Crise de la quarantaine : un premier bilan

Choupinette, Porsche 911 3.2 de 1988

Choupinette

En juillet 2014, jeune quarantenaire, je cassais la tirelire pour une Porsche 911 de 1988, celle de mon adolescence. Je vous relatais l’histoire de son acquisition ici.

Je me propose de faire un bilan sur l’année et demi passée.

Les bons côtés

Prendre le volant est un plaisir sans cesse renouvelé. Elle est belle, confortable pour une sportive, fiable : elle ne m’a jamais laissé en rade (ma 2CV non plus du reste). S’asseoir à son volant est toujours un instant magique, les légendaires 5 compteurs sous les yeux (et le compteur de vitesse partiellement caché derrière le volant), on aperçoit les deux phares en bas du pare-brise. On tourne la clef, à gauche du volant, et le flat 6 s’ébroue. Et c’est parti pour une promenade au cours de laquelle elle s’adaptera à l’humeur du moment : Elle sait cruiser sur le couple, 50 en 4e voire en 5e ou sortir d’un virage en dérive à des vitesses très raisonnables. Le flat 6, souple et coupleux sait aussi se montrer rageur. Passé 4000 tours/mn, ça pousse velu.

Le coffre est suffisamment vaste pour envisager un week-end à deux. Comme le rappelle Porsche, il s’agit d’un 2+2 et non d’une 4 places : ne songez pas à emmener des adultes à l’arrière, à moins que vous ne souhaitiez vous fâcher avec ces derniers.

Les coûts

Concernant l’entretien, je me rends depuis un an dans le garage Mitsubishi (anciennement Porsche) Richard Alcaraz Automobiles -7, boulevard Clémenceau – 54500 Vandœuvre-les-Nancy (03.83.56.20.80) que je recommande vivement : des mécaniciens passionnés, compétents, à l’écoute du client et pas pousse à la vente. Mécaniciens qui m’ont dressé un bilan de la voiture. Rien de rédhibitoire pour une voiture de cet âge, pas vraiment kékéisée malgré son kit turbo-look (de bonne facture) installé on ne sait quand, et malgré l’absence de facture d’entretien sur les 15 années précédentes.

Côté consommation, ça reste raisonnable pour un véhicule sportif de près de 30 ans, mais il faut dire que je ne roule pas tant que ça (quelque chose comme 6000 km) et que le prix du carburant a bien baissé. Le carburant, c’est du super 98 sans additif (la belle est catalysée). Il faut compter 9l/100 km en roulant cool, et 2 ou 3l de plus en arsouillant un peu.

Ce n’était pas un véhicule neuf, je le savais. Il pouvait y avoir des frais, j’y étais préparé. D’autant plus que l’ancien propriétaire n’avait aucune facture, faisait lui-même les révisions ou les faisait faire par un petit bouclard local. Alors voilà, la remise à niveau a nécessité un budget assez coquet.

Février 2015 : Un bruit dans le train avant, à chaud et à vitesse stabilisée ont avancé mon passage chez un professionnel. Mon choix s’est donc porté sur Alcaraz Automobile. Le grippage d’un étrier de frein  provoquait le bruit, et nécessitait démontage et réparation. Par ailleurs, une courroie menaçait de casser et une bonne révision s’imposait. La première facture s’élève donc à 1900 € TTC avec 14 heures de main d’œuvre qui en composent l’essentiel.

À l’occasion de ces réparations, un diagnostic assez inquiétant sur l’état de conduites d’huile qui courent le long de la voiture est établi. Les deux volets de chauffage sous le moteur sont grippés. Par ailleurs, le toit ouvrant était inopérant : moins grave, mais bon… Le prix des pièces pique un peu, on dira que c’est « très Porsche » : 150 € HT la conduite d’huile (il y en a deux), possiblement un « carter de régulateur » à 450 € HT « parce que les alliages des pas de vis du carter et du tuyau ont tendance à coller et à casser quand on démonte » (il ne sera finalement pas cassé) et les boîtiers de chauffage sont à 200 € HT pièce. Quant aux câbles d’ouverture du toit ouvrant, à 115 € HT le bout, ils doivent être en or plaqués platine… Le devis s’élève à plus de 3000 € TTC.

Mai 2015 : décision est prise de réparer, au moins pour la fiabiliser au niveau des conduites d’huile. La voiture est prise en charge pour quelques jours. Finalement, les mécaniciens réussiront à dégripper le chauffage et à sauver le carter d’huile. La facture ne s’élèvera donc qu’à 1950 € TTC.

À l’occasion de ces réparations, un mécanicien s’aperçoit que la loupiotte de l’alternateur ne s’allume pas. Il teste l’alternateur, qui fonctionne normalement. Il me prévient cependant qu’il est susceptible lâcher, mais qu’il sera bien temps de voir à ce moment là. 700 € HT hors pose à prévoir.

Janvier 2016 : la batterie lâche. Je soupçonne l’alternateur. Batterie rechargée, ça repart. Pas le temps de m’en occuper pour cause de voyage-promenade de 15 jours à bord d’une Chevrolet Bel Air de 1955.

Mars 2016 : Je m’occupe à nouveau de la belle (qui roule entre deux recharges de batterie) et l’emmène à sa révision désormais annuelle, prêt à changer l’alternateur. Les mécaniciens diagnostiquent ce dernier et s’aperçoivent qu’il faut donner un coup de gaz à 3000 tours pour quil daigne commencer à charger. Bizarre. Investigations. Il s’agit finalement de l’alarme d’origine qui a été mal démontée et dont un fil relié à l’alternateur mettait ce dernier hors service. Changement de batterie, qui me sera facturée moins cher qu’au supermarché du coin. Par ailleurs, l’indicateur  de niveau d’huile du tableau de bord ne fonctionnant pas, on me propose de changer la sonde. Le bidule, un flotteur actionnant un genre de rhéostat coûte la bagatelle de 115 € HT. Il est toutefois utile, surtout sur ce genre de moteurs à refroidissement à huile, où son niveau est critique : j’accepte donc l’opération. Coût total : 1150 € TTC.

Dernier diagnostic : les pneus arrière sont limite. On me propose de les changer, j’opte pour un devis concernant les deux trains au vu de l’âge des pneus. À première vue, ce sera plus ou moins 650€.

Porsche 911 3.2 de 1988

Choupinette

Le bilan

Ne nous voilons pas les yeux : ce véhicule représente un budget. Le conseil que j’avais lu de conserver un matelas de l’ordre de 5000€ « au cas où » est de bon sens. Toutefois, le gros des frais engagés à ce jour correspondent à une remise à niveau mécanique suite à un laisser-aller de la part des anciens propriétaires. Cette dernière est aujourd’hui effectuée. Restent l’état intérieur (une déchirure sur le siège conducteur, un rafraîchissement des cuirs et moquettes) et des détails de carrosserie. Cependant, achetée 24000 €, elle cote aujourd’hui à plus de 35000 €, ce qui relativise le coût de sa remise à niveau.

Il n’en reste pas moins que cette voiture est un bonheur à conduire, et que je ne regrette en rien cette acquisition. Même si je délaisse un petit peu la 2CV…

Du totalitarisme climatique

Suite à la parution de son livre « Climat Investigation » par lequel il relativise le catastrophisme de bon aloi qui secoue la sphère médiatique à l’approche de la COP21, Philippe Verdier se voit attaqué de toutes parts par les grands journaux français. La palme de ces attaques revient sans conteste au Monde.

Décodons les décodeurs

Les décodeurs du Monde entendent démonter le livre de Philippe Verdier en 4 points :

1. Les incertitudes à propos du réchauffement climatique « sciemment gommées » par le GIEC ?

Faux, répondent les Décodeurs.

