Archives mensuelles : janvier 2014

Une nouvelle étude sur le climat apporte la preuve que plus de 99,90% des Peugeot sont rouges

L’« étude » est révélée par Slate dans son article Changement climatique: 1 chercheur n’y croit pas (et 9.136 pensent qu’il est réel). On y apprend que, selon le chercheur James Lawrence Powell, les climato-sceptiques ne représentent q’un très petit nombre de scientifiques, confirmant ainsi le consensus des 97% de scientifiques accréditant la thèse de la responsabilité de l’Homme dans le réchauffement climatique. Powell a parcouru 2.258 articles écrits par 9.136 auteurs, et publiés dans des revues à comité de lecture entre le 12 novembre 2012 et le 31 décembre 2013 et n’y a trouvé qu’une seule étude réfutant la responsabilité de l’homme au réchauffement climatique.

La suite de l’article de Slate nous réaffirme le consensus scientifique et regrette que 35% des français soient climato-sceptiques :

«C’est parce que les climatosceptiques ont tendance à se retrouver dans les pages d’opinion et à la télévision plutôt que dans les revues scientifiques que l’opinion publique est parfois biaisée en leur faveur; les gens pensent que la controverse est plus importante qu’elle ne l’est vraiment.»

Le climato-sceptique (j’aurais tendance à dire climato-réaliste) que je suis est donc allé consulter les sources scientifiques fournies par Slate. C’est dire si j’ai un esprit ouvert prêt à recevoir l’information de première main pour la confronter à mon avis.

James Lawrence Powell

Crédibilité

James Lawrence Powell est géologue, comme Claude Allègre. Contrairement à Allègre, Powell n’a aucune publication d’intérêt majeur ni aucune reconnaissance scientifique. Pas même un article sur Wikipedia. Powell est, comme Allègre, un activiste en matière de réchauffement climatique. Il est donc permis de se demander pour quelle raison Powell serait plus crédible en matière de climatologie que, par exemple, Claude Allègre.

Méthodologie

La méthodologie qu’a utilisée Powell est, à l’instar de celle de l’étude révélée par Pierre Bathélémy, parfaitement limpide. Encore faut-il prendre le temps de la lire (ce que, bizarrement, ne font que rarement les alarmistes du climat qui reprochent aux climato-sceptiques leur esprit peu scientifique. Allez comprendre) :

Powell fait une recherche sur une base d’études avec une séries de termes ayant trait au réchauffement climatique, tels que « global climate change » ou « global warming » puis lit le titre, le résumé et, si nécessaire, l’étude complète. S’il  trouve une étude qui rejette explicitement le rôle de l’Homme dans le réchauffement climatique, alors il la décompte.

La lecture même de cette méthodologie en dévoile les limites : la plupart des études sur le changement climatique ou le réchauffement climatique doivent n’avoir aucun rapport direct avec la responsabilité de l’homme, et/ou porter seulement sur des mesures ou des projections, ou encore sur le rôle d’autres événements que le CO2 sur le climat (les nébulosités, le soleil, le volcanisme, …). Une étude en science du climat n’a pas pour but premier de démontrer la responsabilité de l’homme (ou ne devrait à tout le moins pas l’avoir).

Ces études peuvent donc éventuellement valider ou invalider implicitement la responsabilité de l’homme sur l’évolution du climat, ou ne rien conclure à ce sujet. Le fait de ne prendre en compte que le résultat explicite de l’une des deux hypothèses que l’on veut comparer est, au mieux, parfaitement malhonnête. Illustration :

110 000 Peugeot à vendre sur le bon coinPar analogie, en partant du principe que les Peugeot sont rouges ou grises et que les Peugeot grises sont ultra-minoritaires, je recherche « Peugeot » sur le bon coin pour la France entière et obtiens plus ou moins 110 000 résultats. Si je cherche les Peugeot explicitement grises par le mot-clé « ‘Peugeot grise' », j’obtiens 65 résultats : 0,06% des Peugeot sont grises, et 99,94%. sont rouges. CQFD.

20140115-peugeot-grise-lbcEnfin, même si le procédé était intellectuellement justifié, Powell aurait-il raison d’inclure les nombreuses études qui s’appuient au conditionnel sur les modèles retenus par le GIEC pour projeter les conséquences du réchauffement climatique dans le futur (bestioles qui pourraient rétrécir, café qui pourrait disparaître1 ou la baisse possible de production de riz) qui gonflent artificiellement les résultats en faveur de la responsabilité de l’homme sur l’évolution du climat, puisque leur développement même s’appuie sur cette dernière sans la démontrer ou en démontrer l’un des aspects ?

Quand on voit les méthodologies utilisées pour discréditer les climato-sceptiques (ou encore ici), on est en droit de se poser des questions sur celles accréditant la responsabilité humaine au réchauffement climatique. Non ?


1 Voici la réponse que j’avais faite à l’époque suite à la publication d’articles issus d’une étude sur la disparition des cultures d’arabica à cause du réchauffement climatique (ici ou ou encore ici ou ) :

l’arabica est produit dans la majorité des pays qui produisent du café (ce qui n’est pas le cas du robusta). Il est produit en Afrique, en Amérique et en Asie, essentiellement dans l’hémisphère sud et sous des latitudes relativement diverses, du sud du Brésil ou du Mozambique au sud, jusqu’à Mexico ou au centre du Bangladesh au nord. Autant dire que l’aire de culture de l’arabica est très vaste, et qu’il serait à peine étonnant que la plante soit assez adaptable. Par exemple, l’arabica pousse des hauts-plateaux éthiopiens à plus de 2000 mètres d’altitude, aux côtes du Cameroun à quelques mètres d’altitude (d’où il devrait disparaître avec la montée des eaux due au réchauffement climatique, dès que ce dernier daignera repartir).

Aux dernières nouvelles, et malgré le réchauffement climatique qui s’accélère, la production de café a augmenté de plus de 50% entre le début des années 80 et aujourd’hui, et son aire de répartition n’a pas diminué.

Par ailleurs, en cas de réchauffement climatique, il serait étonnant de ne pas trouver de nouvelles terres correspondant aux besoins de la plante. Bref. Merci le catastrophisme de bon aloi, et le réchauffement climatique source de tous les maux…

Enfin, l’étude en question porte sur l’arabica sauvage, et pas sur les cultures d’arabica. L’étude porte donc essentiellement sur l’Éthiopie et de petites parties de l’Ouganda, du Congo et du Kenya lorsque les cultures s’étendent du sud du Brésil ou du Mozambique au sud, jusqu’à Mexico ou au centre du Bangladesh au nord. Quant aux conclusions de l’étude, elles sont disons plus nuancées que ce qu’indiquent les articles de presse…