systèmes mis en place par défaut sur les nouveaux navigateurs. Et moururent. Euh ben non en fait : ils ont juste chouiné un peu sur le comportement peu civique des internautes qui allait, pour sûr, tuer le web. Et ils se sont adaptés.

Quand l’Histoire des internets a des hoquets

L’avènement de nouvelles technologies basées sur Javascript et sur le web dynamique (à l’aide de l’évolution de HTML, CSS, Javascript, les requêtes « AJAX », Flash, et leur support par les navigateurs) et la généralisation de l’ADSL, permettait déjà aux régies de pub  d’afficher du contenu dynamique à même la page, parfois en surimpression du site visité, avec machins multimédia particulièrement pénibles. Parmi mes préférés, il y a la vidéo qui démarre automatiquement en faisant un barrouf de tous les diables sans prévenir, situation d’autant plus drôle lorsqu’elle émane d’un des 18 onglets ouverts, si possible au boulot.

C’est l’agressivité même envers l’internaute, la même qui a généralisé l’emploi des anti-popups, qui est à l’origine de l’avènement des bloqueurs de publicités et autres contenus flash, pas la publicité en elle-même à laquelle tout un chacun est habitué sur d’autres supports. Le succès des systèmes anti-pub auprès des internautes est du seul fait de ceux qui, par leurs abus répétés, ont contraint les gens à se défendre.

De l’inutilité de résister

L’inutile riposte des webmasters se multiplie ces derniers temps : messages d’avertissement, blocage du site, on sent la tension monter, mais aussi la course à l’armement s’accélérer : Adblock engendre une série de répliques telles qu’Adunblock qui affiche un message ou bloque l’accès au site, d’autres systèmes redirigent l’internaute vers une page éducative. Ces systèmes sont contrés sans difficulté par une multitudes de greffons tels Request Policy qui interdit les requêtes vers des sites tiers, ou par stylish qui, par le biais d’une modification des styles, permet de cacher certains éléments d’une page. Une dernière astuce consiste à faire passer son navigateur pour un bot.

empécher l'affichage de adunblock
« Stylish »  permet de modifier les styles CSS des sites. Ici, la fenêtre modale d’avertissement est rendue semi-transparente.

D’autres systèmes retournent une page d’information à l’intention des internautes :

Site qui bloque les internautes utilisant Adblock : je ne le visiterai donc pas, ne pourrai pas partager des liens vers ses articles.
notre-planete.info bloque les internautes utilisant Adblock : je ne le visiterai donc pas, n’en connaîtrai pas l’intérêt ni ne partagerai des liens vers ses articles : ce blocage n’offre aucune plus-value au site, tout en diminuant sa visibilité. Le contournement de protections de ce type est par ailleurs trivial.

Là où ces blocages confinent à la débilité, c’est lorsqu’ils touchent des sites de commerce en ligne : il m’est par exemple impossible de commander sur le site Eveil et jeux. S’ils ne veulent pas vendre, qui suis-je pour insister ?

Oui, mais sur mon site, la publicité affichée est « soft ». Alors, tu peux l’afficher juste pour mon site s’teuplé ?

Sauf que oui, mais non.

On parlait d’abus un peu plus haut. Ce n’est pas fini : Parallèlement à ce qui précède, les marketeux ont développé des technologies dites de « tracking » , que l’on retrouve chez les publicitaires, les sites à gros trafic comme les réseaux sociaux, ou les sites de statistiques (Google Analytics, XITI…). Ce tracking est destiné à déterminer le profil de l’internaute pour lui envoyer de la publicité ciblée : ainsi la pub affichée ne dépend plus de la thématique du site, mais bien du profil de l’internaute.

Moi, je m’en fous, je n’ai rien à cacher

Moi non plus. Mais je distingue ce que je considère comme ma sphère privée, qui ne regarde que moi ou mes proches, de ma vie publique pour laquelle j’accepte de dévoiler certains aspects de ma personnalité ou de ma vie. Facebook a toutes les chances de vous connaître, peut-être même votre visage même si vous n’y êtes pas abonné, Apple a vos empreintes digitales et Androïd devrait probablement bientôt enregistrer vos empreintes rétiniennes Ces deux dernières entreprises savent où vous étiez, quels que soit le jour ou l’heure grâce à votre téléphone. Google commercialise des lunettes connectées qui espionneront vos faits et gestes en permanence, développe actuellement des outils de diagnostics médicaux connectés, Microsoft a déposé un brevet destiné à compter les personnes qui regardent la télé par le biais de leur caméra kinect. Ajoutez-y la reconnaissance faciale déjà active chez Facebook… Tous ces outils sont capables de dresser un profil de votre santé, vos loisirs, vos penchants sexuels ou religieux.