Les gommages du rapport destiné aux décideurs

Pourtant, on peut trouver de nombreux « gommages » des incertitudes dans le rapport du GIEC. Dès le premier graphique, page 21, les températures de la planète depuis 1850 figurent sans aucune incertitude, alors qu’elle était de l’ordre de 0,08°C (environ ±0.14°C pour les terres et ±0.04 pour les océans) en 2012 pour la NOAA et évidemment beaucoup plus élevée en 1850 :

Anomalie de températures, rapport AR5 du GIEC

Anomalie observée de températures moyennes en surface, combinant les terres émergées et les océans, de 1850 à 2012, WG1AR5_Summary du GIEC version française

voici un autre exemple tiré de la page 27 du rapport :

L’acidification de l’océan est quantifiée par la diminution du pH. Le pH de l’eau de mer a diminué de 0,1 depuis le début de l’ère industrielle (degré de confiance élevé), soit une augmentation de 26 % de la concentration en ions hydrogène (voir figure RID.4).

Cette affirmation, pour le moins péremptoire et avec un degré de confiance élevé, repose sur des mesures directes débutant à la fin des années 1980 dans 3 stations situées dans l’océan Atlantique et Pacifique (figure RID.4 + légende sur la même page).

Aujourd’hui, un bon pH-mètre est précis à 0,02 unités près : il s’agit à minima de l’incertitude  des mesures modernes en conditions de laboratoire. Les courbes fournies rapportent une évolution du pH de l’ordre de -0.03 pH (± 0.02 au mieux) sur 30 ans (en étant gentil, vu le chaos que constituent ces courbes) ;

Quid de l’incertitude des mesures plus anciennes qui ne figurent pas sur le schéma ? Les mesures ont-elles été faites par pH-mètre ? Avec quelle précision ? Par proxies (forcément beaucoup moins précis) ?

Quid des mesures « au début de l’ère industrielle » que l’on peut situer au milieu de XIXe siècle, une soixantaine d’années avant les méthodes de mesure de la concentration  en ions d’hydrogène et la formalisation du pH (par le chimiste danois  Søren Sørensen) ?

Le pH est susceptible de varier en un même endroit durant une même journée de plusieurs dixièmes d’unités en fonction de la température, de la pression atmosphérique, des conditions météo, du courant marin et d’autres paramètres. Quelle l’incertitude peut-on en déduire ?

Le pH des océans se situe habituellement entre 7.5 et 8.4. Le GIEC nous indique avoir mesuré une baisse de l’ordre de 0,03 pH à environ 8.1 en 30 ans sur 3 points de la planète : quelle réalité cela revêt-il pour le reste des océans ?

Dans le rapport du GIEC, on ne voit pas d’incertitude, ni dans le texte, ni dans la figure RID.4, ni dans la légende : Pourquoi  ?

Par ailleurs, s’il est admis dans les milieux scientifiques que l’échelle logarithmique du pH est adaptée pour mesurer le potentiel hydrogène (appelez cela un consensus), c’est avant tout dans un soucis de lisibilité. Déroger à cette règle en évoquant une augmentation de 26% de la concentration en ions hydrogène devrait être motivé par une raison valable : quelle est-elle ?

Les incertitudes peuvent porter sur les couleurs, superpositions, échelles, etc. des schémas, mais également sur le ton donné à l’ensemble.

Les gommages des incertitudes par les médias

Sans parler, bien entendu, du gommage de l’incertitude issu de l’interprétation des journalistes. Ainsi Audrey Garric, Chef adjointe du service Planète/Sciences du Monde affirme-t-elle suite à la parution de ce rapport : « Le verdict est tombé : la température de la terre pourrait grimper jusqu’à 4,8 °C d’ici à 2100 et le niveau des océans s’élever de près de 1 m » , ce qui est bien entendu assez éloigné de la vérité :

Scénarios du GIEC, températures et montée des océans en 2100

Tableau page 38 du rapport : pour le coup, il y a de la belle incertitude qui décoiffe : de 0.3°C à 4.8°C et de 26 cm à 82cm en 2100. Mais là, ce sont les journaleux qui n’en parlent pas…

2. Les scientifiques du GIEC, payés par les gouvernements ?

Faux, nous indiquent les Décodeurs.

Certes, « l’administration du GIEC » n’est pas à proprement parler « les scientifiques du GIEC« , mais l’affirmation posée par M. Verdier, telle que je la comprends, se rapporte à la politisation des publications du GIEC. Si l’on se réfère au schéma fourni dans l’article des Décodeurs, ce sont bien les gouvernements qui financent le bidule. Karl Ritter de Associated Press a publié le 19/09/2013 dans le  Huffington Post « Un rapport de l’ONU note un ralentissement du réchauffement climatique » qui relate les dernières négociations avant publication du 5ème rapport du GIEC en 2013, et apporte  un éclairage édifiant sur le rôle des gouvernements-financeurs :

Mais plusieurs gouvernements qui ont pris connaissance du document ont contesté la manière dont la question était traitée. L’Allemagne a demandé à ce que la référence au ralentissement soit retirée, affirmant qu’une période de 10 ou 15 ans est trompeuse dans le contexte des changements climatiques, un phénomène qui se mesure sur des dizaines et des centaines d’années.

Les États-Unis ont demandé l’ajout de l’hypothèse principale selon laquelle ce ralentissement du réchauffement serait attribuable à un transfert plus important de chaleur vers le fond des océans.

La Belgique s’est objectée au choix de 1998 comme année de départ, puisqu’il s’agit d’une année exceptionnellement chaude. Tout graphique qui débute en 1998 sera essentiellement plat, puisque les années suivantes ont été plus fraîches. Un graphique débutant en 1999 ou 2000 témoignerait d’une légère tendance à la hausse.

On pourrait également citer les nombreux articles publiés à l’automne 2013, peu avant et après la publication du rapport, tels que « Par prudence, le GIEC aurait sous-estimé les effets du réchauffement » de Stéphane Foucard du Monde qui cite Naomi Oreskes, historienne des sciences et auteure de « Les marchands de doute » , que l’on peut difficilement qualifier de climato-sceptique : « Pour quelles raisons le GIEC tend-il souvent à minimiser la menace ? L’implication des gouvernements dans le processus du GIEC y contribue sans doute, dit en substance Naomi Oreskes. »

La rédaction du rapport pour les décideurs, le seul à peu près lu par les politiques et les journalistes spécialistes du climat, semble donc bel et bien politisé.

3. En France, les hivers plus doux sont-ils une bonne chose ?

Plutôt faux, selon les Décodeurs

Pour quelle obscure raison le climat de 1850 qui suit une période froide appelée « petit âge glaciaire » lui même précédé par une période chaude appelée « l’optimum médiéval » , et qui précède un réchauffement sur le siècle et demi suivant, serait le bon climat bien réglé et qui convient à toute la planète ? Pourquoi n’y aurait-il pas des aspects positifs à ce réchauffement ? Par ailleurs, comment expliquer que les grandes civilisations humaines se soient développées lors de périodes plus chaudes (qui ont existé, malgré le réglage du climat aux bonnes valeurs) ?

Je n’ai pas de réponse à ces questions ; peut-être le livre de M. Verdier en apporte-t-il. Mais la réponse des Décodeurs ne me convainc pas, en ce qu’elle s’appuie sur UNE épidémie de grippe sur UN hiver plus doux que la moyenne, sur des modèles climatiques réputés fiable (on y vient), sur des cultures qui en souffriront dans le futur (pourquoi n’en souffrent-elles pas déjà ?) et sur l’inévitable conditionnel qui permet de s’affranchir de toute responsabilité dans le futur.

4. Les modèles climatiques, pas fiables ?

Faux, répondent les Décodeurs

« Pour vérifier la précision des modèles climatiques, ceux-ci sont testés sur le climat passé » nous assènent-ils. En admettant que ces modèles aient fonctionné sur le climat du passé, cela ne prouve en aucun cas leur fiabilité pour le futur : il est aisé de construire un modèle qui reproduit des séries connues.

Le graphique choisi par les Décodeurs pour illustrer la fiabilité des modèles, est issu du Third Assessment Repport du GIEC publié en 2001. 15 ans se sont écoulés depuis, et certains climatologues tels que Judith Curry, John Christy, Roy Spencer et quelques autres, émettent les plus grandes réserves quant à leur fiabilité. Ainsi le climatologue Roy Spencer a-t-il publié il y a quelque temps un graphique représentant les températures prévues par les modèles à compter de 1979 et les mesures du monde réel. Force est de constater qu’il y a divergence, laquelle s’est justement aggravée à compter de la fin des années 1990 :

Observations vs modèles

Observations (carrés bleus et cercles verts) vs modèles (les courbes, la courbe engraissée noire représentant l’hypothèse moyenne). Source : Ph. D. Roy Spencer.

