Partagez pendant 5 minutes ma vie de cycliste urbain

Nous avons vu, dans l’article précédent, à l’aide de trois exemples concrets, que si les cyclistes n’avaient pas toujours un comportement exemplaire, cela ne justifiait pas forcément la verbalisation systématique qu’envisage le CNSR : un code de la route écrit pour l’automobiliste, des infrastructures conçues essentiellement pour ce dernier et des voies cyclables insuffisantes et mal réalisées peuvent, dans un certain nombre de cas, inciter les cyclistes à enfreindre le code de la route. Il ne s’agit évidemment pas d’exempter ces derniers de toutes leurs infractions, notamment les plus dangereuses, mais de préciser le contexte dans lequel s’inscrit leur comportement : Un cycliste n’emprunte pas un trottoir pour enquiquiner les piétons, mais parce qu’il n’a vraissemblablement pas d’alternative sûre.

Le bilan des accidents provoqués par des cyclistes par rapport à celui des véhicules motorisés est sans appel : on dénombre 4 décès en 2011 ( 2 cyclistes et 2 piétons) impliquant un contact avec un cycliste, pour 110 cyclistes et 450 piétons tués dans des accidents impliquant des véhicules motorisés. C’est l’illustration du concept de vulnérabilité : dans une collision à 2, tout à fait indépendamment des responsabilités, le mort est ultra-majoritairement l’usager le plus « léger » des deux.

Les cyclistes ne sont reconnus responsables que dans 34% des accidents dans lesquels ils sont impliqués, tandis que les automobilistes le sont dans 83% ! C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui de vous mettre à la place d’un cycliste qui s’efforce de respecter le code de la route. 5 minutes de vidéo (en accéléré) qui expliquent au moins pour partie les raisons pour lesquelles les cyclistes ne sont pas les seuls responsables de leur sinistralité ni de celle qu’ils provoquent envers les piétons et autres usagers fragiles.

Ce sont là des situations qui me sont quotidiennes ou presque. Le cycliste est donc avant tout une victime, plus particulièrement des infractions commises par les conducteurs de véhicules motorisés, ceux-là même qui s’estiment, à tort ou à raison, victimes de la répression routière. Sanctionner de manière systématique des cyclistes pour des infractions qui ne sont ni dangereuses ni accidentogènes malgré le ressenti des « non cyclistes » , tout en préservant une grande tolérance aux infractions et incivilités des automobilistes, lesquelles provoquent le décès de plusieurs centaines d’usagers fragiles chaque année, est pour le moins ubuesque.

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