Google, pour ne prendre que cet exemple, exploite à la fois vos recherches par le biais de son moteur, vos goûts musicaux et en matière de vidéo via Youtube et ses services de musique, vos prochains achats par le biais de son service shopping, d’adsense ou d’analytics, vos correspondants (et ce que vous leur dites) par le biais de Gmail, l’agenda ou d’autres services. Il sait où et quand vous vous déplacez, à qui vous téléphonez grâce à son système Androïd. Pour peu que vous utilisiez Chrome tellement plus rapide (essayez Firefox avec Adblock, ça revient au même), il connaît même les pages exemptes de trackers que vous visitez. Son nouveau système d’identification unique lui permet de recouper ensuite toutes ces informations : Google connaît la destination de votre prochain voyage avant même que vous n’y ayiez pensé, sait si vous trompez votre conjoint, avec qui, quand et comment. Il sait où vous travaillez et probablement dans quelle branche.

Un mien collègue s’est vu proposé « aller au travail » par le GPS de son téléphone Androïd, alors même qu’il n’avait jamais déclaré son lieu de travail sur ce dernier : sa simple position géographique corrélée à des horaires a permis aux trackers de Google de déterminer « maison » et « travail » .

Tout ça pour vendre de la publicité ciblée.

Et savez-vous ce qu’ils en font et à qui ils les revendent ? Moi non plus, et cela m’inquiète : qui vous certifie que votre profil médical ou fiscal resteront confidentiel ? Ce que vous refuseriez de donner à un État en l’estimant, à juste titre, totalitaire, vous le donnez sans vous poser de questions quant aux tenants et aboutissants aux publicitaires (et aussi à l’État étazunien).

Last but not least

Depuis que j’ai disparu des radars des publicitaires, je ne reçois plus de mails non sollicités émanant de sociétés françaises que je ne connais pas, indiquent m’écrire suite au partenariat avec je ne sais qui  et qui me demandent de me désinscrire de leur liste pour ne plus être importuné : il n’y a plus de croisement de données, donc plus de spams.

Par ailleurs, le chargement des pages web est beaucoup plus rapide une fois les requêtes expurgées de tout le superflu : c’est très sensible sur les connexions un peu lentes.

Oui mais… Beaucoup de sites vont mourir sans publicité !

Vos visiteurs sont vos produits, pas vos clients. Déclarer la guerre à ses produits n’a aucun sens. Si votre modèle économique ne fonctionne pas, il est mauvais. Vos produits ne sont pas responsables de vos choix stratégiques ni n’ont aucune obligation de télécharger l’intégralité du contenu que vous proposez sur vos pages. Ce n’est pas en les admonestant comme des gosses mal élevés que votre modèle économique deviendra meilleur.

Restent deux possibilités : ou le nombre d’internautes visitant votre site et utilisant Adblock est négligeable et il n’y a aucune raison de leur déclarer la guerre, ou ce nombre devient trop important, et il va falloir réfléchir à un nouveau modèle économique.

Soyons clair : pour la plupart des sites, il sera difficile voire impossible de transformer leurs produits en clients par le biais du modèle payant traditionnel (par abonnement mensuel ou annuel) : ce modèle convient à des sites à forte valeur ajoutée, pas à des sites dont le contenu n’est pas assez exclusif pour justifier un abonnement : l’offre est pléthorique et l’information souvent redondante, c’est le principe du web.

Je suis personnellement abonné à l’excellentissime Arrêt sur Images ainsi qu’à PCInpact pour son contenu rédactionnel et l’absence de publicités pour ses abonnés. Je tenterais bien MediaPart si la procédure de résiliation n’était pas aussi compliquée. Et ça n’ira pas beaucoup plus loin.

Une solution serait de s’orienter vers un système mutualisé de micro-paiement, lequel permettrait de laisser le choix aux internautes entre une visite gratuite avec pub ou le paiement de quelques dixièmes de centimes à quelques centimes par article ou session de xx minutes (compensant en gros, l’équivalent de l’apport publicitaire), par le biais d’un porte-monnaie électronique. Des sommes absolument indolores, prélevées plus ou moins automatiquement à partir d’un portail unique pour l’ensemble des sites concernés.

C’est, à mon sens et en l’absence de toute forme de déontologie dans le milieu publicitaire, la seule porte de sortie. Mais je peux me tromper.