Divergence modèles climatiques vs observations par John Christy

Divergence modèles climatiques vs observations par le climatologue Ph. D. John Christy lors de sa présentation au « Senate Environment and Public Works Committee » en 2012. Source : page 13 de ce document.

Licenciement de Philippe Verdier

L’article des Décodeurs suit la ligne éditoriale alarmiste que se sont fixés les grands médias français : Même si M. Verdier réfute son climato-scepticisme et se contente de relativiser l’Apocalypse climatique avec des arguments mesurés, c’en est déjà trop. Il faut faire taire l’importun.

Concernant le climat, les journalistes ne sont plus Charlie

Plus grave et révélatrice du climat délétère sur le sujet du réchauffement climatique est la réaction d’Audrey Garric, Chef adjointe du service Planète/Sciences du Monde, qui n’hésite pas à se réjouir du licenciement de M. Verdier :

M. Verdier n’a pourtant commis aucune infraction, aucun délit, aucune faute professionnelle. Il a usé de son droit d’expression, lequel lui est reconnu par les articles 9 et 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, je cite :

Article 9
1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

Article 10
1. Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n’empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations.

Pour les « journalistes » spécialistes du climat, le sujet n’est plus d’ordre scientifique mais d’ordre politico-religieux avec ses croyances, ses Dogmes, ses prêtres, son prosélytisme, son totalitarisme et son Apocalypse. Preuve en est la réaction d’Audrey Garric lorsqu’une étude semble  confirmer le Dogme (notez le souriard) :

Toute atteinte au Dogme, aussi insignifiante soit-elle, justifie donc l’excommunication, la mise à pied et le déshonneur.

Dans un soucis de cohérence intellectuelle vaguement lié à une certaine déontologie et suite à son article « La banquise pourrait complètement disparaître d’ici à 4 ans » publié le 18/09/2012, Mme Garric démissionnera-t-elle si, pour improbable que ce soit, il reste une surface significative de banquise à la mi-septembre 2016 (pour 2015, c’est d’ores et déjà raté) ? À moins que le conditionnel n’ait valeur de contrition et vaille absolution dans l’Église de l’Apocalypse climatique ?

Comment peut-on être climato-sceptique en 2015 ?

C’est la question qui m’a été posée lors d’une conversation sur Twitter, assortie de quelques arguments destinés sinon à me convaincre, du moins à prouver que j’ai tort de l’être. Surtout en 2015. Au détour d’une pluie d’arguments, mon interlocuteur me cite ainsi un article de blog de Sylvestre Huet de Libération, intitulé « Climat, record de chaleur planétaire en juillet »  :

(lien permanent)

C’est justement ce type d’articles qui me confortent dans mon scepticisme. Voici pourquoi :

Arrêtons nous tout d’abord sur le titre : Climat, record de chaleur planétaire en juillet indique l’utilisation d’une  méthode de falsification connue sous le nom de « cherry-picking », qui consiste à signaler des cas individuels ou des données qui semblent confirmer une position particulière, tout en ignorant une partie importante de cas liés ou des données qui pourraient contredire cette position : Les mêmes qui estiment qu’une pause (hiatus selon la terminologie du GIEC) des températures sur la période s’étendant environ de 1997 à aujourd’hui (~ 18 ans) ne suffit pas à confirmer l’absence de réchauffement climatique , ne peuvent pas s’appuyer sur UNE mesure du système chaotique du climat pour en extraire une tendance. Un très bon blog scientifique n’aurait pas usé de cette méthode.

L’article débute par le constat selon lequel deux équipes scientifiques chargées d’étudier le climat, à la NASA et à la NOAA, ont déterminé que juillet 2015 était le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré. Soyons curieux, ouvrons les deux liens fournis et consultons l’origine de ces données. Pour la NASA, il s’agit de GHCN-M 3.3.0 pour les relevés terrestres et de ERSST 4.0.0 pour les températures des océans (voir les notes 1 et 2 de bas de page). En ce qui concerne la NOAA, surprise, il s’agit de GHCN-M 3.3.0 et de ERSST 4.0.0 (voir la note en  haut de page). Il s’agit donc de deux équipes scientifiques qui publient une synthèse de l’état climatique issue des mêmes calculs sur les mêmes données et, vous parlez d’un hasard, arrivent à la même conclusion. Un très bon blog scientifique n’aurait pas laissé entendre qu’il s’agissait des résultats de travaux indépendants.

Deuxième surprise, les séries de données issues des satellites, par nature plus précises, ne valident pas l’hypothèse de ce record : voici UAH par exemple :

Mesures mensuelles des températures par satellite (UAH) jusque juillet 2015

Mesures mensuelles des températures par satellite (UAH) jusque juillet 2015.

Un très bon blog scientifique aurait précisé que les données issues de diverses sources ne validaient pas toutes ce record, loin s’en faut.

Nous apprenons ensuite que « dans le système de référence de la NOAA, le mois de juillet est à 0,81°C au dessus de la moyenne du mois tout au long du 20ème siècle » . La lecture de la page de la NOAA précise que ce record est de 8 centièmes de degrés (0.08°C) par rapport à 1998, et qu’il existe une incertitude mesurée à ± 0.14°C : cela signifie que ces deux mesures sont statistiquement indiscernables. Visuellement, ça donne ça :

Les températures moyennes calculées par la NOAA pour juillet 1998 et juillet 2015 avec les incertitudes

Les températures moyennes calculées par la NOAA pour juillet 1998 et juillet 2015 avec les incertitudes (en bleu). La zone grisée correspond à la zone d’incertitude calculée pour juillet 2015, dans laquelle s’inscrit le record de juillet 1998.

Un très bon blog scientifique aurait expliqué cette notion d’incertitude et aurait mis l’accent sur l’indiscernabilité des deux mesures.

Puis Sylvestre Huet nous apprend que « c’est surtout en raison des températures de surface des océans, la plus élevée jamais enregistrée, que juillet 2015 détient ce record » . Un très bon blog scientifique en aurait profité pour nous toucher un mot sur la nouvelle interprétation des données brutes, ERSST 4.0.0 dont on a parlé plus haut : Ce nouveau calcul a été introduit en mai 2015 et coïncide avec des records de températures depuis lors (mai, juin et juillet 2015 sont les mois de mai, juin et juillet les plus chauds jamais enregistrés par la NOAA).

Anomalie des températures des océans de janvier 2014 à juillet 2015Anomalie des températures des océans de janvier 2014 à juillet 2015

Anomalie des températures des océans de janvier 2014 à juillet 2015 : on note la hausse « anormale »  par rapport au reste de la série de données au mois de mai 2015, suivi de la reprise de variations « normales ». Sources : données mensuelles de la NOAA.

ERSST 4.0.0 fait suite à ERSST 3b et est l’une des conséquences d’une étude intitulée « Possible artifacts of data biases in the recent global surface warming hiatus » par Karl et al. 2015 qui a ému un certain nombre de climatologues et scientifiques parmi lesquels Patrick Michaels, Richard S. Lindzen ou Paul C. Knappenberger, comme le rapporte la climatologue Judith CurryUn très bon blog scientifique aurait résumé la controverse qui divise les climatologues (au risque d’égratigner le fameux consensus).

Un peu de vulgarisation (des explications et références plus précises sont disponibles dans l’article de Judith Curry mentionné plus haut) : Le plus gros ajustement de l’étude Karl et al. concerne la méthode de recueil des températures à la surface des océans. Deux méthodes principales coexistent : mesures prises à l’aide de thermomètres installés dans les tuyères de refroidissement des moteurs de bateaux (peu précise, cette méthode est peu à peu abandonnée) et bouées flottantes qui offrent l’avantage d’une meilleure précision. Il se trouve que cette dernière technique retourne en moyenne des valeurs inférieures de 0,12°C à la technique des tuyères : Contre toute logique, Karl et al. a pris le parti d’aligner les mesures des bouées (plus précises) sur celle des tuyères (moins précises) à +0.12°C. La proportion des bouées augmentant dans le temps, la proportion de mesures ajustées à la hausse augmente mécaniquement, et la moyenne des températures des océans aussi. Ce qui n’est confirmé ni par les satellites ni par les balises ARGO. Un très bon blog scientifique aurait donc rapporté ce record en nuançant quelque peu sa signification.

