Archives mensuelles : novembre 2013

Catastrophisme par omission

Aujourd’hui (27/11/2013), ce tweet a attiré mon attention

Curieux, je clique sur le lien (uafcornerstone.net) qui résume une étude menée par Shakhova et Igor Semiletov , tous deux chercheurs au Centre international de recherche UAF Arctique, selon laquelle le pergélisol sous-marin aurait dégelé beaucoup plus largement qu’on ne le pensait, en partie à cause de réchauffement de l’eau près du fond de l’océan, libérant ainsi plus de méthane « que prévu » selon l’expression consacrée. Détail qui éveille mon attention, je ne trouve pas de lien vers l’étude en question.

Alors j’ai cherché. Et j’ai trouvé.

Le résumé de l’étude par ses auteurs débute en précisant que le « pergélisol de Sibérie orientale du plateau continental arctique a commencé à se réchauffer dans le début de l’Holocène, il ya plusieurs milliers d’années« , tout en précisant que « l’état actuel du pergélisol dans cette région est incertaine » et que si « la couche de surface était exposée aux températures les plus basses, elle n’était pas congelée en raison de concentrations importantes de sel« . L’étude conclut que « Nous suggérons que des quantités importantes de méthane s’échappent du plateau de Sibérie orientale à la suite de la dégradation de sous-marin pergélisol sur une période de plusieurs milliers d’années« .

Le rapporteur de l’étude sur uafcornerstone.net, Marmian Grimes, a juste oublié de préciser l’unité de temps. C’est ballot.

Les #gougnafiers et le monsieur désagréable

Comme chaque matin (ou presque), voitures sur la bande cyclable. Lassé de la médiation qui engendre insultes ou moqueries, je passe en retournant le rétroviseur (sans dégâts pour la voiture, mais ça a la particularité d’agacer le conducteur : à charge de revanche). L’insulte fuse, discussion. Enfin, tentative… Enjoy.


le monsieur désagreable qui voulait circuler à… par zerozeroced

Je me suis ENCORE fait bloquer sur Twitter

Pour la deuxième fois, l’un de mes tweets a engendré une discussion se soldant par la perte d’un de mes followers et un bloquage en bonne et due forme : Tout débute par un retweet d’un message à propos du réchauffement climatique (#RCA) de @PaulMaxit selon lequel le cyclone Haiyan n’aurait été que le 7ème en force à frapper les Philippines depuis 1970 (avant, on ne savait pas mesurer l’importance des cyclones).

Il ne s’agit pas ici de minimiser les dégâts ou de nier la douleur des philippins durement touchés par cet évènement, mais de modérer la logorrhée médiatique sur l’augmentation en violence comme en nombre des évènements dits « extrêmes » à l’aune des mesures du monde réel.

Stan, l’un de mes followers, m’interpelle alors pour me demander ce qui prouve qu’Haiyan n’a rien à voir avec le #RCA. Twitter n’est sans doute pas le meilleurs média pour l’expliquer, mais voici en quelques mots mon argumentation :

  • Hayian est le 7ème en terme de puissance des cyclones « extrêmes » aux Philippines depuis 40 ans, le plus puissant ayant été enregistré en 1970 : les cyclones « extrêmes » ne sont donc pas de plus en plus puissants ;
  • Hayian est le premier cyclone « extrême » depuis 22 ans, suite à une série de 6 en 21 ans : les cyclones « extrèmes » ne sont donc pas de plus en plus nombreux.
  • Il en résulte qu’il est factuellement difficile d’attribuer au réchauffement climatique un évènement pour lequel rien ne démontre une aggravation, ni en terme de fréquence, ni en terme puissance.

S’agissant de la puissance globale des cyclones depuis les années 70, je m’appuie sur les mesures en publiant le graphique suivant (source), qui démontre indubitablement que les cyclones, pris dans leur ensemble, ne voient pas leur activité augmenter.

Indice ACE 1970 - 2013

Valeur moyenne de l’indice ACE (Accumulated Cyclone Energy) en zone tropicale de 1970 au 31 juillet 2013

Concernant plus particulièrement les Philippines, la PAGASA (l’organisme météo/climato/astronomique philippin) nous fournit quelques graphiques appuyant cette thèse :

Évolution du nombre de cyclones aux Philippines, entre 1948 et 2010

Évolution du nombre de cyclones aux Philippines, entre 1948 et 2010

Nombre de cyclones par périodes de 30 ans dans les 3 îles principales des Philippines

Nombre de cyclones par périodes de 30 ans dans les 3 îles principales des Philippines

Comme souvent, la discussion a dérivé sur le CO2 corrélé à la hausse des températures, l’acidification des océans et le catastrophisme climatique en général, sujets sur lesquels je répondis point par point, courbes et chiffres vérifiables à l’appui.

