Le morse du Pacifique, nouvel animal totem de la climastrologie ?

Le 3 octobre, j’apprends par le biais du tweet ci-dessous que des morses se réfugient sur une plage à cause du réchauffement climatique.

Intrigué, je lis l’article issu du blog d’Audrey Garric, lequel confirme que 35000 morses se sont réfugiés sur une plage d’Alaska où l’on ne trouve pas de glaces. En cause, le réchauffement climatique, bien entendu. En mélangeant quelque peu les saisons et le comportement des morses afin d’asseoir la thèse catastrophiste qui se joue sous nos yeux ébahis, et en rappelant de manière tendancieuse la superficie de la banquise arctique à la mi-septembre (la 6e plus petite enregistrée, alors qu’elle était censée avoir disparu), Audrey Garric nous assène comme argument d’autorité que les premiers rassemblement ont été aperçus en 2007. Par ailleurs, les experts du WWF nous confirment l’Apocalypse sous la plume le clavier de Mlle Garric :

« Les morses nous disent ce que les ours polaires nous ont dit et ce que beaucoup d’autochtones nous avaient dit : l’environnement arctique change extrêmement rapidement, c’est le moment pour le reste du monde d’en prendre connaissance mais aussi de prendre des mesures pour s’attaquer aux causes du changement climatique. » Margaret Williams, directrice du programme arctique du WWF.

Morses échoués sur une plage

Morses échoués sur une plage

Google Actualité m’indique que l’affaire fait grand bruit sur l’ensemble de la blogosphère écolo-climatique : tous répètent à l’envi qu’il s’agit bien là de la preuve irréfutable des dégâts provoqués par les méchants humains sur les pauvres animaux polaires.

Amusons-nous à découvrir le mode de vie, les habitudes des morses.

Wikipédia propose un article assez détaillé sur les morses, par ailleurs reconnu comme « article de qualité » depuis sa version du 4 mai 2010. Un passage est particulièrement intéressant, il s’agit du paragraphe intitulé Biotope et migrations, je cite (j’ai graissé les passages les plus marquants)

En dehors de la saison des amours et de gestation, c’est-à-dire à la fin de l’été et en automne, les morses forment des colonies de plusieurs dizaines de milliers d’individus sur les plages ou les affleurements rocheux. Ils sont contraints à suivre tour à tour l’expansion puis le recul de la banquise, les femelles et les jeunes demeurant sur la glace en toute saison, les mâles reproducteurs préférant passer l’été sur les côtes et îlots rocheux. La migration peut être longue et spectaculaire. À la fin du printemps et en été, par exemple, plusieurs centaines de milliers de morses du Pacifique migrent de la mer de Béring à la mer des Tchouktches à travers l’étroit détroit de Béring. Souvent les mâles restent dans le Sud, seuls les femelles et les jeunes migrant. Certains individus parcourront plus de 3 000 km par an.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Morse (animal) de Wikipédia en français (auteurs)

Par ailleurs, l’article de Wikipédia sur Point Lay, où se seraient échoués les morses en mal de banquise, nous indique que la température peut atteindre 26°C en été : il serait étrange d’y trouver habituellement de la banquise en septembre.

Journaliste, un beau métier d’investigation encadré par la déontologie

Prévenue, Audrey Garric (journaliste au Monde), n’a ni modifié, commenté ou retiré son article. Les grands médias francophones auront tous relayé une fausse information, dont la vérification tient en une simple consultation d’une encyclopédie en ligne. Je lisais il y a quelque temps, que le problème avec les climato-sceptiques, c’est qu’ils disent 10 contrevérités par minutes, et qu’il faut 10 minutes pour démonter proprement chacune des contrevérités énoncées. Il semble que l’on connaisse le même problème avec les zélés journalistes spécialistes du climat et toutes ces billevesées. Le seul problème, c’est qu’ils sont autrement plus médiatisés que les premiers.

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