C’est bien évidemment le contraire qui se produit à l’issue d’un paragraphe tout en circonvolution autour de chiffres bien évidemment gravissimes destinés à nous convaincre que l’objectif des 2°C ne sera pas tenable. Pourtant, si l’on se fie au record de juillet 2015 qui, selon M. Huet, est symptomatique du réchauffement climatique, et en admettant que ce dernier est issu d’une augmentation linéaire des températures due à l’activité humaine et non pas du résultat du système chaotique climatique amplifié par, du plus naturel au plus artificiel, el niño, les nouveaux calculs de la NOAA ou un honteux cherry-picking, il en résulte au pire et en faisant fi des incertitudes, un réchauffement de 0,08°C pour 17 ans, soit 0,47°C par siècle. Un résultat bien éloigné des prévisions les moins pessimistes du GIEC.

À propos de « 6 pays qui cherchent l’indépendance énergétique »

Un certain nombre de sites sur les internets reprennent tels quels les  propos de l’article « 6 pays qui cherchent l’indépendance énergétique » de . Mais ces 6 pays sont-ils si vertueux, enviable, et leur modèle généralisable ?

L’Islande

« L’Islande apparaît comme le pionner en matière d’énergies renouvelables. 100 % de son électricité et 81 % de ses besoins énergétiques primaires proviennent de sources renouvelables. »

Le potentiel en énergies renouvelables de l’Islande est de très loin supérieur à ses besoins : située sur la dorsale médio-océanique entre l’Europe et l’Amérique, son activité géothermique a permis au pays de développer la géothermie de manière exceptionnelle dès les années 1940 : la quasi-totalité des habitations islandaises sont chauffées par ce biais. Pays au relief important, 10% du territoire est constitué de glaciers qui alimentent de grandes rivières glaciaires. Ces rivières offrent une source importante d’électricité. Le potentiel est tellement énorme que l’Islande attire des industries très énergivores. Ces dernières consomment plus de 80% de l’électricité produite, contre 5% par les ménages.

Malgré un modèle énergétique vieux de 60 ans et fortement orienté vers les énergies renouvelables grâce à une géographie et une activité géothermique exceptionnelles, un vertueux islandais a émis 5,9 tonnes de CO2eq en 2011, contre 5,2 pour un français.

L’Éthiopie

« Le pays s’est engagé a à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64% d’ici 2030 grâce aux énergies renouvelables »

Cette affirmation est juste fausse, et est issue d’une incompréhension du texte publié par ce pays dans le cadre des négociations sur le climat. L’Éthiopie s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64% en 2030, par rapport à ce qu’elle aurait émis à cette même date sans faire d’effort particulier. Cela revient en fait à passer de 1.8 tonnes de CO2eq par habitant à 1.1. Cela revient aussi à interdire tout espoir de développement à l’un des pays les plus pauvres de la planète qui produit d’ores et déjà 100% de son électricité sans rejets de gaz à effet de serre mais de manière parfaitement insuffisante. L’agriculture n’ y est pas mécanisée et la circulation routière est juste anecdotique : comment baisser les émissions de CO2 dans ces conditions ?

Le modèle éthiopien reposerait sur le maintien ou le retour à la pauvreté et à la malnutrition.

La Norvège

« Aujourd’hui, 60 % de l’énergie consommée en Norvège provient d’une source renouvelable. Et depuis 2009, une partie du fonds pétrolier est placée dans des entreprises qui se consacrent aux énergies renouvelables. La Norvège pourrait contribuer à l’objectif de l’UE d’atteindre une part de 20 % d’énergie renouvelable d’ici à 2020 en exportant davantage de son énergie verte vers l’Europe. »

La Norvège doit sa prospérité économique à ses gisements d’hydrocarbures (3e exportateur mondial de gaz naturel) qui génèrent 35% de ses exportations. Avec 11,6 tonnes de CO2eq par habitant en 2010, la Norvège est l’un des 20 pays les plus émetteurs de CO2 au monde. À titre de comparaison, la France qui ne fait pas partie des 6 pays les plus vertueux, est à 5,6 tonnes de CO2eq par habitant en 2010.

Le modèle norvégien n’en est peut-être pas un, de modèle.

Le Costa Rica

« Le gouvernement s’est fixé pour objectif d’atteindre une économie sans émissions de gaz à effet de serre d’ici 2021 misant uniquement sur les énergies renouvelables. »

Pour l’heure, près de 50% de l’énergie utilisée au Costa Rica provient du pétrole et de ses dérivés (charbon, gaz naturel), soit un niveau très proche de celui de la France. Par ailleurs, la part des énergies renouvelables (+ nucléaire) ne cesse de baisser, passant de 9,5 à 8,5% de la production entre 2005 et 2012, tandis que la consommation de produits pétroliers augmente et que les combustibles renouvelables stagnent à 10%.

Il va falloir pédaler très fort pour atteindre l’objectif.

Le Brésil

« Le Brésil est le pays industrialisé utilisant le plus d’énergies renouvelables, le nucléaire et le fossile ne représentent que 11,8%, alors que la moyenne des pays industrialisés est de 87% »

Alors que la part du nucléaire et des énergies alternatives du Brésil stagne à 8%, la part des combustibles renouvelable (biomasse) connaît une baisse ces dernières années (de 31 à 27% de 2009 à 2012) tandis que celle des énergies fossiles explose en passant de 51% de l’énergie consommée en 2009 à 57% en 2012 (aux environs de 40% pour le seul pétrole). Enfin, si les émissions de CO2 restent faibles, elles sont en constante progression.

Son biotope est menacé : les forêts amazoniennes, puits de carbone, sont massacrées à cause de l’élevage ou la culture de la canne à sucre, dont la moitié de la production est destinée à la production de carburant.

Par ailleurs, le Brésil contient les plus grandes réserves de pétroles jamais découvertes. Il est aujourd’hui le 8e producteur de pétrole au monde.

Du beau développement durable qui envoie du rêve.

L’Uruguay

« Le but que se donne l’Uruguay est de taille : l’indépendance énergétique pour 2030. »

L’Uruguay est le seul pays de la liste pour lequel une source est fournie : il s’agit d’un site dépendant d’EDF qui reprend une étude du WWF. Pour atteindre son but, le pays construit des éoliennes qui devraient fournir 30% de ses besoins en électricité dès 2016. Ceci n’est possible que par la présence de la prédominance de l’hydroélectricité qui joue le rôle de « tampon » de l’intermittence des éoliennes. Le modèle choisi par le pays est ambitieux, mais la volonté politique qui porte le projet semble suivie par les investisseurs. Pourquoi pas ?

Vertueux ?

Des 6 pays « conscients des risques d’une dépendance excessive aux énergies fossiles » qui « ont amorcé leur transition énergétique depuis plusieurs années« , il en est un dont les performances sont loin d’être exceptionnelles après 60 ans de développement des énergies renouvelables, deux font partie des principaux producteurs de pétrole et de gaz dont l’un est l’un des 20 plus gros émetteur de CO2 par habitant de la planète et l’autre qui détruit son environnement, un des pays les plus pauvres de la planète qui s’est engagé à le rester, un pays dont la part du pétrole dans le mix énergétique ne cesse d’augmenter et un 6e qui semble avoir réellement pris le tournant de la transition énergétique.