Et c’est là que l’on tombe dans le domaine du politico-religieux. Ou du moins, dans un cheminement intellectuel qui me rappelle furieusement l’expérience de Milgram par laquelle un individu accepte de se soumettre à une autorité qu’il estime légitime : Mon interlocuteur ne peut pas remettre en cause les arguments de l’Autorité Scientifique que constituent le GIEC et son relais médiatique. Dès lors, le débat quitte le factuel, le vérifiable, pour entrer dans l’attaque ad hominem : si je ne crois pas au #RCA, c’est à cause de mon mode de vie (dont il ne sait rien) : « Vous avez une bagnole et au moins le SMIC. Vous êtes donc un nabab pétri au carbone fossile« . Lorsque je lui explique que cette argumentation ne tient pas puisque nous divergeons sur le #RCA mais que nous avons probablement un niveau de vie similaire, la réponse ne se fait pas attendre : « Mais, la différence est que j’en suis conscient. » Sous entendu, moi, non. Suivi d’un bloquage sur Twitter.

C’est la deuxième fois que cette mésaventure m’arrive sur le même sujet : il semble impossible de débattre sereinement et factuellement de la responsabilité humaine (au moins sous certains aspect) au réchauffement climatique sans sombrer dans l’attaque ad hominem politico-religieuse et subir le bannissement et l’excommunication. Bienvenue dans un monde obscurantiste, celui de la science climatique.

 

île de Ghoramara

En passe de devenir le nouveau symbole du réchauffement climatique avec les premiers (enfin) réfugiés climatique, elle est devenue célèbre notamment grâce à une (très belle) série de portraits  du photographe coréen DaeSung Lee, lauréate du Sony World Photography Awards 2013.

Le texte accompagnant ces clichés, repris quasiment in extenso par de nombreux sites, fait état de la disparition de cette île à cause de la montée des eaux des océans due au réchauffement climatique :

L’île de Ghoramara se situe à l’Ouest du delta du Bengale. Suite au réchauffement climatique et à l’élévation du niveau de la mer qui a débuté dans les années 60, le rivage de cette île est emporté, petit à petit, à chaque marée. Depuis les années 80, c’est plus de 50% du territoire de l’île qui a disparu et 2/3 de la population qui a dû quitter l’île.

Les 2 000 habitants de l’île sont pour la plupart des paysans ou des pêcheurs. Ils dépendent pour leur subsistance des ressources de l’île. D’ici 20 à 25 ans, le gouvernement indien pourrait décréter l’abandon de l’île. Un plan d’évacuation des habitants vers l’île de Sagar est déjà prêt. Pour autant, ce plan ne prévoit aucune indemnisation qui puisse aider les habitants à refaire leur vie.

Comme je suis curieux et que tout ça me paraît un peu étrange, je me suis amusé à googler pour trouver ce qu’était cette mystérieuse île en voie de disparition à cause de la montée des eaux.

Où se situe cette île ?

Première surprise, elle ne se situe pas en mer, mais dans le delta d’un défluent du Gange, la Hooghly.

Deuxième surprise, cette île n’est pas isolée : l’île de Sagar en aval, est celle vers laquelle les habitants de Ghoramara seraient évacués : il semble pour le moins étrange qu’une île proche, donc sans doute géologiquement similaire, plus près de la mer, ne souffre pas elle aussi de l’élévation du niveau des océans.

Il est donc permis de se demander comment la montée des eaux des océans peut expliquer la disparition d’une île fluviale située en amont d’une autre île qui ne semble pas touchée par le même phénomène.

Que montrent le photos ?

Extrait d'une photo de Daesung Lee

Extrait d’une photo de Daesung Lee : érosion de l’île

Indubitablement, les photos montrent une érosion des terres, avec des traces caractéristiques que l’on retrouve sans peine dans les méandres des rivières de plaine : les terres ne semblent donc pas passer sous le niveau de l’eau, mais simplement s’éroder.

Comment expliquer cette érosion ?

Une recherche « Hooghly barrage » mène directement au barrage de Farakka, le plus gros jamais construit sur le Gange, construit dans les années 60, et qui a passablement modifié le cours et le débit du fleuve, à tel point que la salinité pose des problèmes halieutiques, et par là même, l’accès aux poissons pour la population locale.