La question ne se pose donc pas sur l’intention de développer les énergies renouvelables, mais bien sur la capacité et la volonté de ces pays de détruire leur modèle économique : la Norvège et le Brésil vont-ils renoncer à l’exploitation du pétrole ? Le Brésil va-t-il renoncer à son agriculture intensive ? Le Costa Rica va-t-il renoncer au développement de son agriculture, de ses industries high-tech et du tourisme en renonçant aux infrastructures nécessaires ? La population éthiopienne va-t-elle renoncer à l’accès à l’électricité et l’eau courante, le pays va-t-il sacrifier son développement économique ? Rappelons que les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Et la France qui ne fait jamais rien, justifiant la flagellation chronique que lui imposent  ses habitants ? Eh bien la France réduit bon an mal an sa dépendance aux énergies fossiles ainsi que ses émissions de CO2 par habitant. Sans être exceptionnels, ces résultats montrent une constance dans l’effort. 6e puissance mondiale, la France était classé 68e pays le plus émetteur en CO2 en 2011 à 5,2 tonnes CO2 par habitant des pays les plus émetteurs de CO2 , loin devant des pays considérés comme vertueux et acquis à la cause écologique tels que la Norvège (30e 9,2T CO2/hab), l’Allemagne (32e à 8,9T CO2/hab),  le Danemark (41e à 7,2T CO2/hab)  ou encore l’Islande (61e 5,9T CO2/hab).

Climat : morses, dauphins et ours

De la constance des alarmistes

Ces animaux qui perdent la boule à cause du réchauffement climatique

L’histoire débute le 3 octobre 2014, lorsque je réponds à Audrey Garric (Chef adjointe du service planète/science du Monde) sur twitter afin de contester, source à l’appui,  le comportement supposé anormal des morses qui, à cause du réchauffement climatique, se regroupent par dizaines de milliers sur des affleurements rocheux au lieu de se peler comme il se doit sur la banquise. Retrouvez les détails de l’histoire dans cet article.  Je renvoyais alors Mme Garric à l’article de Wikipédia, lequel mentionne ce comportement comme « normal » . Je ne recevrai évidemment aucune réponse.

Le 14 juin 2015, Audrey Garric publie un nouveau tweet sur le comportement supposé anormal des ours ou des dauphins (allez savoir), le second entrant au menu du premier à cause du… Réchauffement climatique, évidemment.

S’ensuit un échange de tweets où je reviens sur l’affaire des morses :

Retour sur la discussion à propos de l’anormalité de la présence des morses sur les affleurements rocheux : Audrey Garric n’en démord pas, les morses ne devraient pas se trouver en si grand nombre sur des affleurements rocheux.

Par ailleurs, elle assène l’argument d’autorité :

« La NOAA l’a analysé par le réchauffement » , affirme-t-elle. Son article ne renvoie évidemment pas à la source de l’information, et pour cause : Le seul document issu de la NOAA est un rapport factuel (Copie) du  27 septembre 2014 se contentant de mentionner la présence des morses à Point Lay. Cette information est reprise par l’USGS dans une note de blog non « peer-reviewée »  dans laquelle l’auteur ajoute que les morses se regroupent par plusieurs dizaines de milliers depuis 2007 à cause du réchauffement climatique. S’ensuivent des sources circulaires entre l’association écologiste WWF et le journal britanique « The Guardian » qui relaient cette information, reprise telle quelle dans l’article de Mme Garric.

Wikipedia, source non fiable ?

Nous avons vu que la NOAA et la NASA n’avaient jamais analysé le comportement des morses comme anormal, mais avaient simplement relayé l’information de manière factuelle. Voyons ce qu’il en est de la crédibilité des sources de Wikipedia : Il suffit de suivre les astérisque puis de tirer le fil. Concernant le passage sur le comportement des morses sur les affleurements rocheux, Wikipedia renvoie vers eol.org, qui est une encyclopédie du vivant recensant notamment les études ayant trait aux morses. Lequel site nous renvoie vers l’étude Fay, F. H. (1982). « Ecology and Biology of the Pacific Walrus, Odobenus rosmarus divergens Illiger » . Cette étude est reprise par de nombreux sites, notamment gouvernementaux (.gov) ou universitaires (.edu). Une autre étude du même scientifique, disponible en ligne (PDF), présentant l’état des connaissances sur la mortalité des morses, nous indique des rassemblement de 35 à 37000 animaux sur des affleurements rocheux à des latitudes comparables à Point Lay (environ 64° Nord) en 1978.

Étude 1980

Étude « Mass Natural Mortality of walruses at St. Lawrence Island, Bering Sea, Autumn 1978 » 1980 Fay, F. H. and Brendan P. Kelly(extrait)

Dès lors que plusieurs études datant des années 1970-80 mentionnent le comportement des morses sur les affleurements rocheux, la note de blog indiquant que le phénomène apparaît en 2007 semble assez peu crédible. C’est pourtant à partir de cette dernière que l’information sera reprise de blog en blog jusqu’aux « sérieux » quotidiens français.

Pour revenir sur l’affaire des dauphins dévorés par des ours, il s’agit pour le moment d’un cas isolé, et il semble bien prématuré d’en attribuer la cause au réchauffement climatique.

Pas de réponse. Évidemment, il est toujours permis d’espérer un erratum dans les articles de Mme Garric, Chef adjointe du service planète/science du Monde.

La côte ouest des Etats-Unis en proie à de spectaculaires incendies

C’est le titre d’un article du Monde de Corine Lesnes, lequel relate avec force exemples et témoignages la catastrophe qui s’annonce pour l’été. En cause, le réchauf changement cimatique, bien entendu.

Un commentaire de Graphisto à cet article a attiré mon attention, et je vais tenter d’y répondre ici (les commentaires du Monde étant réservés aux abonnés) :

Que sont les climato-sceptiques devenus? dans la fosse du même nom?

Le sceptique que je suis a lu cet article d’un œil critique, l’absence de sources et de données factuelles constituant le premier indice du potentiel WTF de la substance de ce dernier.

Pour en avoir le cœur net, il convient de vérifier les informations en consultant des sources fiables et en croisant les données le cas échéant. Et les sources que j’ai trouvées, elles ne racontent pas la même histoire.

L’article du Monde débute sur la situation en Alaska, où les incendies se révèleraient catastrophiques « cette année [à cause d’]une vague de chaleur exceptionnelle ». Dans les faits, au 22 juin 2015, 230000 acre (~100000ha) ont brûlé, contre 223000 à la même date l’an dernier et 344000 en 2013. Rien de bien impressionnant, donc. Source.

La même source propose des statistiques depuis 1990 : on y trouve une grande variabilité annuelle des incendies, dans laquelle s’inscrivent ces dernières années bêtement moyennes.

Évolution de la superficie brûlée et du nombre de départs de feux en Alaska, de 1990 à 2014.

Évolution de la superficie brûlée et du nombre de départs de feux en Alaska, de 1990 à 2014.

L’article se poursuit en évoquant le cas préoccupant de la Californie. La sécheresse californienne qui fait tant glauser n’a pourtant rien d’exceptionnel si l’on en croit les données de la NOAA. Il s’agit de la 26e période de 12 mois (juin à mai de l’année suivante) la plus sèche depuis le début des mesures. Le record a été établi de juin 1976 à mai 1977, période où les climastrologues prédisaient une nouvelle glaciation. Sur une période de 4 ans, il s’agit de la 6e la plus sèche. Rien de bien impressionnant. Source (jouez avec les paramètres).

S’ensuit le témoignage d’un responsable du centre de crise du Colorado qui évoque ses souvenirs sur le ton du « c’était mieux avant, y a plus de saisons ma pauv’ dame »… Selon les données du NICC, l’organisme américain qui coordonne les moyens de lutte contre les incendies de forêts, aucune tendance n’est vraiment discernable. source (cherchez « RM » (rookie mountains) pour le Colorado). La vérité se situe-t-elle dans les compilations de données factuelles, ou dans les souvenirs des gens ? Le Monde semble avoir choisi.

Par ailleurs, rien ne démontre une agravation des incendies aux États-Unis.

Évolution de la superficie brûlée et du nombre d'incendies aux États-Unis, entre 2000 et 2015. Source : NOAA

Évolution de la superficie brûlée et du nombre d’incendies aux États-Unis, entre 2000 et 2015 sur une anné glissante. Source : NOAA

Où sont les sceptiques, demandait Graphisto sur le ton du « vous voyez bien ». Or, ce qui différencie les sceptiques des « croyants », c’est le besoin de s’assurer qu’on ne leur raconte pas des carabistouilles. Et concernant le climat, c’est un véritable festival auquel se livrent la plupart des médias.

Même si les recherches et le recoupement de sources sérieuses restent chronophages, elles sont nécessaires pour évaluer la crédibilité des articles de presse. Le scepticisme est un devoir, pas une tare.

Climat : Mais que cherchent donc les écologistes ?

Par le biais d’un tweet de Volodia Opritchnik j’apprends que l’Éthiopie affiche des engagements à l’occasion du COP21 à Paris.

M. Opritchnik qualifie l’information « d’intéressante« , mais penchons nous sur la situation écologique et les objectifs que se voit fixer l’Éthiopie (copie du document ici : INDC-Ethiopia-100615) :

L’économie de l’Éthiopie, basée sur l’agriculture (45% du PIB et 85% des emplois), est fragile. La mécanisation y est quasiment inexistante. Les éthiopiens se chauffent au bois d’eucalyptus ou aux bouses de vache séchées. L’industrie représente 15% du PIB, et concerne la production de produits alimentaires, textile, habillement, teinture et vêtements en cuir, chaussures, bagages et sacs à main, fabrication de bois et dérivés. Le revenu moyen est de $470 par an.

L'agriculture éthiopienne n'est pas mécanisée. Le réseau électrique est artisanal.

L’agriculture éthiopienne n’est pas mécanisée. Le réseau électrique est artisanal. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

L’électricité équipe 23% des foyers, et dans la majorité des cas, permet juste de s’éclairer à l’aide de quelques fluo-compacts L’Éthiopie a une capacité de 1000 MW de production, à 99% hydraulique et 1% éolien. Le pays est souvent sujet à la malnutrition, l’agriculture étant juste auto-suffisante (à l’exception du café qui constitue le gros des exportations). La quasi-totalité des routes ne sont pas goudronnées (la Chine y investit massivement toutefois), les camions qui y circulent sont hors d’âge, les voitures particulières constituent l’exception, l’éthiopien est un grand marcheur. Il n’y a pas de voies ferrées.

La marche à pied, moyen de transport ultra-majoritaire

Route nationale n°2, fraîchement bitumée en 2012. La marche à pied, moyen de transport ultra-majoritaire. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Un éthiopien consomme 51 KWh d’électricité et rejette en moyenne 100 kg de CO2 par an, soit 145 fois moins d’électricité et 56 fois moins de CO2 qu’un français ou 140 fois moins d’électricité et 91 fois moins de CO2 qu’un allemand.

En Éthiopie, le fer à repasser fonctionne au bois d'eucalyptus

En Éthiopie, le fer à repasser fonctionne au bois d’eucalyptus. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Le document par lequel l’Éthiopie s’engage pour sauver le climat nous apprend que les efforts porteront sur l’agriculture et notamment l’élevage, la déforestation, et le développement du réseau électrique par le biais des énergies renouvelables.

L’élevage provoquerait 45% des émissions de GES, pour 45% de PIB et 85% des emplois. Le texte prévoit que les efforts sur les émissions de GES porteront pour 35% sur l’agriculture, laquelle n’est ni mécanisée ni ne s’appuie sur des méthodes intensives. Cela revient à tuer l’élevage, et par conséquence l’agriculture qui ne pourra pas se mécaniser.

La déforestation éthiopienne a plusieurs causes. La première étant la nécessité de se chauffer et de cuire l’alimentation. Dans ce cas, les forêts sont généralement reboisées en eucalyptus. La seconde étant d’obtenir des terres arables.

Femme ramenant de l'eucalyptus pour le chauffage et la cuisine, environs d'Addis Abeba.

Femme ramenant de l’eucalyptus pour le chauffage et la cuisine, environs d’Addis Abeba. Source : photos Cédric AMEY, Éthiopie

Le transport, déficient , représente 3% des rejets. Il ne peut que se développer. Pourtant, le texte prévoit des efforts sur ce poste. L’objectif revient à n’immatriculer que des véhicules électriques d’ici 2030, alimentés par une électricité qu’il faudra bien évidemment produire.

Et c’est là que le bât blesse : la production électrique éthiopienne, notoirement insuffisante, est à près de 100% renouvelable. Pour le développement de la production, le document appelle à maintenir une production à 100% renouvelable par le biais de l’éolien et du photovoltaïque, deux moyens de production qui seront inefficaces dans le cadre du développement du pays, car intermittents, aléatoires et coûteux… Les écologistes sont évidemment opposés aux potentiels hydroélectriques pourtant prometteurs dans le pays : il ne faudrait pas non plus que les pays les plus pauvres se développent de manière inconsidérée.

Et donc, nos écologistes de se féliciter des politiques ubuesques qu’ils réussissent à imposer aux pays du tiers-monde sur l’autel d’un réchauffement climatique dont, s’il se vérifiait, ils ne seraient pas responsables :

Fantastique.

Climato-négationniste : sceptique vs catastrophiste

Argumenter ? Pourquoi ?  « Science is settled »

Dans l’article précédent, j’expliquais comment Sknob avait modifié le terme « climato-sceptique » en « climato-négationniste » dans son article « Cake please » sur Babordages. J’y analysais ce terme et présentais les méthodes employées par les négationnistes afin de déterminer si oui ou non, les climato-sceptiques pouvaient être qualifiés de négationnistes. La discussion avec Sknob fut un cas d’école sur l’impossibilité d’argumenter avec un Apôtre de l’Apocalypse Climatique :

00ced : À quoi tient ce climato-scepticisme ? j’ai regardé, comparé, analysé. Il se trouve qu’aucune, je dis bien aucune, des prévisions du GIEC ne s’est vérifiée. Vous pouvez regarder par vous-même, les données sont publiques : pas de réchauffement depuis près de 20 ans, pas d’augmentation des événements dits extrêmes, pas d’augmentation de l’activité cyclonique, pas d’évolution des banquises (pôles sud + pôle nord), pas de désertification, pas d’îles disparues. Rien, juste la mise en avant de chaque catastrophe dite climatique.

1) Le dénigrement

La réponse de Sknob est lapidaire. À aucun moment il ne me demande d’argumenter sur tel ou tel point, il a raison et j’ai tort :

Sknob : Je peux venir sur votre planète ?

2) La négation des faits

Je lui propose alors de consulter des sources fiables de mesures et observations, qui pourraient être la base d’une discussion ou d’un débat sur le caractère apocalyptique de l’évolution du climat. Il s’agit pour partie de mise en forme de données publiques, à l’image du site woodfortrees, ou de liens directs vers les laboratoires, universités ou organismes à l’origine des mesures. Difficile d’être plus crédible et factuel (les graphiques et légendes dans la citation ci-dessous  sont  des ajouts de ma part, afin de visualiser directement le contenu des liens).

00ced : Que contestez-vous, exactement ? Intéressez-vous aux mesures plutôt qu’aux modèles climatiques, plutôt qu’aux prévisions apocalyptiques invariablement énoncées au conditionnel.