Alors ?

Il ne semble pas totalement déraisonnable d’attribuer au moins partiellement l’érosion de l’île à la modification profonde du comportement du fleuve dont elle dépend, par la raréfaction des alluvions, la disparition des crues ou la variation du débit qui avaient contribué à créer et consolider l’île.

Le travail de Daesung Lee, ostensiblement orienté, s’appuie semble-t-il sur une source unique, Greenpeace , qui a publié un article en 2006 mentionnant pour la première fois l’érosion de Ghoramara à cause de la hausse du niveau des océans. Cet article fut suivi de plusieurs rappels au fil du temps (2010 par exemple) et par des actions du WWF dès le début des années 2010, toujours sans le succès attendu pour une telle révélation.

L’unicité même de la source et l’orientation catastrophiste de cette dernière vis à vis du réchauffement climatique, devraient inciter tout bon journaliste à prendre l’information avec précaution. Par ailleurs, même si corrélation n’est pas causalité, la concomitance de la disparition de l’île et de la construction d’un barrage en amont mérite certainement que l’on s’y attarde. Enfin, la disparition des Sundarbans (mangroves) qui ont donné leur nom à ces îles, incite à penser que  l’arrachage de ces dernières et d’autres facteurs favorisant l’érosion pourraient également expliquer l’ampleur du phénomène.

Alors, les réfugiés de Ghoramara, réfugiés climatiques ou simplement réfugiés à cause de modifications incontrôlées du bassin de la Hooghly  ?

 

Niveau record des gaz à effet de serre dans l’atmosphère…

… Et réchauffement climatique toujours en panne.

Nouvelle alarmante de l’OMM reprise comme un seul journal par l’ensemble de la presse (BFMTV, la nouvelle tribune, le nouvel obs, … Google recense 41 sources sur ce sujet au 8 novembre 2013), les taux de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique ont atteint leur plus haut niveau jamais enregistré de mémoire de climastrologue en 2012.

L’alarmisme affiché par les sites de presse est d’autant plus ridicule qu’il ne s’agit aucunement d’une surprise, puisqu’il s’agit là de l’application des thèses du réchauffement climatique dont le postulat est qu’il est provoqué par l’homme par… l’accélération de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre depuis le début de l’ère industrielle : pas d’augmentation des gaz à effet de serre, pas de réchauffement climatique, pas de catastrophe, pas de buzz.

Ce qui est nouveau, c’est de s’alarmer non pas sur les conséquences, à savoir l’augmentation des températures, mais sur les causes. Il faut dire que les conséquences tardent à venir et que le GIEC a dû convenir dans son dernier rapport à destination des décideurs, qu’il n’y avait quasiment plus d’évolution des températures depuis plus de 15 ans. Pour faire contre mauvaise fortune bon coeur, les sites de presse, préparant sans doute le terrain pour le prochain sommet « de la dernière chance » climatique de Paris en 2015, y vont de leur couplet catastrophiste tel que « Le réchauffement climatique s’est encore aggravé en 2012« . Qu’en est-il vraiment ?

Évolution des températures entre 1997 et 2012

Évolution des températures entre 1997 et 2012 source : woodfortrees

Manifestement, et contrairement à ce qu’affirment les médias, ce record de rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère n’a eu strictement AUCUN impact sur l’évolution des températures ni en 2012, ni sur la quinzaine d’années précédente, amplifiant un peu plus la décorrélation entre les mesures réelles et les modèles numériques qui permettent au GIEC d’afficher une confiance de 95% dans ses projections.

En tout cas, c’est très grave.

Timelapse : 20 minutes de l’usage d’ une bande cyclable à Nancy

Voici ce qu’il se passe lorsqu’on laisse une caméra tourner pendant 20 minutes devant certaines bandes cyclables nancéiennes (la vidéo dure 50 secondes) :


20 minutes d’usage d’une bande cyclable à Nancy par zerozeroced

Le concept de partage de l’espace urbain semble avoir été bien compris par une frange de la population. Il ne reste plus à leur expliquer comment cela fonctionne.

Pour l’anecdote, à cet endroit alors que je passais à vélo sur la chaussée quelques minutes avant l’enregistrement, un automobiliste ouvre sa fenêtre et s’excuse en me disant « mais je reste dans la voiture, dans le cas où » . Je lui rétorque que justement, c’est le cas où car j’aimerais emprunter la bande cyclable à vélo. Fort logiquement, il me répond « ça ne servirait à rien, il y a 3 voitures devant moi » . C’était, ma foi, parfaitement exact.