Allez, quelques exemples :
évolution de l’enneigement dans l’hémisphère nord :
http://www.eike-klima-energie.eu/uploads/RTEmagicC_winter_03_txdam10788_1ab413.jpg.jpg

Enneigement dans l'hémisphère nord, de 1966 à 2015 (source NOAA)

Enneigement dans l’hémisphère nord, de 1966 à 2015 (source NOAA)

évolution de la fréquence des cyclones :
http://models.weatherbell.com/global_major_freq.png
Évolution de l’intensité des cyclones :
http://models.weatherbell.com/global_running_ace.png

Indice ACE 1970 - 2013

L’énergie cumulée des cyclones en zone tropicale de 1970 au 31 juillet 2013

Évolution des températures :
http://www.woodfortrees.org/plot/hadcrut4gl/from:1997/offset:-0.26/plot/gistemp/from:1997/offset:-0.35/plot/uah/from:1997/plot/rss/from:1997/offset:-0.10

Évolution des température de 1997 à 2015

Évolution des température de 1997 à 2015, selon les 4 organismes habilité : la NASA (GISS), Hadley Centre of the UK MET Office, University of Alabama Huntsville (UAH), Remote Sensing Systeme (RSS)

Évolution de la superficie de banquise, hémisphère sud :
http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/IMAGES/current.anom.south.jpg

Évolution de la superficie des glaces en Antarctique, 1979-2015

Évolution de la superficie des glaces en Antarctique, 1979-2015. Source : University of Illinois system

Même chose hémisphère nord :
http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/IMAGES/current.area.jpg

Étendue de la banquise arctique, janvier 1979 à février 2015

Étendue de la banquise arctique, janvier 1979 à février 2015. Source : University of Illinois system

Évolution du niveau des océans :
http://www.aviso.oceanobs.com/fileadmin/images/news/indic/msl/MSL_Serie_ALL_Global_IB_RWT_GIA_Adjust.png

Évolution du niveau des océans, 1993 à 2015

Évolution du niveau des océans, 1993 à 2015. Source : CNES (Centre national d’études spatiales) et du COTH (centre de topographie des océans et de l’hydrosphère)

Évolution du contenu thermique des océans :
http://oceans.pmel.noaa.gov/Figures/OHCA_curve_2013.pdf
Comparaison des mesures de températures aux modèles climatiques :
http://www.drroyspencer.com/2013/06/still-epic-fail-73-climate-models-vs-measurements-running-5-year-means/
Etc, etc, etc ad nauseam.
Personne ne nie qu’il y a évolution, mais où sont les mesures attestant qu’elle est de plus en plus rapide et mène à une catastrophe imminente, où est le recul suffisant pour le déterminer ?

Sknob : Je n’ai qu’une réaction : LOL. Vous auriez dû arrêter de lire après le premier paragraphe, comme je le conseillais dans le billet.

Je l’ai d’ailleurs mis à jour afin de remplacer « climatosceptique » par « climato-négationniste ». Merci @mathieumatiu.

Sknob ne prend pas la peine de consulter les liens fournis. Il les renie d’autorité, puisqu’il a raison et que j’ai tort. Il continue à dénigrer son interlocuteur en remplaçant le terme qui qualifie son opinion (sceptique) par un terme connoté, injurieux (négationniste). Par ailleurs, il aurait été dommage, de ma part, d’arrêter la lecture de son article après le premier paragraphe puisque, en dehors de cette histoire de changement climatique, il me paraît pertinent. Mais ce n’est pas le sujet ici.

3) La falsification

00ced : Ce qui est fantastique, c’est que je réponds avec du factuel, des mesures, des observations, des choses vérifiables issues d’un passé que vos modèles n’ont pas su prédire.

Vous n’opposez aucun argument probant à la réalité des observations que je vous propose, mais ce sont évidemment elles qui sont erronées. Et c’est moi qui viens d’une autre planète. Le négationniste.

Sknob : Je peux trouver une infinité de documents sur Internet « prouvant scientifiquement » que la terre à 6000 ans et que Jésus se déplaçait à dos de diplodocus.
https://answersingenesis.org/evidence-for-creation/the-10-best-evidences-from-science-that-confirm-a-young-earth/
http://www.truthingenesis.com/2013/01/18/dinosaurs-and-jesus-how-dinosaurs-lead-us-to-the-gospel/

Vous devriez commencer au commencement.
– Dix questions, dix réponses sur le changement climatique : http://www.reporterre.net/Dix-questions-dix-reponses-sur-le
– NOAA State of the Climate : http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/

Et vous demander quels travers psychologiques, tropismes idéologiques ou intérêts personnels vous poussent à nier l’évidence.

À des sources factuelles présentant l’état des observations, Sknob m’oppose deux arguments :

  • Il existe des sites web présentant des théories farfelues, ce à quoi j’aurais tendance à répondre « oui, et ? »
  • Un article issu d’un site traitant d’écologie (donc politiquement orienté) dont le présupposé est l’existence d’un récha changement climatique apocalyptique. Or, c’est justement ce présupposé que réfutent les climato-sceptiques, notamment en comparant les observations du monde réel aux théories et modèles.
Observations vs modèles

Observations vs modèles : Les cercles et les carrés sont les observations, les courbes colorées représentent les modèles climatiques et la ligne noire représente la moyenne des prévisions des modèles. Source : le blog du Ph. D. Roy Spencer

4) La censure

Le message suivant sera tout simplement censuré :

00ced : Les sources que je vous ai fournies sont des mesures issues soit des chercheurs eux-mêmes, soit des universités qui publient leurs travaux, soit d’une compilation de mesures publiques que vous pouvez consulter et recompiler/présenter par vous même.

drroyspencer.com/ est le blog du Ph.D. Roy Spencer. Il est le directeur de recherche qui compile les mesures de températures par satellite connues sous le nom de UAH (University of Alabama in Huntsville) ;

www.aviso.oceanobs.com est un site qui compile les données altimétriques obtenues par satellites, venant du CNES (Centre national d’études spatiales) et du COTH (centre de topographie des océans et de l’hydrosphère) ;

arctic.atmos.uiuc.edu est un département de recherche de l’université de l’llinois ;

oceans.pmel.noaa.gov est un département de l’institut météorologique américain

Vous m’y opposez les théoriciens de la Terre plate et Reporterre. Comment disiez-vous, déjà ? Ah oui : LOL…

Reporterre est un blog politiquement orienté. Ce n’est pas un mal en soi (je lis bien Babordages), vous pouvez partager les opinions qui y sont développées (je partage bien celles de Babordages), mais leur avis sur le climat n’a rien de scientifique.

Vous me citez la NOAA, que vous devriez lire plus attentivement. Par exemple, vous prétendez dans votre article que 2014 est l’année la plus chaude (info que vous aurez sans doute lue dans reporterre ou autre blog du même tonneau, prétendant citer la NOAA). Cette affirmation est tendancieuse en ce sens que la NOAA estime qu’il y a 48% de chances pour que ce soit le cas, la NASA 38%, tandis que les mesures satellites (plus précises) estiment que 2014 est la 3e ou la 6e année la plus chaude (UAH et RSS respectivement). Selon la nomenclature du GIEC, il est donc « very unlikely » très improbable que 2014 ait été l’année la plus chaude.
http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/briefings/201501.pdf

Le fait même que les mesures satellites, réputées les plus fiables, ne permettent pas de distinguer si 2014 est la 3e ou la 6e année la plus chaude en dit long sur la complexité des mesures et les marges d’erreur, et devrait conduire à un peu d’humilité quant à l’interprétation du changement climatique. Ce que font les scientifiques. Pas les politiciens.

Après, vous pouvez préférer les blogs politiques aux données, mesures et observations, mais insulter quelqu’un qui, justement, s’attache à lire les publications et les observations sur le sujet et vous fournit les données, sans vous donner la peine de les consulter et en reprochant aux « négationnistes » de ne pas lire lesdites publications, est-ce vraiment sérieux ?

Quant à nier l’évidence : je m’appuie sur les observations du monde réel, pas sur du lobbyisme politique ou sur des modélisations dont tout démontre qu’elles ne reproduisent pas la réalité (cf. mon lien vers Roy Spencer). À se demander qui est négationniste (dans le sens « nie la réalité »), du coup.

Je ne prétends pas que je dispose des connaissances requises pour déterminer l’existence ou non d’un réchauff changement climatique d’origine anthropique. Je ne suis ni scientifique, ni chercheur. Il existe simplement des éléments troublants, un décalage certain entre les prévisions d’Apocalypse et les observations, ainsi qu’une politisation outrancière et inquiétante de la question, qui me font douter. Le dénigrement, la négation des faits, la falsification et la censure, s’inscrivent pleinement dans la méthodologie à l’usage du petit négationniste. Finalement, le climato-négationniste n’est-il donc pas celui qui s’appuie sur les croyances colportées par une cohorte de sites à l’orientation politique certaine et aux références circulaires qui consistent notamment à démontrer l’existence d’un réch changement climatique apocalyptique par le présupposé de son existence, plutôt que celui qui base sa réflexion sur des données tangibles issues des mesures et observation ? Je pose la question.

Babordages.fr : Du climato-scepticisme et du climato-négationnisme

Babordages

Vous connaissez Babordages ? C’est un blog de joyeux gauchistes qui vous invitent à vous interroger sur la société, l’économie, la politique et toutes ces choses. Le ton y est décalé, un poil extrême. J’aime y butiner, et suis d’ailleurs abonné à leur compte twitter ainsi qu’à celui de certains des rédacteurs.

Et puis patatra. Un article de Sknob fait référence au réchauffement climatique. L’article débute par une attaque en règle contre le climato-scepticisme, arguant du fait que si tu es climato-sceptique, tu ne comprends rien aux enjeux écologiques ou économiques et tu es désireux de détruire la planète sur l’autel de la rentabilité. Parce que si tu es climato-sceptique, tu es capitaliste libéral et tu ne t’es jamais renseigné sérieusement sur le sujet, n’est-ce pas ?

Eh bien non. Il est possible d’être climato-sceptique parce qu’on s’est un peu renseigné sur le sujet. Rien qu’un peu. Un exemple : L’introduction de Sknob contient l’assertion suivante : « 2014 est l’année la plus chaude jamais enregistrée » . La réalité est un peu plus nuancée. Selon la NOAA (l’équivalent de Météo-France aux USA), les mesures terrestres indiquent que 2014 a bien été l’année la plus chaude, mais avec une probabilité de 48%. Cette probabilité est ramenée à 38% par les mesures terrestres de la NASA1. Les deux laboratoires qui analysent les données satellite situent 2014 en troisième position (RSS) et sixième position (UAH). La probabilité que 2014 ait été l’année la plus chaude est non nulle, mais reste du domaine de l’improbable.

Alors je prends mon clavier à deux mains pour répondre en ce sens à l’auteur de l’article, dont la sentence, cinglante, ne se fait pas attendre :

Je l’ai d’ailleurs mis à jour afin de remplacer « climatosceptique » par « climato-négationniste ». Merci @mathieumatiu.

Si le terme de climato-sceptique est idiot (je lui préfère celui de climato-réaliste), que recouvre celui de climato-négationniste ?

Négationnisme

À l’origine, le négationnisme désigne le fait de contester le génocide juif par l’Allemagne nazie. Par extension, le négationnisme désigne la minimisation de crimes contre l’Humanité. Le climato-négationniste doit donc se situer quelque part entre le nazi et celui qui laisse se perpétrer un crime contre l’Humanité en niant sa réalité. Il devrait être condamné et jeté en prison pour cela. Ou condamné à mort.

Motivations du négationniste

Le négationniste agit par idéologie (anti-sémitisme par exemple),  pour promouvoir une croyance ou une mémoire collective magnifiée,  ou encore afin d’éviter les conséquences d’un procès. La ligne de défense du négationniste ne consiste pas à nier sa responsabilité, mais à nier ou minimiser la réalité des faits. Le négationniste emploiera les contre-vérités, falsifications, ou le discrédit jeté sur les témoins pour appuyer ses thèses.

L’erreur de raisonnement

Le négationnisme consiste à nier l’existence de crimes contre l’Humanité, des événements qui se sont déroulés, des faits connus et documentés. Or, celui que l’on appelle communément climato-sceptique s’emploie à réfuter les conséquences des activités humaines sur l’évolution du climat du futur à l’aune des mesures et observations de l’évolution passée du climat. Comment peut-on accuser quelqu’un de nier un crime contre l’Humanité qui ne s’est pas produit ? Cela n’a tout simplement pas de sens.

Nous verrons dans un prochain article que les méthodes employées par les tenants d’un changement apocalyptique du climat, se rapprochent souvent des méthodes négationnistes.

Bonus

29 juin 1989 : « plusieurs pays pourraient disparaître sous les flots d’ici 10 ans » . Sont concernés les Maldives, les Seychelles, le Bengladesh, les îles du Pacifique, les Pays-Bas, Venise. 26 ans plus tard, les catastrophistes font toujours les mêmes prédictions, pour les mêmes pays.

 

1. Selon la NOAA, l’année 2014 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec +0.04°C par rapport à 2005 et 2010, avec une incertitude de ± 0.09°C.

Quand le Grand Nancy réfléchit à l’usage du vélo…

… Avant de communiquer en toute subtilité sur les mesures envisagées

Une méthodologie originale

En 2013, le Grand-Nancy lançait un comité de réflexion sur l’usage du vélo en ville. Un groupe a donc travaillé sur le développement de l’usage du vélo dans l’agglomération, avec une méthodologie originale (ce n’est pas moi qui le dit) consistant à « organiser des sorties vélo sur le terrain pour observer et analyser finement le trajet et proposer des aménagements » . Ce travail a abouti à la publication d’un rapport disponible au format PDF dont les conclusions confirment le constat et les revendications des cyclistes urbains nancéiens. Le rapport lance également les bases de l’orientation souhaitable de la politique des déplacements à vélo.

Les principaux points soulevés sont les suivants :

  • itinéraires cyclables non praticables à cause du mobiler urbain ;
  • manque d’espace dédié aux cyclistes et piétons ;
  • itinéraires cyclables mal matérialisés ;
  • obstacles dangereux (voir illustration ci-dessous) ;
chicane cyclable Nordon, avenue du XXe Corps Nancy - photo

chicane cyclable Nordon, avenue du XXe Corps à Nancy, qui donne la priorité aux automobilistes provenant d’une – ou se dirigeant vers une – voie privée, au détriment des cyclistes qui circulent sur la voie publique  – photo Google Street view

  • fin de bandes cyclables inexplicables, à proximité d’écoles ou de pôles publics ;
  • absence d’aménagement dans des endroits dangereux (illustration ci-dessous) ;
voie du tram, trottoirs avanue du XXe Corps, Nancy

voie du tram, trottoirs avenue du XXe Corps, Nancy : obligation faite aux cyclistes de circuler sur les voies du tram dans un sens, interdiction dans l’autre sens pour des raisons de sécurité. Notez la largeur des trottoirs et celle de la chaussée sur laquelle sont censés circuler les cyclistes (voir à ce sujet la première vidéo de cet article).

  • discontinuité des itinéraires ;
  • Et last but not least, une évocation du stationnement sur bande cyclable assortie d’une préconisation que je qualifierai de magique : « baisse du seuil de tolérance quant à la pratique du dépose-minute sur les pistes cyclables » . J’ignorais qu’il existât un « seuil de tolérance »  et pensais benoîtement que les voies cyclables étaient destinées prioritairement aux automobilistes pressés. Il faut dire que l’utilisation des bandes cyclables est susceptible de prêter à confusion (illustration ci-dessous) ;
contresens cyclable nancéien au 16 janvier 2015

À gauche, sous les voitures, se cache un contresens cyclable nancéien. Le seuil de tolérance n’est manifestement pas atteint : je suis vraiment curieux d’assister à une situation où il se présente. À droite, les véhicules sont simplement en stationnement interdit, sur le trottoir : le seuil de tolérance est donc loin d’être atteint. photo du 16 janvier 2015

Un rapport sérieusement pris en compte par les élus du Grand Nancy

Une nouvelle voie  cyclable à Nancy

Grâce à l’espace libéré sur l’axe bordant le futur éco-quartier Nancy Grand -Coeur, la CUGN a créé une piste cyclable en site propre. Ah ! on m’indique qu’il n’en sera rien, nos édiles ayant décidé de faire cohabiter les cyclistes avec les bus et autres taxis. Mais prochainement, les préconisations du rapport seront appliquées. Ou pas.

C’est à l’occasion de leur présentation des voeux 2015 que les représentants du Grand Nancy ont pris la décision d’évoquer la réorientation de la politique de développement de l’usage du vélo, par le biais d’un message tout en subtilité, une sorte de flashmob improvisée qui n’a pas échappée à la sagacité du journaliste Yannick Vernini :

Le gros bras d'honneur de la CUGN à l'intention des cyclistes

billet paru dans  l’Est Républicain le 8 janvier 2015 : cérémonie des voeux de la CUGN. Magique. Magnifique.